L'aube de l'enfer

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Le passé me rattrapera toujours, peu importe combien je tente de lui échapper. Fuir à l'autre bout du monde ne changera rien ; certaines personnes trouvent toujours un moyen de revenir hanter votre vie.

La personne que je redoutais le plus ne me laisserait jamais en paix.

Mon père était à Manhattan. Depuis la mort de ma mère, je ne l'avais plus jamais revu, et ça me convenait parfaitement. Je n'avais aucune envie de croiser son regard, d'entendre sa voix, ni même de prononcer son nom. Pour moi, il appartenait au passé... un passé que j'avais essayé d'enterrer.

Mais lui refusait de comprendre que je le détestais. Pourtant, c'était évident. Il n'était rien d'autre qu'une ordure, un homme qui avait détruit bien plus de choses qu'il ne voulait l'admettre. Le pire, c'était que personne ne semblait le voir. Aux yeux des autres, il était différent. Moi, je savais qui il était réellement.

J'avais passé des années à croire que la distance suffirait à me protéger. Que des milliers de kilomètres pourraient m'offrir la paix que je cherchais depuis si longtemps.

J'avais tort.

Parce qu'en descendant de chez moi quelques minutes plus tard, je n'étais pas préparée à voir l'homme que je pensais ne plus jamais revoir.
Mon père m'attendait.

— Coucou, mon lapin, papa est de retour, dit-il d'une voix mielleuse.
(Mon souffle se coupa. ) Cet enfoiré.
— J'ai vraiment pas le temps de discuter, là. J'ai des heures sup au boulot pour payer mes études, puisque tu n'as même pas été foutu de le faire.
(Il esquissa un sourire narquois.)

— Tu m'en veux encore pour la mort de ta mère, c'est ça ? Sérieusement, tu ne crois pas qu'il serait temps de passer à autre chose ?
Et en plus, tu t'épuises à enchaîner les petits boulots pour payer tes études... À quoi bon ? Tu n'as pas besoin de te donner autant de mal pour gagner de l'argent.
Tu finiras comme ta mère, mon lapin. c'est certain.

Ces mots se gravèrent dans ma tête, mais je fis de mon mieux pour ne rien laisser paraître. Je refusais de lui donner ce pouvoir sur moi, comme avant. Je n'étais plus le petit lapin fragile qu'il avait connu. Sans un mot, je lui tournai le dos et m'éloignai. Je ne savais même pas comment j'avais réussi à ne pas lui éclater la tête contre le mur. Cet homme n'avait rien d'un père. J'avais juré de ne plus jamais me laisser faire. Pourtant, encore une fois, la peur m'envahit. Il ne pouvait rien me faire ici, en public. Rien du tout. Et malgré ça, je n'ai rien fait. Pas même défendu la mémoire de ma mère. Au fond, je n'étais qu'un fragile lapin, comme il disait.
Je pris une profonde inspiration, prête à affronter une nouvelle soirée difficile. Travailler dans cet endroit rempli d'hommes ivres et lourds, c'était un calvaire, mais je n'avais pas le choix. C'était le seul boulot qui correspondait à mes horaires d'étudiante.

À peine sortie des vestiaires, je sentis une main s'agripper à mon bras.

— Mademoiselle ! dit une voix derrière moi.
Surprise, je me retournai vivement. Un homme se tenait là.
— Votre père m'a dit que je vous trouverais ici. Je me suis permis de venir avant que vous commenciez votre service.
(Je le coupai, glaciale.)
— Pardon ? Comment ça, "mon père" ? Je ne vous connais pas et je ne vous dois rien.
(Son regard se fit plus perçant.)

— Justement, si. Votre père a fait un pari... et il a perdu. Ce qui veut dire que vous devez travailler pour nous, pour rembourser sa dette.
(Mon monde s'écroula en entendant ces mots.)

— Je sais, c'est un choc, mais si vous refusez, votre père sera tué... et vous aussi.
Mon corps se mit à trembler. Ma tête bourdonnait, mes oreilles sifflaient, mes jambes vacillaient. Il avait osé me faire ça. Après avoir ruiné la vie de ma mère, il voulait désormais me piéger, moi. Il voulait que je sois aussi naïve qu'elle, que je devienne son petit lapin, docile et sans défense. Non ! Il n'avait aucun droit de me faire ça, aucun. J'étais sa fille, et il me traitait comme une vulgaire marchandise encore une fois .

la muerte no detiene el amorStories to obsess over. Discover now