Aurie avait oublié à quel point la Louisiane pouvait être chaude.
Pas une chaleur agréable, celle qui donne envie de rester dehors avec un verre de thé glacé à la main. Non. Une chaleur lourde, humide, presque vivante, qui s'infiltrait partout et donnait l'impression de respirer à travers un linge mouillé.
Elle coupa le moteur de sa voiture et resta quelques instants immobile derrière son volant.
La climatisation venait de s'éteindre, laissant peu à peu l'habitacle se remplir de cette chaleur qu'elle avait pourtant connue pendant toute son enfance.
Elle regarda la maison.
Elle était toujours là.
La peinture blanche avait perdu de son éclat, les volets avaient besoin d'être repeints et la vieille rambarde de la galerie commençait à griser. Les deux cyprès qui encadraient l'entrée avaient grandi depuis la dernière fois qu'elle les avait vus. Leurs branches se rejoignaient presque au-dessus du toit, donnant à la maison une allure plus sombre qu'elle ne s'en souvenait.
Pourtant, elle l'aurait reconnue entre mille.
La maison de sa grand-mère.
Aurie posa ses mains sur le volant et inspira profondément.
Elle avait imaginé ce moment plusieurs fois au cours des trois dernières semaines.
Elle s'était imaginée sortir de sa voiture, regarder la maison, peut-être sourire en repensant à son enfance.
Elle ne s'était pas imaginée avoir envie de repartir.
Elle jeta un coup d'œil à son téléphone.
16 h 47.
Elle pouvait encore faire demi-tour.
La Nouvelle-Orléans n'était qu'à un peu plus d'une heure de route. Elle pouvait réserver une chambre pour la nuit, appeler le notaire demain matin et lui dire qu'elle avait besoin de quelques jours supplémentaires.
Elle n'était pas obligée de dormir ici.
Elle n'était même pas obligée de garder cette maison.
C'était précisément pour cela qu'elle était revenue à Houma.
Vider les affaires de sa grand-mère.
S'occuper des papiers.
Mettre la maison en vente.
Puis repartir.
Simple.
Du moins, sur le papier.
Aury ouvrit finalement la portière.
La chaleur lui sauta au visage.
— Génial, souffla-t-elle.
Elle attrapa son sac sur le siège passager et sortit.
La rue était calme. Quelques maisons plus loin, un homme arrosait son jardin malgré la chaleur. Une vieille Ford était garée devant une maison voisine. Quelque part, un chien aboya avant de se taire.
Tout lui paraissait étrangement familier.
Elle monta les trois marches de la galerie et passa la clé dans la serrure.
La clé résista.
Aurie fronça les sourcils et insista.
— Allez...
Le mécanisme finit par céder.
La porte s'ouvrit avec un grincement.
Et l'odeur de la maison la frappa immédiatement.
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Les vérités que tu caches
ActionAprès plusieurs années loin de Houma, en Louisiane, Aurélia « Aury » Madner revient dans la ville où elle a grandi à la suite du décès de sa grand-mère. Elle pensait ne rester que quelques semaines : vider la maison familiale, régler les dernières a...
