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– Charlie, réveille-toi ! Il est arrivé quelque chose de grave.

– Maman ? Mais qu'est-ce qu'il se passe ?

– C'est Louise ...

– Quoi ? Louise va bien ?

– Charlie ...

Je me réveille en sursaut, en constatant que je venais de faire une fois de plus, ce même cauchemar. Le ciel grisâtre transperçait les stores de ma chambre et le bourdonnement sourd du vent dans les feuilles se faisait entendre. Une journée maussade et monotone s'annonçait à nouveau.

Je me lève de mon lit et descends les escaliers, en constatant que ma mère n'était toujours pas réveillée. Comme tous les soirs de la semaine, elle avait certainement dû se prendre une cuite.

Je monte à l'étage et ouvre sa porte de chambre. Elle était endormie, ses talons étaient au sol.

Cela fait maintenant une semaine que les cours ont repris et je suis, cette année, passée en première Littéraire.

Tout était parfaitement préparé de la veille, et pourtant, je n'étais pas satisfaite. Ma robe, accompagnée d'une paire de collants et de ma veste en jean, me faisaient douter. J'attrape ma salopette, ainsi qu'un t-shirt large, et range ma tenue initiale, dans un endroit dont elle ne sortira pas avant des mois, c'est à dire en boule, au fond de mon armoire. Je n'étais pas encore prête à sauter de cap de la fameuse robe en début d'année.

Je m'active à ma routine du matin, et attrape ma veste, avant de claquer la porte, faisant en sorte de réveiller ma mère.

Je marche activement jusqu'à l'arrêt de bus. Une fois à l'intérieur, je longe avec difficulté, la rangée étroite de l'autobus, et trouve refuge sur une place, au fond de celui-ci.

Quand nous fûmes enfin arrivés devant l'établissement, je descends et rejoins ma salle de classe, en vitesse. Je m'installe sur la table du fond, scrutant avec curiosité chaque élève. Ce qui m'étonne, c'est qu'aujourd'hui personne ne se battait pour avoir cette place, habituellement ils se monteraient tous les uns sur les autres. Mais aujourd'hui, tout était différent, les autres avaient trouvé leur place parmi la classe. Ils avaient tous l'air de s'entendre, ils riaient et bavardaient entre eux, sans prêter attention à cette fille seule et étrange, qui les observait avec mépris et dégoût.

Lors du déjeuner, je mange avec quelques personnes de ma classe. À ma droite se trouve Raphaëlle, qui est toute mignonne et gentille, mais malheureusement, qui est aussi beaucoup trop réservée. Elle a de long cheveux bruns et de beaux yeux verts et pourtant cela ne suffit pas pour que quelqu'un y prête attention. Et à ma gauche Hugo, beau garçon, blond, yeux bleus et personnalité unique et irremplaçable. Il me regarde étrangement et dit:

– T'étais où ?

– Comment ça « j'étais où » ?

– Tout l'été.

– T'as vu Isaac cette semaine ?

– T'as pas répondu à ma question.

– Toi non plus.

– Non, il a quelques problèmes dans sa famille, en ce moment. Il ne va pas tarder à revenir, je pense.

– Quel genre de problèmes ?

– Je pense pas qu'il voudrait que j'en parle.

Deux minutes, seulement deux petites minutes en ma faveur, avant qu'il ne retourne rire et débattre sur des sujets inintéressants, avec les autres. Je devrais me contenter des quelques sourires de Raphaëlle, qui elle aussi, n'écoutait que d'une seule oreille les débats incessants, qui circulaient à travers notre table.

N'oublie pas ce que j'ai de toiDes histoires addictives. Découvre maintenant