Aujourd'hui, c'est mon premier jour de travail au motel. Bien que je n'aie pas eu besoin d'entretien pour être embauché, je suis motivé, j'ai vraiment besoin de ce travail. Je ne connais pas encore mes tâches à accomplir, en fait, je n'ai eu aucune précision de la part du gérant, ni sur mon salaire, ni sur la durée du poste. La seule chose certaine, c'est que je travaille uniquement de nuit. D'ailleurs, je dois partir pour me rendre au motel maintenant.
Alex se munit d'un manteau bien épais, d'un sac à dos et d'une paire de bottines pour affronter la pluie qui tombe dehors, avant de démarrer sa voiture.
La pluie sur le Pinecrest Motel ne tombait pas, elle s'écrasait. Une eau lourde, grise, qui semblait couler directement des cimes noires de la forêt de sapins juste derrière. Coincé entre ces arbres oppressants et une route nationale désertée, le motel affichait un style typique du début des années 2000 : un néon vert fatigué qui grésillait dans la pénombre, des murs en crépi jaunâtre et une odeur persistante de tabac froid mêlée à celle du tapis humide.
Alex resserra les doigts sur son sac à dos. À vingt-six ans, il avait désespérément besoin de ce boulot, même si l'annonce dénichée sur un obscur site internet tenait en deux lignes : « Cherche employé polyvalent pour nuit. Pas d'expérience requise. »
Le problème, c'est qu'après deux heures sur place, Alex ne savait toujours pas ce qu'il était censé faire.
Derrière le comptoir en formica de la réception, Arthur, le gérant, l'avait accueilli sans un sourire. L'homme, dans la quarantaine, au regard fuyant, lui avait simplement tendu un trousseau de clés rouillées avant de désigner vaguement les lieux d'un geste de la main.
— Tu t'occupes de ce qu'il y a à faire, avait-il murmuré d'une voix monocorde. Les clients, les chambres, le reste.
— C'est-à-dire ? Je suis réceptionniste ou concierge ? avait demandé Alex, cherchant un semblant de fiche de poste. Arthur n'avait pas répondu. Il s'était remis à frotter une tache invisible sur le comptoir, le visage plongé dans l'ombre.
Alex n'a aucune expérience dans la réception, ni auprès de la clientèle, il n'y connaît strictement rien. Il ne pensait même pas être embauché. Mais c'est le genre de personne polyvalente qui va découvrir très vite par lui-même comment gérer le motel.
Maintenant, il était minuit passé. Alex se tenait seul dans le bureau de la réception, éclairé par la seule lueur blafarde de l'écran d'un vieil ordinateur cathodique qui tournait sous Windows XP. Le registre des clients était désespérément vide. Personne, aucun appel, aucune réservation, pas même une mouche.
— Il n'y a donc personne d'autre qui travaille dans ce motel, s'exclame Alex.
Soudain, le grésillement du néon s'interrompit. Un silence de plomb s'installa, brisé uniquement par le déluge à l'extérieur. C'est à ce moment-là qu'Alex entendit un bruit mécanique de moteur à travers la vitre.
Un 4x4 noir, phares éteints, venait de se garer lentement sur le parking inondé, juste en face de la chambre 110.
Alex observe à travers la fenêtre de l'accueil, une silhouette se dérobe vers la chambre à l'étage d'en face, puis plus rien.
— Pour être sûr, le planning de réservation est pourtant vide, cette chambre ne doit pas être occupée, dit Alex.
Il se retourne vers le tableau où tous les trousseaux de clés apparaissent, correspondant aux numéros de chambres associés.
— Ah ! La clé de la chambre 108 est manquante. Mais rien sur le logiciel de réservation.
— Je ne suis peut-être pas encore très doué avec ce logiciel, après tout, c'est ma première soirée ici et je n'ai eu aucune explication de la part du gérant. Je lui en reparlerai demain soir.
La nuit se poursuit jusqu'à 6h00 du matin. Alex quitte le motel, sa première journée est terminée, pas un bruit, ni un coup de téléphone, rien du tout.
— La nuit a été longue, si je suis payé à ne rien faire, le poste ne devrait pas être très compliqué pour moi.
Alex monte dans sa voiture, pose son sac à dos côté passager, et rentre chez lui.
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LA CHAMBRE 108
ActionUn thriller psychologique de Maev.K Un simple employé. Un secret qui ne dort jamais. Coincé entre une autoroute déserte et l'ombre oppressante d'une forêt de sapins, le Pinecrest Motel semble figé dans les années 90. C'est là qu'Alex, vingt-six ans...
