Chasseur de Pensées de ceux qui chassent les ombres.
Chasseur de Pensées dit moi ce que pense un Chasseur d'Ombres
Chasseur de Pensées dit moi ce qui s'est passé
Chasseur de Pensées raconte moi la vérité
Ce soir-là, tout était calme dans l'institut de New-York, aucun bruit, aucune ombre ne se profilait, pas de sons, pas de lumière, seulement le calme envahissant et apaisant. Les couloirs vides indiquaient que beaucoup étaient déjà plongés dans le sommeil parfois sans rêve, parfois profond comme les petits enfants qui ne savent pas encore la noirceur du monde. Au détour d'un couloir, on pouvait apercevoir un filet de lumière vacillant s'échappant d'une porte à demie-ouverte, à l'intérieur de la pièce éclairée par la lumière tamisée d'une bougie, une femme derrière un grand bureau en bois d'acajou était assise, un doigt sur sa tempe, signe de fatigue chez la femme. Maryse Lightwood dans sa robe d'un bleu foncé, avec ses cheveux tirés à quatre épingles paraissait encore plus stricte, rigide et intransigeante que d'ordinaire bien que les traits de son visage démontraient tout le contraire. Avec toute la volonté dont elle faisait preuve, elle ne pouvait arrêter les larmes de dégringoler de ses joues humides. Cela faisait longtemps déjà qu'elle avait arrêté de compter les heures durant lesquelles elle avait pleuré. Elle pleurait pour ses enfants.
Elle avait commencé à pleurer pour son plus petit, son petit garçon qui n'était plus, son petit Max, son petit ange qui lui avait été ravi, volé, arraché des manières les plus cruelles à ce monde qui connaissait la guerre par un démon qui ne connait ni amour, famille, sens et honneur. Ses pleurs avaient redoublé d'effort, tâchant papiers officiels comme simple brouillons quand Maryse avait fermé les yeux et que le sourire timide de Max avait surgit derrière ses paupières. Sa frimousse encore aux traits ronds et enfantins lorsqu'il avait cinq ans. Son rire cristallin quand Alec le lançait dans les airs. Son corps si frêle et si minuscule étendu sur une civière lors de ses funérailles...elle avait enfoncé ses ongles dans le bois du bureau espérant réfréner sa douleur. En vain. Son petit, son garçon, Max. Max qui n'irait jamais chasser les démons avec ses frères et sa sœur. Max qui ne sentirait jamais sa rune angélique s'ancrer dans sa peau. Max qui ne connaîtrait jamais son premier amour. Max qui ne serait plus jamais Max. La douleur, elle ne la quitterait jamais, Maryse le savait, elle l'avait acceptée.
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"Il y a longtemps que je t'aime,
Jamais je ne t'oublierai."
Ses larmes tombèrent aussi pour sa seule et unique fille. Sa douce et sa courageuse Isabelle. Elle trouvait que le symbole de leur famille la représentait si bien, les flammes peuvent être douces et réchauffantes comme elles peuvent se révéler dangereuses. Maryse essuya une larme bientôt remplacée par une autre. Isabelle avait grandi bien trop vite, si vite que sa mère se demandait parfois comment elle avait pu laisser faire. Elle se dit, non sans horreur, que dans l'éducation de sa fille elle n'avait été présente que pour la rendre intransigeante et implacable, elle avait toujours été dure, trop dure avec elle. Isabelle prenait un malin plaisir à sortir avec des créatures obscures rien que pour voir la désapprobation dans le regard de sa mère. Mais Maryse interprétait cela plutôt comme un signal de détresse. Sa fille avait toujours voulu attirer son attention, c'était de sa faute, elle n'avait pas été là pour écouter sa fille, pour protéger son cœur maintenant bien endurci contre les peines de cœurs. Alec lui avait souvent reproché.
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Maryse soupira, de tous ses enfants celui qui lui avait posé le plus de soucis était bien Jace. Rien que de penser à lui, Maryse se mit à pleurer encore plus. Elle l'avait accueilli, l'élevant comme un des siens, elle le chérissait si fort que cela lui en faisait mal. Il avait souffert, il avait tant souffert, tout était bien cruel quand il s'agissait de son Jace. Le sort, par l'ange, prenait un malin plaisir à s'acharner sur lui. Elle-même avait été bien cruelle de le mettre à la porte pour le protéger. Elle avait vu son regard blessé, son cœur meurtri elle n'avait pu le voir mais elle le devinait parfaitement. Tout le monde voyait en lui, le Chasseur d'Ombres robuste, implacable, sans pitié, elle, elle le voyait avec ses yeux de mère. Elle voyait l'homme qui avait tant perdu, souffert, celui qui était affligé.
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"Tu as le cœur à rire,
Moi, je l'ai à pleurer. "
C'était la comptine que Jace lui avait reproché de ne pas lui chanter. Elle avait chanté pour chacun de ses enfants, du premier au dernier.
Puis le visage de son plus grand fils apparu dans ses pensées. Maryse serra si fort son tissus brodé des lettres ML qu'elle faillit le déchirer. Aucun de ses enfants n avaient été épargnés par la souffrance et son Alec pouvait en témoigner. Alec avait toujours été aux antipodes de Jace, depuis son plus jeune âge, alors qu'elle l'avait si durement forgé, Alec restait mesuré, introverti, timide. Maryse l'avait vu se fermer, devenir l'ombre de son parabataï. Puis quand l'Enclave avait appris qu'un Chasseur d'Ombres sortait avec un sorcier, elle entendait dans les couloirs qu'on appelait son fils "abomination" et elle aussi, elle l' avait rejeté. A cette pensée Maryse serra ses paupières. Elle lui avait fait du mal. Et comme son frère et sa soeur, Alec avait encaissé.
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Ses enfants elle les avait aimé, si fort que parfois elle faisait des erreurs. Elle était fier d'eux.
Elle avait été fière de Max parce qu'il était resté égal à lui même. Son coeur resté intact malgré la noirceur du monde.
Elle était fière d'Isabelle pour son courage et sa compassion
Elle était fière de Jace pour sa combativité et ses valeurs.
Et enfin elle était fière d Alec pour sa loyauté et sa détermination à aimer.