Tout a changé... à jamais. Je maudis ce jeudi 23 août pour toujours. Ce jour-là, nous étions paisibles dans notre petite maison à Barcelone jusqu'à ce que cette fichue tempête vienne détruire tout ce qu'il y avait sur son passage, notre bonheur inclus.
Cette tempête fut la plus désastreuse selon les chaines d'informations qui ne cessent de ressasser l'événement. Provoquant la perte de nos biens et de nos émotions.
Oui car une fois que l'on a vécu cela, on est fort. Et on se rend compte de ce qui était si futile et pourtant ce à quoi on accordait tant d'importance.
J'ai réalisé à quel point je tenais à ma famille et que je ne leur ai pas assez répété à quel point je les aimais.
Nous sommes sortis indemnes de ce drame. Les parents de mon amie Gabriella, n'ont pas eu cette chance-là. Le toit de leur maison s'est écroulé sur eux. Ils sont à présent dans le coma.
Notre maison est à présent inondée et s'est retrouvée dans un piteux état. Ça me fend le cœur de la voir ainsi car mes parents ont travaillé d'arrache-pied pour pouvoir s'offrir ce petit pavillon de 95m². Voir la maison dans laquelle j'ai grandi, où j'ai construit mes souvenirs, où j'ai fait mes premiers pas, aussi insalubre me déprime. L'eau envahi les pièces, ma chambre ne ressemble plus qu'à un vulgaire dépôt de meubles, tous sens dessus-dessous comme on le verrait dans une déchèterie. Mon lit s'est retrouvé propulser dans le couloir, flottant sur les nombreux débris qui encombrent les lieux. Les photos que j'avais pris soins de mettre à mon mur se retrouvent au sol, complètement délavées, c'est dur. Cette situation est bien trop difficile. J'ai tellement versé de larmes que je n'arrive plus à pleurer, je me contente de regarder notre jolie petite maison se transformer petit à petit en taudis. L'important c'est que nous soyons tous sains et saufs, comme ne cesse de le répéter ma mère.
Mon père quant à lui, est désemparé. Il ne cesse de jurer à longueur de journées dans le gymnase où nous sommes rapatriés actuellement. Nous devons être deux cents ou trois cents à vue de nez. Des personnes généreuses viennent nous apporter de quoi manger et s'habiller. Mon cœur se serre à chaque fois que j'entends sortir un juron de sa bouche, il est totalement vidé intérieurement, je ne l'ai pas vu pleurer, ni montrer quelconque signe de tristesse pourtant ses traits physionomiques le trahissent, ses yeux sont devenus si petits que l'on peine à les voir sous ses sourcils fournis. Cette situation m'affecte énormément. Seulement ces conditions rappellent trop l'enfance difficile qu'a eu mon père à Valence. Il souhaite partir.
Ma grand-mère maternelle qui habite à Nice en France, nous propose de rester chez elle le temps que l'on trouve un logement et que mes parents retrouvent du travail.
Ma mère est infirmière, je ne pense pas qu'elle mettra longtemps pour retrouver du travail, car selon les médias, en France les hôpitaux manquent cruellement de personnels.
Mon père était agriculteur, je parle au passé car avec cette tempête, toutes les cultures sont fichues. Et il est impensable pour lui de tout recommencer en France car l'exploitation qu'il tenait était familiale. Il va donc se reconvertir.
Le déplacement est prévu pour demain matin. Ma grand-mère Marie, nous a inscrites, ma sœur et moi dans des établissements scolaires français. Ma sœur, Clarisse se réjouit à cette idée, elle est si innocente du haut de ses 8 ans. Ce qui est loin d'être mon cas. Je ne veux pas quitter mes amis, et tout ce que j'ai réussi à construire ici.
Je me réveille avec la boule au ventre. La peur, le stress, je ne sais pas. Ce sentiment m'envahit et contracte mon estomac. Ce dernier se tord, se broie. Je réalise alors que je dois tout quitter, ma maison, du moins ce qu'il en reste, mes amis et ma famille.
Je rejoins Gabriella et Paul mes amis de toujours, dans une petite forêt non loin d'ici. Je souhaitais absolument les voir avant de partir.
