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Chapitre 1 Ma vie de merde

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Vanity, Une ville qui aurait pu tous nous sauver, un parti pour l'économie française, pour la classe moyenne comme pour ces glands en costard. Une idée brillante, nous a dit Martin Rom, l'idéal, la perfection pour nous les gueux : plus besoin de cotiser pour enrichir l'État en délaissant leurs frères, leurs amis, oubliant le sens du mot égalité que nous avons tant vénéré dans notre histoire. Et maintenant, en 2855, où en sommes-nous ? La drogue qui venait du Maroc a augmenté son trafic grâce aux Nomades. Le Havre importe toujours du cannabis et plein d'autres choses, et aussi des armes Arasaka qui sont importées en masse, Militaires qui remplacent les forces de l'ordre qui étaient si bien réputées dans ce pays lugubre. Tout ça pourquoi ? Pour avoir un énorme laboratoire pour les corpos et un super divertissement pour les grands de ce pays. De nos jours, plus besoin de jouer aux jeux vidéo ou de regarder les infos pour voir une fusillade dans le bus en marchant ; on peut au moins en voir une par jour, surtout depuis que la mafia espagnole et polonaise ont utilisé cette ville pour y fonder leur royaume. Et vous me direz pourquoi la France ne fait rien pour stopper ça ? Car le jour où on n'arrivait plus à rembourser la dette du pays, devinez qui a eu la brillante idée de la racheter ? Je vous le donne en mille : Martin Rom, il a oublié d'être con.

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que je suis né dans ce trou à rats. La ville est séparée en 4 parties, 4 quartiers : Nord, Ouest, Est, Sud. À croire que le salopard qui a eu cette idée nous prenait vraiment pour des cons, et je suis sûr qu'il a touché un bon chèque pour quitter le pays et s'installer dans un paradis loin des toxines. Je suis né dans le Quartier Nord, dans l'un des méga buildings visibles à des kilomètres. J'ai passé mon enfance avec un abruti qui me servait de meilleur ami, Sophian. Son père venait du bled, sa mère était une femme basique qui travaillait dans les bureaux, comme la plupart des gens de nos jours. Elle devait sûrement servir de bouche à sperme pour les responsables qui se prenaient pour des dieux. Lui et moi, on était une bande, comme disaient les anciens de la tour, des petits cons, des enfants de catin. On passait nos journées à se branler les couilles dans les rues, on volait juste pour s'amuser, on aidait les grands dans leurs affaires : des pots de vin, des colis à livrer, des messages. Et quand on ne passait pas nos journées à foutre la merde, on se regardait une de ces vieilles séries de cyberpsycho, et surtout celle d'une des légendes américaines, Johnny Silverhand, l'abruti de journaliste qui l'accompagnait dans les années 2000 durant l'attaque de la tour d'Arasaka. Et à chaque fois, on avait des étoiles dans les yeux. Nous aussi, on voulait tout niquer et farmer l'aura en baisant tout ce qui passait et en déchargeant de la haine dans un micro pour faire plaisir à tous les toxicomanes qui croyaient que leur vie de merde était due aux corpos, l'excuse de merde pour ne pas dire qu'on est incapables d'aller bosser. Pour lui comme pour moi, notre but était d'être une légende pour cette ville un peu cliché, vous me diriez, mais au moins ça nous a évités l'ennui de devoir trouver un CDI dans un ramasse-merde. On a rejoint la mafia polonaise, je vais vous éviter les détails, tout le monde sait comment marche une mafia.

Au final, c'était juste l'enfance normale d'un gosse de mon époque. Le truc, c'est qu'on n'est pas différents d'un autre, on naît dans la merde et on meurt dans la merde. Je sais, je sais, je suis un mec joyeux, optimiste, mais ça ne change rien, il y a du vrai dans ce que je dis. À l'âge de 18 ans, Sophian nous a quittés, il a sauté d'un toit en consommant l'un de ses nouveaux gaz que l'on trouve dans les bonbonnes de peinture en spray. Il s'est sûrement cru invincible ou qu'il avait des implants capables de voler. Moi, j'essayais de me faire une place chez les mercenaires du quartier nord, de trouver un fixer, un mec qui est censé me trouver un taf en prenant sa part. Au final, on n'a pas tant évolué depuis les années 2000, il y a toujours un con pour vous prendre un bout de votre récompense.

