Epilogue

46 15 3
                                        

Bonne lecture

-----

L'ombre 

La pluie tombait en fines gouttelettes sur la ville silencieuse, comme un rideau léger qui séparait Aria du reste du monde. Elle aimait marcher seule la nuit. Les rues désertes, les lampadaires vacillants, et le bruissement constant de l'eau contre le bitume lui donnaient l'impression d'exister dans une parenthèse hors du temps. Ici, personne ne pouvait la voir. Personne ne pouvait la juger.

Elle serra son manteau autour d'elle et accéléra le pas. Ce soir-là, pourtant, elle n'était pas seule.

Dans l'ombre d'une ruelle, Als observait. Caché dans un coin plongé dans l'obscurité, il suivait Aria du regard, ses prunelles brillantes d'une intensité inquiétante. Ce n'était pas la première fois qu'il la voyait. Pas la première fois qu'il la suivait. Mais c'était la première fois qu'elle était si vulnérable, si... parfaite.

Chaque mouvement qu'elle faisait, chaque balancement de ses hanches, chaque battement de ses cils devenait une note dans une symphonie silencieuse qu'il semblait être le seul à entendre. Il savait que c'était mal. Il savait qu'il ne devait pas être là. Mais c'était plus fort que lui. Aria n'était pas comme les autres. Elle était... sienne.

Aria s'arrêta soudain, sentant une présence, un poids invisible qui pesait sur elle. Son souffle se bloqua dans sa poitrine. Elle tourna la tête, scrutant l'obscurité derrière elle, mais il n'y avait rien. Juste la rue vide, éclairée par les halos tremblotants des lampadaires.

- Du calme, murmura-t-elle pour elle-même. Tu te fais des idées.

Mais son instinct criait le contraire.

Als se recula davantage dans l'ombre, se retenant de tendre la main. Ce n'était pas encore le moment. Pas encore. Mais bientôt.

Très bientôt.

Aria reprit sa marche, son rythme plus rapide cette fois. Une partie d'elle avait envie de courir, mais elle ne voulait pas céder à la peur. Et pourtant, elle ne pouvait pas se débarrasser de cette sensation. Comme si quelqu'un lui volait des morceaux d'elle à chaque pas, à chaque souffle.

Elle finit par atteindre son appartement, une petite pièce nichée au troisième étage d'un immeuble délabré. Les murs gris étaient écaillés, et l'escalier grinçait sous ses pieds. Mais c'était chez elle, son refuge. Une fois à l'intérieur, elle ferma la porte à double tour, son cœur battant encore trop vite.

Ce qu'elle ne savait pas, c'est que l'ombre d'Als l'avait suivie jusqu'ici.

De l'autre côté de la rue, il se tenait, immobile, les mains dans les poches, la capuche de son manteau dissimulant son visage. Ses yeux, cependant, étaient rivés sur la fenêtre d'Aria, où la lumière venait de s'allumer.

Elle ne savait pas qu'il serait toujours là à l'observer dans l'ombre.

Aimant Maudit Where stories live. Discover now