XXI

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Il sauta de sa voiture une fois qu’il atteignit  la porte de l’hôtel. Le hall était rempli de monde tous aux regards inquisiteurs qui  se braquèrent vers deux hommes de tenues qui tentaient de maitriser Aziz qui était dépourvu d’énergie mais son instinct était plus fort. Moustapha bouscula la foule qui commençait à encercler les lieux. Il lança un regard vivement noir à son frère, un regard  qui pourrait estropier immédiatement un taureau enragé ;  celui-ci se calma rapidement comme un bébé qui vient de se rendre compte de sa bêtise. Moustapha s’excusa aux gérants de l’hôtel et prit la main de son aîné furieusement et le fit monter de force. A quelques marches vers les escaliers, il refusa de bouger ; Moustapha le regarda d’un coin de l’œil et vit qu’il pleurait à chaudes larmes. Son cœur en prit un coup, il lâcha sa main pour le prendre entièrement dans ses bras mais Aziz le rebiffa net avec la main et les lèvres qui tremblaient comme atteint d’une grippe chronique.

-Ce n’est pas la peine de me tancer, je sais que je t'amène beaucoup de soucis et que je t’insupporte à la fin. Mais Comprend moi, je veux vivre à coté de ma famille à coté de ma mère et de mon frère, je t’en prie ramène moi dans mon pays après va-t’en si tu veux.

-Comment oses-tu me dire tout ça? Aziz je suis Moustapha ton frangin, ton unique petit frère, ton meilleur ami est-ce qu’il te faut un dessin pour que tu daignes te rendre à l’évidence ? Nous avons plus de maman, dit-il la voix grave.

Il écarquilla les yeux en guise de réponse ensuite  secoua la tête pour montrer sa réprobation et monta dans sa chambre. Moustapha se laissa tomber sur les escaliers, il ne se rendait même pas compte qu’il y ‘avait des gens autour de lui   qui semblaient donner une importance démesurée à leur conversation .Kéne sortit de son univers d’imagination et vint se poser près de lui, elle voulait le rassurer le réconforter mais il ne savait guère par où commencer. Cette situation l’amenait au summum du désespoir et de la tristesse ; elle n’avait pas eu la version complète de l’histoire  mais ce qui était clair dans sa  tête est que c’était l’œuvre de Tabara et Omar.
  Une silhouette vint se placer devant eux, ils relevèrent la tête et virent Bamba Gueye leur nouveau ami qui insista pour les inviter dans son  appartement. Ils finirent par accepter et le suivirent.
     C’était aussi beau que le leur, tout était bien ordonné et propre ; le salon était verdâtre et décoré par des motifs d’arbres et quelques animaux sauvages à croire que l’on était dans une forêt calme. Il leur renseigna qu’il l’avait acheté définitivement car la moitié de sa vie il était ici. Il avait deux magasins au Sénégal qu’il avait délégués à ses frères et qu’il avait la prédilection pour son commerce dans ce beau pays. Il leur servit à boire et tentait de les divertir chaque seconde avec des anecdotes sénégalaises, mais à peine ils souriaient.

-Vous allez bien ? Je dirai non, j’ai suivi toute la longueur de votre discussion j‘ai compris relativement que cet homme qui se déchaînait tout à l’heure était ton frère ; je ne veux pas paraitre pour un fouineur mais je sais que ce qui vous arrive vous fait très mal raison pour laquelle je vous ai conviés ici par invitation pour en discuter

- Bébé je pense qu’il est mieux de sortir tout ce qu’il y ‘a dans ton cœur, ça te fera du bien. Les soucis peuvent accabler une personne jusqu’à la conduire à la mort. Ça te pend au bout du nez, regarde toi.

-Vous pouvez me faire confiance, je ne désire que partager votre peine en tant que frère et concitoyen.

Il hésita un peu et prit quelques souffles en fermant les yeux pour essayer de se remémorer chaque détail de son passé. Il se rendit compte qu’il commençait à perdre quelques souvenirs de son mal, pour lui ce fut toujours aisé de raconter sa vie sans la moindre pause ; la dernière fois qu’il se mettait à puiser les souvenirs dans le puits profond de son âme remonte des années quand il se confiait à son ami Kunio.  Et c’était fait les doigts dans le nez sans omettre un seul détail ; mais là c’était quasiment impossible, c’était en quelque sorte  causé par sa rencontre fortuite avec Kène qui a réduit considérablement  la haine qui secouait son cœur depuis des années.
           Il commença sa narration en mettant en avant la belle entente qu’il y’avait entre tous les membres de sa famille, qu’ils étaient la famille  la plus enviée par leur harmonie et leur discrétion dans le pays quoique son père faisait parti des Richards reconnus de leur patrie. Il en sourit même un instant comme s’il vivait derechef  ce moment. Il raconta comment son père fut marié avec Tabara par l'influence de son grand père et la manière dont lui et son fils ont tué sa mère ainsi maraboutaient son grand frère qui ne respire dorénavant que pour eux .

Elle Croyait Que La Roue Ne Tournait Pas ♡♤Où les histoires vivent. Découvrez maintenant