Il sera à moi

188 16 0
                                        

Je le veux. Je le veux pour moi tout seul. Je le veux à mes pieds. Je veux qu'il soit mon esclave.

Et il le sera.

Cela fait des mois que je prépare mon coup. Des mois que j'observe ses moindres habitudes, que je calcule le temps que prennent chaques actions de sa routine. Il ne me voit pas, il ne me voit jamais. Il ne fait pas attention à moi. Après tout, nous appartenons à deux mondes totalement différents. Je suis un membre d'une bande de garçon composée des plus populaires de l'école et lui reste seul dans son coin. Parfois, il traine avec le garçon aux 1001 allergies, mais j'imagine que ça ne compte pas vraiment.

Je n'en ai parlé à personne, ils ne comprendraient pas de toute façon. Mes parents sont encore partis pour un voyage, je ne sais pas où, pour 6 mois cette fois. Je suis sure que j'aurais assez de temps pour l'apprivoiser comme un petit animal sauvage. Lentement, avec patience. Il finira par manger dans ma main. Et puis, si ça ne marche pas avant la fin du délai, il y a toujours la manière forte. J'espère que mes pulsions ne prendront pas le dessus, il faut s'en tenir au plan.

J'ai prévu le plan parfait. Il acceptera de coucher avec moi, coûte que coûte.

Le moment de vérité est prévu à 16h30, vendredi prochain quand il rentrera chez lui.

Je ne tiens plus en place, j'ai envie de lui...

***

La neige tombait à gros flocons sur le sol, le faisant paraitre pur et vierge. Zelo marchait doucement, profitant du paysage hivernal. Il laissait sur le trottoir les traces de ses pas, seules taches sur le cottoneux tapis immaculé. La journée à l'école avait été relativement bonne. Il n'avait pas été poussé, battu, enfermé ou insulté. Il sourit, content que le weekend soit enfin arrivé. À l'école, il était la cible des autres. On le ridiculisait à tout bout de champ, on faisait de ses exposés oraux des cauchemars éveillés et on faisait tomber son plateau à la cafétéria. Même les filles se moquaient de lui. Il n'avait jamais compris pourquoi, mais parfois le monde entier semblait être contre lui. Pourtant, il avait toujours été un enfant calme et réservé. Jamais il n'avait contredit l'autorité de ses supérieurs, jamais il n'avait bu ou consommé de substances illégales et il allait avoir 18 ans, mais était toujours vierge. Aucune fille ne voulait de lui et c'était normal : qui aurait voulu sortir avec le looser de l'école ? Certes, il avait bien un ami. Min Hyuk, un garçon allergique a tout ce qu'il y a de bons dans la vie : arachides, lait, miel, chat, nommez et il est allergique. Bien sûr, le fait que ce soit lui son seul ami n'a jamais vraiment aidé Zelo, mais en tant que rejets, ils devaient bien se soutenir mutuellement.

Zelo fut sorti de ses pensées par le sapin clignotant orné de centaines de lumières multicolores qui marquait le coin de son cartier. On en était qu'au début du mois de décembre et toutes les maisons étaient déjà décorées. Quelle pitoyable fête aux yeux du jeune homme, racheter l'amour de ses proches avec des présents plus inutiles les uns que les autres. L'année précédente, on lui avait offert un certificat cadeau pour aller passer une journée de ski dans un des parcs les mieux quoté de la région. Cependant, il ne savait pas skier.

Avec un soupir, il tourna le coin de rue qui menait à sa maison. Il voyait au loin le gros père-noël qui montait la garde près de la porte d'entrée, tanguant à chaque coup de vent. Zelo sourit doucement, passant une main dans son visage puis dans ses courts cheveux blonds dans lesquels on pouvait voir une légère repousse noire. Il avait tellement hâte de se réchauffer avec un bon bain chaud, peut-être même avec de la mousse aromatisée. Ouai, ça lui remonterait le moral... Il pouvait presque sentir la vapeur caresser son visage comme des mains réconfortantes.

Mais soudainement, il entendit des pas derrière lui. Habituellement, à cette heure personne ne sortait, trop occupés à travailler. Alors la curiosité l'emporta et Zelo se retourna, cherchant du regard la personne qui marchait à cette heure étrange. Une peur sourde monta du plus profond de ses entrailles et il figea alors qu'un homme masqué s'approchait de lui, un bâton de baseball dans les mains. Sans que son corps ne puisse réagir, il regarda l'homme lever le bâton et l'abattre sur son crâne. Tout devint noir alors qu'il tombait sur le sol comme une vulgaire poupée de chiffon et, juste avant que la conscience ne quitte son corps, il entendit un rire cruel qui résonna dans le cartier bien tenu.

***

Un bruit métallique tira le jeune adolescent de son sommeil. Zelo cligna des yeux deux ou trois fois et déglutit avec difficulté. Il avait soif, très soif. Le blond tenta de se relever, mais une douleur foudroyante lui traversa le crâne. Il se recoucha, un rictus de douleur traversant son visage, et commença à observer la pièce dans laquelle il se trouvait. Quatre murs blancs entouraient son lit qui était positionné dans un coin reculé de l'espèce de chambre. Dans un autre coin, plus près de la lourde porte de fer, il y avait une toilette et ce qui ressemblait à une douche sans murs ni rideaux. Le plancher semblait être en béton peint qui, autrefois, avait dut être lui aussi blanc. Sur un des murs près du lit était fixé un gros anneau de métal duquel partait une longue chaîne. Mince mais robuste, Zelo la suivit du regard, cherchant ce qu'elle pouvait bien retenir. Elle serpentait sur le plancher puis montait sur son lit avant de venir s'attacher à une espèce de pièce de métal qui entourait sa cheville. Il tira dessus, essayant vainement de se dégager. La panique commençait a s'emparer de lui et sa respiration s'accélèra. Où était-il ? Que lui était-il arrivé ? Pourquoi une chaîne reliait sa cheville au mur ? Ses réflexions furent interrompues par deux coups sur la porte de métal et le bruit de gonds qui grincent.


D'une manière ou d'une autreStories to obsess over. Discover now