Chapitre 1

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      Sarah Simon fixe longuement son lit qu'elle laisse le temps les grandes vacances. Sa chambre blanche et rouge bien rangée ne contient qu'un lit, une armoire, une commode et un bureau, rien de plus. Elle regarde son violon et sa valise remplie de ses Au-Cas-Où et placé à coté du bureau fraichement fleuri et son regard, attiré par la douceur les poils glissant sur les jambes, se pose sur son chat tout noir qui ronronne à ses pieds comme s'il pouvait comprendre qu'elle partait, peut-être, se disait-elle, qu'il l'aurait oublier au bout de deux mois. Elle passe vite fait un coup d'oeil à la liste qu'elle avait préalablement faite pour ce voyage et fini par la jeter : elle semble n'avoir rien oublié, rien, à part son chat qui était la créature la plus affective qu'elle a pu rencontré durant sa vie.

- Sarah ! Descends tes affaires tout de suite on les mets dans la voiture, vite nous allons rater l'avion !

La mère de Sarah, de sa voix stridente, tire la jeune adulte de ses pensées et s'empresse d'aller fermer les volets. La pièce est subitement plongée dans le noir. Le chat sort de la pièce, effrayé par la noirceur sûrement, et va se poser sur le canapé encore tout chaud puisque le père de Sarah vient de se levé dés lors qu'il l'a vu sortir de sa chambre.

Sarah sourit timidement à son père qui la décoiffe avec un sourire beaucoup plus enjoué que le sien. Elle ajuste son short bleu ample pour le voyage, passe sa main dans ses cheveux roux foncés pour les recoiffer et remonte ses lunettes.

Les bagages sont dans la voiture. Le couple s'installe gaiement à l'avant de la voiture. Les yeux marrons clairs de la femme pétillent et le sourire blanc de l'homme lui répond avec les billets à la main. Ils sont pressés d'y être : le soleil, la plage, les balades, franchement qui n'aimerait pas ?

Elle regarde une dernière fois la maison avant de partir, elle n'aime pas les voyages autant que ses parents. Elle aime cette petite maison simple: il n'y a pas d'étages, donc pas de risque de tomber dans l'escalier, il n'y a pas de chambre d'amis, il n'y a pas non plus de piscine, enfin si mais elle est gonflable mais la pompe ne marche plus depuis deux ans. Elle regarde la fenêtre de la cuisine qui donne sur la route, elle est fermée, elle ne l'avait jamais vu fermée. Elle fixe finalement la porte d'entrée avant d'entrée elle-même dans la voiture familiale.

La mère merveilleuse mère de Sarah est une femme brune toujours joyeuse avec un large sourire que l'on peut voir dans les publicités quant à l'homme, son père, il est chauve mais ses défunts cheveux étaient d'un brun intense et ses yeux marrons presque noirs, ils sont tous deux mariés depuis deux mois et décident finalement de partir pendant les grandes vacances pour profiter de tout le confort du soleil, qui ne leur ferait pas du mal vu leur blancheur respective. Ils se connaissent depuis près de trente ans mais ils n'ont passés le pas que récemment. "Heureusement que l'homme d'église, qui a marié mes parents, n'était pas un vrai chrétien qui tient à ses traditions sinon il crié aux péchés à tout bout de champ" se dit la jeune Sarah, elle est pas chrétienne mais se rit de se dire que ses parents ont vécu dans le péché pendant vingt-et-un ans, plus ou moins puisqu'ils se sont rencontrés ils n'avaient que quinze ans, des adolescents amoureux jusqu'à la fin.

La voiture roule déjà depuis une heure et ils commencent à ralentir, Sarah ouvre subitement les yeux dû au freinage presque brutale de son père.

- C'est bon ma chérie d'amour tu es arrivée !