- "Tu ne nous oublieras pas, hein ? Questionne Paul.
-Non, jamais. Vous êtes tout ce que j'ai de plus cher après ma famille. On a grandi ensemble ! Comment pourrai-je vous oublier ? " Balbutie-je avant de sentir une perle d'eau quitter mes yeux. C'est à ce moment-là que Gabriella nous prend dans ses bras et pleure de plus belle.
- "Je reviendrai, ce n'est qu'à 6h de route, puis on fera des skype !" Je tente de me convaincre.
Mon téléphone sonne. Ma mère me demande de rentrer car nous allons partir d'ici peu de temps. Nous nous embrassons et on se promet de ne jamais perdre contact malgré la distance.
Le trajet devient long, cela fait déjà 3h15 que nous roulons et j'en ai déjà marre. Je regarde le paysage défiler et admire attentivement les montagnes enneigées sous mes yeux. Après six longues heures interminables nous voici à Nice. Là où nous allons résider. La voiture arrive devant une belle demeure typique du coin, très coloré en pierre apparente. Elle n'est pas très grande mais très chaleureuse. Alors que je continue de contempler la maisonnette, ma mère me tire de mes pensées et nous rentrons. Elle est d'autant plus belle à l'intérieur. J'aperçois ma grand-mère, mais je ne vais pas vers elle, contrairement au reste de ma famille.
Je reste en retrait. Cette femme a l'air adorable et selon les dires de mes parents est très gentille. Cependant, je ne la connais pas. Je l'ai vue pour mes trois ans apparemment mais je ne m'en rappelle pas, je ne l'ai pas revue depuis. Nous n'allions que très rarement en France.
Je sais que le départ fût une épreuve difficile pour tout le monde, et qu'il faut que je me montre compatissante, c'est pour cette raison que ma bouche affiche un grand sourire malgré moi. Je ne veux pas attrister plus mes parents, bien qu'ils fassent bonne figure devant nous je sais qu'ils sont terriblement touchés.
Mon corps se remue dans tous les sens, tel un ver. Je n'arrive pas à dormir, la tristesse est bien trop présente pour ça. Je décide d'appeler Gabriella et Paul sur Skype. Après une bonne heure, à se remémorer les moments passés ensemble, nous mettons fin à la conversation.
Demain c'est leur jour de rentrée, normalement c'était il y a deux semaines mais la tempête a fait tellement de dégâts que les écoles sont en reconstruction. Pour tout remettre en ordre le gouvernement a décidé de faire la rentrée des classes deux semaines plus tard. Mes amis seront en seconde, comme moi.
En France, la date de rentrée n'a subi aucune modification, par conséquent le lycée a commencé depuis deux semaines. Je n'étais déjà pas vraiment rassurée quant à ma rentrée en seconde en Espagne mais alors là, je suis totalement pétrifiée ! Les élèves ont eu le temps de faire connaissance et de créer des affinités. Les groupes sont déjà formés, et moi je serai parmi eux dans deux jours. Au plus profond de mon âme j'espère qu'une personne formidable viendra à mon secours dans ce jour désastreux. Oui, oui, j'imagine déjà ce jour comme le pire que je n'ai jamais vécu.
Mes oreilles frémissent au son de mon réveil, et mes yeux s'entrouvrent légèrement. Je suis un peu perdue, ce son je l'avais totalement oublié durant ces deux mois d'été. Je me lève rapidement de mon lit lorsque je me rappelle de la situation : C'est mon jour de rentrée.
~~NDA~~
Hello à tous, voici le prologue de "Il était une fois... PAOLA." c'est mon premier écrit donc soyez indulgent s'il vous plait. N'hésitez pas à me laisser des commentaires avec des critiques constructives si vous en avez :)
J'essaierai de publier au moins 1 fois par semaine.
Mathilde :)
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Il était une fois... PAOLA.
Teen FictionPaola se retrouve contrainte de déménager dans un nouveau pays et une nouvelle ville. Elle espère pouvoir s'y reposer et recommencer tout à neuf. Seulement, c'était sans compter sur les secrets qu'elle allait découvrir et tenter de percer à ses risq...
