Prologue

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- Jake ! Viens là !

- Oui, mamie, j'arrive...

- Encore devant la télé, je suppose ?!

- Mais mamie, tu as vu les infos ? Ils montrent notre pays. Tu te rends compte comme c'est beau, les États-Unis ! Je pourrais sortir un jour, mamie ?

- Non ! Jake, tu restes à la maison ! À moins que tu ne veuilles finir comme ta mère et ton père ?

- Mamie, arrête avec cette histoire...

- Et pourquoi donc ? N'est-ce pas pour cela que tu regardes les infos tous les jours ? Pour te rappeler tes parents, journalistes à la télé, qui se sont fait tuer en public par des manifestants ?

- Mamie, arrête !!

Jake courut dans sa chambre et claqua la porte derrière lui.

Cela fait déjà trois ans que mes parents sont morts. Depuis, je vis chez mes grands-parents et je ne sors jamais. Je ne vais même plus en cours, tout ça parce que mes grands-parents ont peur de ce qui pourrait m'arriver. Je reste devant la télé toute la journée et ne dors presque pas. Comme je les envie, tous ces gens qui peuvent se plaindre d'aller à l'école ou même d'avoir des parents stricts... Moi, je n'ai rien de tout ça.

Je rallume la télé et m'installe dans mon canapé bleu, qui me rappelle la mer - que je n'ai jamais pu voir en vrai - car je suis prisonnier de cette maison... J'aimerais tellement profiter de la vie.

Depuis le temps que je regarde les infos, j'ai remarqué un truc : ils ne parlent toujours que des mauvaises choses. Mais cela ne me déplaît pas tant que ça. Au moins, je me dis que je ne suis pas seul à souffrir dans ce monde. Aujourd'hui, c'est au tour des États-Unis de dévoiler leurs mauvaises nouvelles du moment...

La télé grésille plus que d'habitude avant de s'allumer. Et quand elle s'allume enfin, je me dis qu'elle aurait peut-être dû ne jamais s'allumer. La caméra montre des scènes horribles, les morts s'enchaînent !! C'est la folie dans la ville, il y a des gens partout. La plupart tombent raides morts. Les sirènes des ambulances hurlent dans toute la ville. Que se passe-t-il ? Tout cela est-il vraiment réel ou est-ce mon imagination qui me fait halluciner ?

Le cri apeurée de la journaliste me glace le sang.
Le plan change, on voit les hôpitaux pleins et les médecins débordés.
Enfin, jusqu'à ce que quelqu'un dise :

- Il n'y a plus rien à faire... C'est une crise cardiaque.

Après ça, les autres se regardent, choqués. Tous les patients meurent les uns après les autres d'une crise cardiaque.

- Que se passe-t-il ?! m'écriai-je, comme si quelqu'un allait me répondre !

Puis ce fut au tour de la journaliste... Morte elle aussi d'une crise cardiaque en public, devant les caméras, sans aucun assassin.

- Alors comme ça, tous les journalistes ne meurent pas assassinés... me dis-je avec un air de mépris dans la voix, en pensant à mes parents.

Puis, d'un coup, j'entendis un léger vent dans mes oreilles... Je me retournai pour fermer la fenêtre et la découvris déjà fermée. D'où venait ce bruit ? Il recommençait sans cesse... Comme une brise qui te prévient d'un danger imminent.

La mort ne me faisait pas peur. De toute façon, à quoi bon vivre cette vie enfermé entre quatre murs, avec toujours cette même journée monotone et sans intérêt ?

- Si seulement j'avais pu profiter d'une vie que j'aurais choisie, pas d'une vie comme celle-ci...

Puis plus rien... Le vide total.
J'étais mort, moi aussi, d'une de ces crises cardiaques.

"Et c'est ainsi que je suis mort... Pour enfin commencer à vivre."

Le Nexus : Bâtisseur d'âmeStories to obsess over. Discover now