Sarah referme les yeux et fait mine de dormir mais est rapidement reprise par sa grand-mère, bien plus énergique que sa petite-fille elle-même, qui se résout finalement à ouvrir les yeux. Maintenant Sarah n'a plus d'autres choix que de descendre de la voiture. Dès lors, elle remarque tout de suite l'odeur des fleurs mais aussi des poules et des vaches, la fraîcheur stupéfiante de la brise d'été mixée avec de fine gouttelette d'eau du à l'arrosage automatique, le bruit de la respiration de grand-mère et la vue de tout ce vert et de ce marron-terre qui envahit les champs. "L'air de la campagne me fera que du bien" que c'était dit la jeune femme pour se persuader qu'elle devait absolument aller voir sa douce grand-mère.

- Vous voulez boire un petit café avant de repartir ? demande poliment la vieille dame.

Le couple prétexta qu'ils allaient être en retard pour le vol de l'avion qui les emmènera sur une des quelques îles paradisiaques que le monde comporte. Sarah se sentait légèrement trahit, elle voyait qu'elle allait s'ennuyer, presque seule dans cette grande maison. Elle voyait qu'ils avaient de petits sourires moqueurs tandis qu'elle se dirigeait vers le coffre pour aller prendre sa valise et son violons. Les dernières embrassades et le couple partait vers une aventure dont leur fille ne faisait pas partie.

La demeure qu'observait Sarah, depuis près de cinq minutes, n'avait pas changé depuis les années passées, les murs étaient toujours avec les mêmes pierres grises recouvertes de roses grimpantes beaucoup plus grandes que la dernière fois, avec le toit au tuiles bleues et les fenêtres en bois qui grincent fortement et que l'on doit fermer manuellement. Le vieux barrage à tracteur, et à autre moyen de travail, et dans un coin de la maison qui parcelle finalement le terrain en deux : un coté plantation immense et un autre que l'on appelle communément "jardin" qui est d'une taille acceptable d'après les souvenirs de Sarah. La maison est grande et ce n'est qu'en la regardant que Sarah devine vite que l'intérieur est assez vieux jeu. Un petit câlin à grand-mère et la voilà déjà qui l'emmène dans sa charmante demeure et ce n'est pas du tout ce que Sarah avait imaginé : un canapé beige recouvert d'un tissu orangé allant parfaitement avec les murs en face d'une télévision qui semble assez vieille, suivi d'une table ovale, drapé d'une nappe blanche, sur laquelle des roses roses et blanches étaient placées dans un vase blanc, ce qui donne un aspect chaleureux. L'entrée de la chambre de la grand-mère est entre la table et le canapé et puis ne parlons pas de la cuisine restée aux anciens équipements qui ont l'air dix milles fois plus puissants que ceux de nos jours et puis la porte fenêtre qui semble illuminer toute la pièce. Ce n'était pas comme ça lorsqu'elle était venue, jadis.

Sarah monte alors à l'étage, directement à sa gauche, où elle doit choisir une des trois chambres que sa grand-mère possède. Les chambres étaient toutes les trois belles, mais, étant donné que la première chambre est doté d'un magnifique et grand miroir, d'un lit un peu plus grand que les autres, d'une fenêtre pour donne sur une parcelle de champ et sur l'ensemble des plantations d'orangers et surtout qu'elle est la plus proche de la salle de bain, celle-ci fut adoptée par la jeune fille. Elle est contente, tout de même, d'avoir une chambre différente de la sienne, les couleurs du papier sont sobres : dans le gris et bleu, mais elle s'habituera très vite. Sarah observe tout de même l'aspect solitaire que la chambre émet, l'année précédente ses cousines étaient venues et étaient seules, elle espère intérieurement leur faire la surprise.

- Les cousins viendront quand ? demande Sarah.

- Pas avant l'année prochaine, ils sont partis voir du pays mais il y a des soirs où mes amies viendront me rendre visite, je t'emmènerai faire du bowling avec leurs enfants.

Elle acquiesce sans avoir réellement entendu. La première partie lui a suffit. Elle descend finalement les escaliers avec Rosa Martin, sa chère grand-mère maternelle. La jeune femme regarde sa Rosa qui tartine de beurre salé une tranche de pain grillée et la place sur la table devant un verre de jus d'oranges . Des oranges venues du jardin dont l'aspect remarquable de la pulpe généreuse ne laisse pas Sarah indifférente.

MirrarWhere stories live. Discover now