Chapitre 1: 2018 (présent)

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Il est 5h00 du matin, en ce lundi 18 décembre 2018. Mathias s’est réveillé à cause du froid qui lui brûle la peau. De son petit salaire de boulanger, il n’a pas de quoi subvenir à tous les besoins de sa fille, dont payer le chauffage. Il se lève, en prenant soin de ne pas réveiller Mila, puis il l’enveloppe dans de plus chaudes couvertures. Après s’être douché à l’eau chauffée par les fours de sa cuisine, il descend de son appartement. En bas se trouve sa boulangerie, encore sombre à cause du soleil d’hiver. Mathias se lave les mains puis enfourne les pains. Ensuite, il commence sa routine de début de journée : préparations des pâtisseries, ouverture du comptoir…

Aux alentours de huit heures, l’homme va réveiller sa fille pour l’emmener à l’école. Malgré le peu d’argent qu’il gagne, l’éducation de sa fille passe avant tout. Mila sait que son père fait tout ce qu’il peut pour subvenir à ses besoins, donc elle se montre très gentille envers lui. Elle est très intelligente, et a compris que Mathias commençait à manquer d’argent. Elle fait donc son possible pour ne pas le décevoir à l’école, et fait la sourde oreille envers les moqueries qu’elle reçoit sur ses habits un peu trop petits, parfois couverts de farine.

Notre boulanger n’est pas seul à tenir son petit magasin. Sa vieille voisine Mme Duret, comptable retraitée qui est aussi sa logeuse, s’est proposée pour l’aider à tenir la caisse. Mathias, quant à lui, s’occuper de cuisiner. Le seul problème que lui cause cette présence est qu’il doit lui offrir un salaire, presque la moitié de ce qu’il gagne.

Avant la séparation de Marina, il vivait plus confortablement. A l’époque, sa boulangerie était plus réputée car son ex-femme avait installé sa boutique de fleurs juste à côté. Les gens étaient attirés par la bonne odeur du pain frais et des tulipes. Maintenant, les habitants étaient plus vieux, et perdaient leur amitié avec Mathias.

- Mathias, je comprends qu’en ce moment, tu as du mal à joindre les deux bouts. Mais tu devrais quand même garder en tête que si cela continue, tu devras mettre la clé sous la porte. Le prix du loyer s’élève car les impôts grimpent aussi. Je n’ai pas le choix, Mathias… Je suis vraiment désolée… lui dit d’une voix douce Mme Duret.

- Il faut que j’aille chercher Mila, lui répondit-il d’une voix brute.

Le sujet de l’argent n’était pas une conversation agréable pour Mathias.

Il sortit donc de sa boutique, et marcha jusqu’au parc du village. Là-bas, il s’assit sur un banc, leur banc. A côté, sur l’arbre, une gravure qu’il ne pourrait jamais oublier.

M+M

Pain perdu Where stories live. Discover now