Chapitre 1

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Ça fait une semaine que je suis arrivée à Adélaïde, j'adore ma vie ici pour l'instant. Je me suis inscrite à la salle, j'y vais tous les jours faire une séance et prendre une douche chaude, je dors sur un parking au bord de la plage, je vois le soleil se coucher tous les jours, le matin je prends mon café face à la mer et il y a plein de Français qui campent aussi sur ce parking. J'ai sympathisé avec pas mal de monde, ça fait du bien de revenir à la civilisation après un an dans le désert. Je suis contente de découvrir une nouvelle ville, de rencontrer du monde et je suis excitée par toutes les potentielles nouvelles vies qui s'offrent à moi. Quel sera mon prochain travail ? Ma prochaine routine ? Qui vais-je rencontrer ? Quels seront les souvenirs qui vont me rester à vie ?

Aujourd'hui c'est mon anniversaire, j'ai été faire une séance d'escalade et m'acheter une bouée et me voilà en maillot de bain avec ma bouée autour du cou en direction de la plage. Je longe les voitures qui habitent ce parking pour me rendre au passage qui mène à la mer. Je passe devant un Français à qui je n'ai jamais parlé, il est souvent assis là sur sa chaise de camping face à la vue. Il me dit :

« Tu vas te baigner ? »

Je pense : « Non, je vais courir », ou croit-il que je vais avec ma bouée ? Mais je dis « oui », puis je me dis : dis autre chose, c'est sec, alors j'ajoute : « Tu vas y aller toi ? »

Et il me dit : « J'irai peut-être plus tard au coucher du soleil. »

Je réponds que c'est une bonne idée, mais que je préfère prendre la douche avant la nuit.

Après ma petite baignade, je parle à tout le monde sur le parking, tous les gens que j'ai rencontrés cette dernière semaine. Et plus le temps passe, plus je vois le soleil se coucher et je me dis que je prends du retard sur mon planning, mais j'adore discuter avec toutes ces nouvelles personnes et j'avais prévu d'avoir pris ma douche puis d'aller faire une balade sur le ponton. Mais tant pis, puisque je ne suis pas encore douchée, autant aller me baigner au coucher du soleil !

Je retourne sur la plage et revois le garçon de tout à l'heure. Est-ce que je devrais l'ignorer et me baigner de mon côté ? Ou est-ce mal poli ? Mais si je vais le voir, il pourrait croire que je le drague, non ?

Bon, tais-toi et sois toi-même. Puis le fait de parler à plein de gens en ce moment fait un peu taire mon anxiété sociale, alors j'y vais et je lui lance :

« Tu m'as convaincu. »

Ensuite, on a parlé un peu de tout et de rien. J'ai appris qu'il s'appelle Nathan et voyage avec son meilleur ami.

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Quelques jours plus tard, me revoilà à gonfler ma bouée pour aller me baigner et le deuxième protagoniste de ce duo sort la tête de sa tente de toit sur son 4x4 et me dit :

« C'est une bonne idée la bouée. »

Je réponds que la mer est plutôt calme ici, donc je me suis dit que ce serait bien. Il me dit que lui aussi a des bouées et qu'il devrait les gonfler. La conversation ne s'éternise pas, puis quand je reviens de ma baignade, il ressort sa tête de la tente et me dit :

« Ce soir on fait un apéro sur la plage, tu veux venir ? »

J'accepte volontiers la proposition.

Et le soir je les rejoins. Il y a tous les Français que j'ai rencontrés sur le parking. Je m'assois et je parle un peu à tout le monde et personne, j'écoute plutôt. Le garçon qui m'a invité me parle un peu, il s'appelle Carl, mais je parle plus à la seule personne qui ne parle pas français. C'est un Argentin qui est là que pour deux jours et j'ai de la peine pour lui, il ne comprend rien, donc je lui parle en anglais.

C'est bizarre, mais j'ai l'impression que Carl ne fait que me regarder. Il parle aux autres, mais je sens le poids de son regard sur moi. Ça n'a pas de sens, je me fais sûrement des films. Pourtant, j'ai aussi l'impression qu'il essaye de capter mon attention dès qu'il en a l'occasion, mais je ne parle pas longtemps avec lui parce que j'ai vite de la peine pour l'Argentin qui ne comprend rien et je reviens vite à lui.

Jusqu'à ce que j'entende dans leurs conversations Carl dire qu'il est pompier. Et là, je ne réponds plus de rien. J'ai une passion inexpliquée pour les pompiers. Je me tourne vers lui et dis :

« T'ES POMPIER ? »

J'ai dit ça avec beaucoup trop d'enthousiasme et bien plus fort que je ne l'aurais souhaité. De là, il se tourne vers moi et on discute un moment, lui et moi, puis je finis par retourner vers l'Argentin, même si j'aurais bien continué de parler avec Carl.

Après cette petite soirée sur la plage, nous voilà tous de retour à nos voitures. Je me dirige vers les toilettes publiques du parking, mais c'est fermé, alors je fais demi-tour et je croise Carl.

Je lui dis que c'est fermé et il dit : « Ah bah tant pis », puis il fait demi-tour et j'aperçois sa brosse à dents dans sa main. Je lui dis :

« Tu te déplaces jusque-là pour te brosser les dents ? Pourquoi tu ne le fais pas devant ta voiture ? »

Ce à quoi il répond :

« Je voulais juste te croiser. »

Un sourire m'échappe. Je sens que je rougis un peu et je continue mon chemin en levant les yeux au ciel. Quel beau parleur.

Vivre, mais à quel prix? Stories to obsess over. Discover now