so come inside and be with me

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Le lit de mort de Mikasa ne l'est pas vraiment.

Un lit de mort, ça implique d'y mourir. Or Mikasa s'est éteinte il y a longtemps ; bien avant son mariage, bien avant la naissance de ses enfants et de ses petits-enfants, avant l'apparition de ses premières rides et des prouesses technologiques qu'elle n'a jamais su s'approprier. Le corps étendu sur ces draps puis entre les quatre planches de son cercueil n'est que l'enveloppe vide d'une âme qu'elle a rendue à la nature des décennies plus tôt, enterrée au pied de cet arbre où tout a commencé et tout s'est terminé.

Le temps ne s'arrête pas quand on meurt. Mikasa a observé le phénomène de ses yeux. Elle a regardé sa peau flétrir et ses cheveux s'éclaircir, ses amis vieillir et la génération suivante grandir. La Terre a continué de tourner comme si sa raison personnelle de fouler son sol n'en avait pas définitivement disparu ce jour-là, en même temps que les milliards d'hommes et de femmes piétinés par les échecs de la soldate qu'elle a été. Au fil des décennies, le bon comme le mauvais n'est devenu qu'un souvenir trop précieux pour être conté. Pour Mikasa, la vie s'est mue en une longue attente même avec tout ce qui l'a longtemps retenue ici bas, et quand son corps vieilli et fatigué de toutes ses quêtes a commencé à défaillir, personne ne lui en a voulu de l'accepter si facilement.

Son lit de mort n'est qu'un lit. Le même qu'elle a occupé pendant plus de soixante ans, à supplier souvent - lors des nuits les plus mauvaises, mais elles le sont toutes - que les draps s'animent et l'étouffent dans son sommeil puisque rien d'autre n'a jamais su la tuer. S'y éteindre pour de bon est sa vengeance personnelle. Sous la fenêtre entrouverte sur ce qu'il reste de sa campagne verdoyante, Mikasa ferme les yeux et n'entend ni les grues au travail plus loin dans la ville, ni les moteurs des voitures. Seulement le vent qui secoue les feuilles du grand arbre, un bruissement d'ailes quelque part entre ses branches.

Son lit de mort n'est qu'un lit, et quand son cœur s'arrête enfin, pour Mikasa qui a déjà tant supplié, c'est un peu comme rentrer à la maison.

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𝗢𝗡𝗖𝗘 𝗠𝗢𝗥𝗘 𝗧𝗢 𝗦𝗘𝗘 𝗬𝗢𝗨 ; eremikaLa tua prossima ossessione. Scoprilo ora