D'un doigt, je presse ma narine droite puis, j'inspire profondément la ligne blanche devant moi. Lorsque je me redresse, l'espace se floute. L'effet est presque immédiat. Mon dos s'écrase sur le matelas, les bras écartés. L'apaisement qui suit est total. Un sourire se dessine sur mon visage terne. Toute ma nervosité disparaît au fur et à mesure que la drogue s'immisce dans mon sang. Le négatif s'envole pour laisser place à une accalmie. Mon rictus s'allonge davantage. La cocaïne appuie sur le bouton pause qui se trouve dans mon cerveau. Ma respiration n'est plus qu'un souffle léger, posé, contrôlé. Mes neurones cessent de réfléchir. Dans mon esprit, une danseuse hawaïenne se déhanche de gauche à droite. Mes paupières se ferment. Mon cœur bat contre ma poitrine, lentement, sûrement. Juste pour me rappeler sa fonction première. Avec volupté, je quitte le matelas pour m'envoler à travers les nuages. Tout à coup, je suis entourée de bisounours. Un monde remplit de gaieté et de légèreté. Un endroit qui n'existe que dans ma tête. Malheureusement, la réalité refait surface, trop rapidement à mon goût. Seulement le temps d'apprécier cette évasion fugace, passagère, éphémère.
Le lendemain.
À mon arrivée, les chaises sont disposées en rond. En respirant profondément, je m'assieds sur l'une d'elle. Il y a déjà 3 personnes assises pour une dizaine de place. La capuche sur la tête, je m'enfonce sur celle-ci pour disparaître. Je ne pense pas avoir fait le bon choix. Le cœur battant au rythme de l'angoisse qui me traverse, j'ai soudainement envie de partir. Les deux mains de chaque côté de la chaise, j'hésite. Je suis venue ici pour m'aider à me sevrer mais à quoi bon ? ça fait bien trop longtemps que je me défonce. Bien trop longtemps que je sniffe de la poudre blanche afin de m'évader en dehors du temps. En dehors des problèmes qui rythme mon quotidien. Arrêter relève de l'impossible. Je pense ne pas réellement me rendre compte de la difficulté qui m'attend. Mon cœur bat plus vite. J'en suis incapable. C'est certain. La drogue représente mon échappatoire. De légers tremblements prennent possession de mes mains. Je ne peux pas. Je ne pourrais jamais. Déterminée à quitter ce lieu, je me lève.
Un raclement de gorge me ramène à la réalité. Une dizaine de personnes m'entourent dont une femme brune, les cheveux longs, le nez déformé. Tout le monde me regarde mais sans jugement de valeur. Gênée, je me rassieds.
— Commence, vas-y.
Cette même femme m'encourage. Mes iris se déposent sur chacune des personnes présentes laissant le temps filer sans ouvrir la bouche. Qu'est-ce que je fous ici ? Pourquoi suis-je venue ?
Mes pulsations s'affolent. Je regrette. Je n'aurais pas dû. L'envie de partir, de fuir, de courir, de m'enfermer dans un trou où personne ne peut me retrouver inondent mes pensées. Le visage déformé par la peur qui s'immisce dans mes entrailles, le temps se consume. Seulement, si je pars, je sais que c'est la drogue elle-même qui va me consumer de l'intérieur. Elle fait déjà des ravages. Rapidement, je pose le pour et le contre. Puis, je ferme les yeux pour débuter. Je ne veux pas qu'ils puissent lire en moi le désespoir qui m'anime. J'interdis à quiconque de filtrer mon esprit.
— Bonjour, j'hésite à poursuivre et pourtant, je ne sais pour quelle raison, je continue : je m'appelle Lexa.
— Bonjour Lexa, disent-ils en chœur.
— Pour être honnête, j'ai envie de quitter cette salle. Je ne sais même pas pourquoi je suis venue. La poudre blanche est mon seul subterfuge. Le seul que j'ai trouvé pour réussir à vivre correctement. Si j'arrête, je vais sombrer dans une noirceur infernale. Un truc beaucoup trop terrifiant pour y survivre sans drogue. Certes, c'est un poison. Elle me détruit à petit feu mais il n'y a que ça qui me libère de cette vie de débauche. Il n'y a que ça qui enlève le poids étouffant qu'il y a en moi. Il n'y a que ça.
Je n'ai pas dit grand-chose mais je finis à bout de souffle. Les larmes aux yeux, doucement, j'ouvre les paupières. Certains sont dans le même état que moi. D'autres semblent partager ma peine immense. Beaucoup hoche la tête comme si eux aussi étaient comme moi. Je n'y vois pas de la pitié. Aucune. Un sentiment rassurant me parcourt. Finalement, j'ai envie de rester. Je reste. Je déglutis pour avaler la salive qui s'était accumulée dans ma bouche, je redresse la tête avec la conviction que j'y arriverais. Coûte que coûte, j'anéantirais cette case dans mon cerveau qui me fait reprendre une dose à chaque fois que j'en ressens le besoin. J'anéantirais ce besoin qui est devenue une nécessité absolue. J'anéantirais tous ceux qui ne s'avise rien qu'une seule putain de fois à me donner envie de replonger. Pire encore, j'anéantirais toute la drogue sur cette planète.
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LEXA
RomanceLexa Hash n'est autre que la fille de Rodge et Ava Hash. Elle a grandi entre l'amour de sa mère et la violence de son père. À la tête d'un salon funéraire, il s'était allié à toutes sortes d'hommes infréquentables. Après avoir tout perdu, ils se...