Mais attendez, j'y pense, je ne me suis toujours pas présenté... JE SUIS LE SEUL ET L'UNIQUE YAKO, UN PUR CONNARD DES QUARTIERS NORD, une énorme bite, un as de la gâchette et surtout fauché, pas une thune. Je suis personne, je vis dans un appart miteux, même pas équipé d'une cuisine, et je n'ai même pas l'eau chaude, un pur loser un de c'est petit blanc qui se crois tout permis alors qu'il a même pas de quoi se taper un kebab. Ma vie se résume à peu de choses. Je me lève le matin sur "Never Fade Away", je prends 15 minutes à me préparer. Je sors mes fringues de merde que j'ai trouvées dans l'un de ces stands miteux en bas du bâtiment, que j'ai pour une poignée de crédits. Même mon implant cérébral, je l'ai eu là-bas. Après 15 minutes, j'appelle Andrzej, un de ces Polonais qui a fui la mafia, comme disait mon vieux. Encore un qui vole notre travail, mais il reste un mec sympa et c'est l'un des rois du quartier nord, un des meilleurs fixeurs d'après lui. Grâce à ses talents de négociateur, souvent j'ai le droit à un contrat de livraison ou de tête à prix d'argent facile. Quelquefois, c'est du vol. Je finis mon mois avec souvent 1600 crédits, de quoi payer le logement, l'entretien des implants, l'essence, la bouffe et l'argent que je dois à un Russe à qui j'ai abîmé sa bagnole dans un magasin de sextoys. La voiture était recouverte de lubrifiant et d'objets au sens discutable.          Enfin voilà, j'ai besoin de thune, j'ai surtout besoin de vacances, j'en ai plein l'urètre de courir après l'argent comme un Juif. C'est de l'humour évidemment, ne commence pas à me casser les couilles avec ça. Je ne sais même pas pourquoi j'écris ça sur mon vieux ordinateur comme si j'étais une personne importante qui écrit ses mémoires. Je fais pitié un peu, mais pas plus que les autres. On est tous de grands rêveurs avec une grande gueule, mais la plupart d'entre nous seront oubliés dans la vallée de la honte avec tous ces autres choom.

L'autre jour, j'ai croisé un mec qui était en train de se taper la tête contre le mur comme la plupart des mecs sous l'effet de substances chimiques qui nous font entendre des trucs aussi catastrophiques que des sons d'influenceur ou des produits créés par l'IA. Et ce clochard, sans le savoir, m'a dit un truc qui va m'envoyer dans la merde. De sa voix rongée par la drogue et la cyprine de prostituée mal protégée, il m'a dit : "Gamin, dans la vie, si tu frappes pas le premier, tu finis comme moi."... Quoi, vous attendez un truc réfléchi comme les maîtres japonais dans les vieux films ou les mangas ? Non, non, ça reste un SDF, mais pour autant, il a dit un truc vrai. Je ne veux pas finir comme lui, alors j'ai pris mes deux couilles, j'ai prié pour que le contact marche encore et j'ai appelé l'équivalent du diable sur terre, le SCRIN, une organisation de terroristes d'après l'État et de héros d'après les anarchistes. J'avais récupéré un contact chez eux après un contrat chez un mec à moitié mort chez qui je devais voler une puce de crédit que son ex-femme voulait récupérer. Il me reste seulement ça pour changer ma vie : soit c'est une idée de génie, soit je vais finir la tête empalée devant le grand cirque Vanity pour y divertir les gros tas de graisse qui nous dirigent.

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