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La Nouvelle-Orléans. Une ville où le luxe et la pauvreté s'enlaçaient comme deux amants maudits, condamnés à ne jamais se quitter. Dehors, l'air portait le souffle de l'hiver, mêlé à la musique et de péchés assumés. Sous les lumières, le jazz glissait, serpentant entre les pavés, comme une prière profane, portée par les cuivres qui s'élevaient jusqu'aux toits. Ici, tout appartenait à un propriétaire. Les bars, les casinos, les entrepôts, les trottoirs, et même les plaisirs nocturnes. Derrière chaque façade, dans chaque recoin, une main invisible tirait les ficelles. Ces griffes appartenaient à un seul homme : Alaric Ashford. Le souverain silencieux de cette ville qui ne dormait jamais vraiment. Ce soir-là, son pouvoir s'était déplacé vers une autre scène : le Mercedes-Benz. Le bâtiment, d'ordinaire dédié aux supporters bruyants, avait été métamorphosé en temple du luxe. Un sanctuaire dédié à la beauté comme si on vénérait des divinités. Le podium scintillait sous les projecteurs, comme si des milliers de pierres précieuses s'y étaient déposées. L'allée centrale s'étirait, majestueuse, accueillant le défilé des femmes les plus convoitées, drapées de créations signées par les couturiers les plus enviés du monde. L'odeur des parfums coûteux flottait depuis les zones VIP, où se murmuraient ragots, alliances et ambitions. Un brouhaha étouffant, saturé de regards calculés, où chaque visage noble dissimulait un prédateur. Les conversations n'étaient que des armes prêtes à être dégainées à la moindre faiblesse. Dans les coulisses, une fourmilière d'assistants, de techniciens et d'agents de sécurité s'activait, prête à accueillir la reine du défilé. La pièce maîtresse. Celle que tous admiraient, mais que seul un homme convoitait réellement. C'est elle qu'Alaric attendait patiemment dans sa loge surélevée, dissimulé derrière des vitres teintées. Impeccable dans son costume trois pièces de couleur noir, il restait immobile, sûr de lui. Comme une statue sculptée dans le marbre. Sa silhouette avait ce "quelque chose en plus", que les autres prédateurs n'avaient pas : une assurance glaciale, une maîtrise absolue, une présence qui imposait instinctivement le silence. Il consulta une seconde fois sa montre de luxe. Puis, ses yeux bleus, froids et méthodiques suivaient le ballet des mannequins défilant sur l'allée centrale. Les silhouettes s'illuminaient sous les flashs aveuglants des photographes. Rien ne devait trahir que cette rencontre avait été orchestrée minutieusement par un prédateur patient. Des mois de préparations, de calculs, de recherches pour sceller une nouvelle alliance. Alaric n'avait besoin que d'une seule chose pour réaliser ce projet : un collier de diamant. Le plus précieux de toute la Nouvelle-Orléans. Et ce soir, il serait au cou de la reine du défilé.

Freya Callahan.

L'homme l'avait étudié sous tous les angles, avait appris son nom comme on retient une fable, comme on cartographie un territoire avant de le conquérir. Cette femme n'était pas seulement une top-modèle adulée. Elle possédait une silhouette sculptée avec grâce, façonnée pour la lumière. Une allure féline capable de faire plier n'importe qui autour d'elle. On disait qu'elle marchait sur les podiums comme une souveraine sur son royaume. Et Alaric espérait qu'elle soit comme les autres. Naïve. Docile. Facile à faire céder. Facile à posséder. Après tout, les reines finissaient toujours par s'agenouiller devant leur roi. Les lumières s'éteignirent d'un coup, plongeant la salle dans un silence chargé d'électricité. Un unique projecteur s'alluma, découpant la silhouette d'une femme dans l'obscurité. Elle. Alaric la détailla avec une attention particulière, presque clinique. Il était impossible d'ignorer sa beauté : ses longs cheveux noirs glissaient sur ses épaules comme une cascade d'encre, aussi obscurs qu'une nuit sans lune. Ses yeux verts, profonds et insondables, évoquaient les entrailles d'une forêt ancienne. Il s'attarda sur ses lèvres rouges, pleines, qui appelaient un baiser. Mais ce fut le collier, étincelant à son cou, qui retint son regard. Le bijou qu'il lui déroberait dès qu'elle serait seule dans sa loge. Tout était prêt. Tout avait été calculé. Et pourtant, une pensée s'insinua dans son esprit : que pouvait-il se passer de mal ?

The Vultures [Tome 1 : Les prédateurs ]Histórias para pegar e não largar. Descubra agora