Partie 1 : Le mystère de Weaving District n°9 -1

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La nuit noire est sinistre, la pluie tombe drue et ralentit mes pas. Je le sais, le temps est dépassé, le temps des âmes désespérés. Les démons retranchent les rues, observent, noient leurs désirs dans le malheur d'autrui. Tous ajoutent des sourires difforment à leur regard tonitruant. La tribulation n'est pas facile avant de comprendre de quoi est fait ce monde et qui sont ceux qui dévorent notre pureté intérieure. Leurs sucs la broient de peur, nous étranglent de leur colère, déchirent sous leur envie, écrasent sous leur paresse. C'est au Weaving District que je pourrai enfin travailler. Ces vils créatures tapissent dans l'ombre et fuient chacun de mes trajets, mais ils ne peuvent plus fuir, leur peur collective les a trahis.

Le froid morose glace le sang jusqu'aux os. Les misérables éclairages suffisent guère à entrevoir les ombres mortelles de la nuit. Le vent hurle sur les passants et un bourdonnement s'abat sur mes oreilles. Marchant dans la ténébreuse et tragique rue du drame, je cherche des réponses aux accidents extravagants causés par des âmes délirantes et indescriptibles de la nuit profonde et silencieuse. Un lampadaire éclaire le peu de sang frais toujours accroché et peint sur le sol. Je ne distingue aucun bruit mise à part ce bourdonnement constant et amplifié. Une porte sur la gauche est entre ouverte, elle affiche un curieux motif griffé jusqu'au sang. L'hideur se cache encore dans les parages, me suis-je dit, cette bête dévorant des femmes sous sa forme humaine. Ce n'est pas la seule créature dans cette ville. Je sors comme à mon habitude mon carnet et prend note. Malgré le bourdonnement, je sens approcher au bout de la rue derrière moi une ombre. Je me retourne. Je m'avance auprès d'eux - l'ombre n'est plus seule - sous la lune brillante dans une forme annonçant la mort. Un rire et des soupirs, les ombres disparaissent ne me laissant qu'une déception à leur égard: ils sont apeurés. Les ruelles sont sombres et vides - de vie -.

Je chasse un malandrin: l'hideur. Pendant trois mois sans aucunes pistes, je le retrouve enfin après ce massacre. Cette bête hante mes pas et déchaine sa folie meurtrière sur certaines passantes irréfléchies. Le massacre de la rue du Weaving District n°9 apparait encore en première page des journaux. Ce massacre causant deux terribles morts effraie. La - supposée - possession de Marjane Elizabeth Leblancourt s'est déroulée une semaine avant mon arrivé dans cette sobre et piteuse ville. Chaque journaux décrivent la scène comme une histoire ou un conte pour affoler la population et vendre plus. Que des balivernes ! Je me redresse dans la ruelle - Weaving District n°9 - et analyse le sang frais au sol. Ce sang n'est pas celui de Marjane Leblancourt. Des vicieux reviennent après les massacres pour se nourrir de ce qu'il reste et se saignent entre eux. Il en reste un dans les parages. La pluie continue de me perturber et de brouiller quelques sens. Je me dirige vers la porte entre ouverte et constate qu'un ongle enduit de bave et accroché au bois. Je pousse la porte.

Une maison rangée, propre, soignée et pourtant ce n'est pas ce que je devrais voir. Les meubles sont encore en bon état. J'allume une bougie à l'aide de mon briquet porte bonheur. Je passe sur tous les recoins de la salle avec ma torche. Un petit pli sort d'une des fentes du sol. Un cheveux dépasse, une petite mèche noire. L'odeur pestilentielle de la mort se répand dans la salle et des rats se ruent vers l'extérieur. La bougie s'éteint de peu. Je sors un outil de ma poche et soulève la dalle. Des verres rongent un cadavre encore frais.

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⏰ Dernière mise à jour : Dec 20, 2023 ⏰

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