Le soleil tapait dur. Il tapait toujours dur par ici. Les sabots des chevaux soulevaient des nuages de poussière et les mouches nous collaient au train. J'avais enlevé ma cotte maille je me moquais bien de me prendre une flèche il faisait bien trop chaud pour être vêtu d'une telle armure. Mon étalon maintenait un rythme soutenu que le hongre de Alvin peinait à suivre. Parfois je me demandais pourquoi je l'avais pris avec moi. C'était arrivé il y a trois semaines. Je traversais un village en ruine. Les maisons avaient étés pillés et brûlés par les Bandits Akvar. Les hommes avaient étés massacrés et les femmes... Disons que je ne préférais pas y penser. Je déambulais donc à l'intérieur des rues saccagées en jurant tout bas. J'avais espéré trouvé du travail ici mais cet espoir avait disparu. C'est à ce moment là que j'entendis des pleurs. Ils venaient de l'intérieur de l'une des maisons. Je descendis de ma monture. Attachait mes deux montures puis me dirigeait vers la maison. Ce faisant j'avais dégainé mon épée et sortit mon bouclier. J'avançais prudemment vers l'habitation, ne sachant pas vraiment ce que je pourrais trouver à l'intérieur je m'étais préparé au pire. Je poussais la porte et tombais nez à nez avec un jeune garçon. Il ne devait pas avoir plus de douze ans. Il était agenouillé devant un corps. Le corps était celui d'une femme. Sa gorge était ouvert d'une oreille à l'autre et ses cheveux d'or tachés de sang. Je m'approchais lentement en rengainant ma lame. Le jeune garçon leva soudain les yeux vers moi. Ses yeux verts étaient injectés de sang et ses cheveux bruns lui retombaient sur le visage. Il tenta de se relever mais s'écroula directement inconscient. Je ne sais pas ce qui m'a pris à ce moment là. J'avais déjà du mal à trouver de quoi subsister je ne pouvais me permettre de ne prendre une bouche de plus. Je me souvins alors de mon serment "Je défendrais ce qui ne peuvent se défendre eux mêmes". Je ne sais si c'est cela ou un simple élan de pitié qui me fit le sauver mais toujours est-il que je l'emportais avec moi. Je passais les jours suivants à le soigner. Il était très faible j'ignorais combien de jours il avait pu rester là sans manger ni boire. Au bout d'une semaine il fut debout et en mesure de parler. Il resta très évasif sur ce qui s'était passé et je ne poussais pas mon interrogation très loin respectant sa douleur. Une fois qu'il s'était retrouvé en pleine possession de ses moyens je lui avais proposé de devenir mon écuyer.
- Votre écuyer ?
- Oui mon écuyer petit. Tu voyagerais avec moi sur le dos de ma jument. Tu serais chargé de t'occuper de mes affaires et d'entretenir mes armes et mon armure. En échange je te protégerai, je t'apprendrai à manier les armes et le moment venu si tu t'en montre digne je pourrais même t'adouber à mon tour.
Alvin, car tel était son nom, n'avait plus de famille, plus d'attaches et les perspectives d'avenir qu'il avait pu avoir avaient disparus. Il ne lui restait donc pas beaucoup d'alternative. C'est donc que deux semaines plus tard nous nous retrouvions tous deux sur les routes.
- Ser ?
L'appel m'avait fait quitté mes pensées et je me rendis compte que je ne faisais guère plus attention à notre route.
- Ouais gamin qu'est-ce qu'il y a ?
- Vous n'avez pas répondu à ma question.
- Quelle question ?
- Je vous demandais vers où allons nous ?
- Ah oui excuse moi je pensais à autre chose. Nous allons vers la Baronnie de Terab. J'espère trouver du travail là bas.
Alvin ne se montra pas satisfait de ma réponse. A certains moments il pouvait se montrer extrêmement bavard.
- Quel genre de travail ?
Je soupirais énervé par sa question.
- Le genre de travail que peut espérer un chevalier errant. Joindre une garnison pour quelques temps, participer à une patrouille ou encore retrouver des personnes disparus.
- Où chasser quelqu'un ?
- Non ça c'est plutôt un travail de mercenaire ou de chasseur de primes et je suis chevalier.
- Mais quelle est la différence vous travaillez tous pour de l'argent.
Je commençais à m'énerver, son insolence n'était pas pour me plaire. Ce n'était de plus pas la première fois que l'on me tenait un tel discours.
- La différence est que je ne suis pas un simple chasseur de prime. Pas plus que je ne suis un de ces "pseudos-chevaliers" qui n'obéissent et ne croient en rien. Je suis un pur chevalier adoubé par Ser Tristan Aleb Baron de Rochaille. J'ai un code d'honneur et je n'accepte pas n'importe quel travail sous prétexte que l'on me paye trois couronnes !
Alvin se tut et se plongea quelques instants plongé dans ses propres réflexions. J'observais l'horizon. Le paysage était parsemé de collines. L'herbe d'habitude verte avait jaunie sous le coup de la sécheresse. La route était longée par des caroubiers et le soleil tapait toujours aussi fort.
- Et qu'est-il advenu de ce Ser Tristan qui vous a adoubés. Me demanda le gamin en me sortant de ma contemplation.
- Il est mort. Dis-je d'un ton qui mit fin à la conversation.
Alvin resta silencieux le reste du trajet et cela jusqu'à ce que nous arrivions en face d'un village.
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Le Chevalier Errant
FantasyEn l'An 835 après la grande ombre le royaume de Roema est menacé et harcelé par les bandits Akvar. Dans ce monde Ser Thorren est un chevalier errant. Un homme qui parcourt les routes à la recherche de travail tout en respectant un certain code d'hon...
