I - Ignorance

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<< Si tu pouvais avoir toutes les filles que tu veux. Ton cœur pencherait-il toujours vers elle ? >>

<< Qu'est-ce qu’elle veut me faire, encore ! >>, pense-t-il quand elle approcha dangereusement son visage du sien... Il a tout des symptômes de cette maladie camouflée sous le doux nom d'amour ; le rythme cardiaque accéléré, les idées qui perdent de leur clarté, bref vous voyez de quoi je veux parler. Mais cela n'a pas toujours été tout beau tout rose. Comme toute histoire, il y a eu un commencement, mais dans celle-ci ?? Il était incongru. C’était au primaire... oui, c'est un peu tôt, un peu trop tôt même. À cette époque, l’immaturité était le mot d'ordre et le terme amour était plus considéré comme tabou et sujet de raillerie pour quiconque tombait dans ce piège.

C'était lors de sa dernière année de primaire qu'il commença à développer des sentiments pour elle, (Très précoce). Elle s'était : Ruby ; lui c'était moi plus jeune : Éden. Aujourd'hui, nous avons tout deux atteints nos 16 ans, dont 8 années durant lesquelles mon ignorance a eu raison de moi à plusieurs reprises.

(12h30, fin de cours)

"Je lui ai laissé un petit message dans son sac pendant la recrée, je sais c'est intrusif mais bon, j'espère qu'elle l'a lu." Depuis le début de l'année je fantasmais sur elle, pourtant je l’ai connu 2 ans auparavant, notre amitié n'était pas vraiment spéciale, je dirais même qu’on était comme chat et souris, mais cette année n’était pas la même ; je ne saurais moi-même l’expliquer... les hormones peut-être. Je vais l'attendre au lieu convenu dans la lettre : les escaliers menant au toit de l'école.

(10 minutes plus tard)

Toujours rien... C’était peut-être stupide de ma part ; mince, mon père a dû m'attendre longtemps en plus, il va voir tout le monde dehors sauf moi je dois trouver une belle excuse sinon je doute d'être sur mes deux jambes pour le reste de la journée... "euh j’étais aux toilettes" voilà c'est ça l’excuse. Perdu dans mes pensées, je ne m'étais pas rendu compte que je parlais à voix haute jusqu'à ce que quelqu'un me le fasse savoir... "Ruby ?", disais-je d’une voix tremblante. Elle me regardait comme-ci j’étais une bête curieuse, ma lettre à la main, elle me la tendit et s'en va sans placer un mot. Extrêmement gêné, je pense ne m'être jamais senti aussi honteux que ce jour, je serre la lettre dans ma main de toutes mes forces, les larmes chaudes coulantes sur mes joues, gémissant d’incompréhension.

Alors, je pris le reste de ma fierté, descendis les escaliers et me dirigeai vers la sortie, voyant mon père m'attendre les bras croisés, le visage affaisé par quelques rides de colère, ainsi que le front suant dû à la chaleur de la journée. Je m'avance d’un pas fébrile vers lui sachant très bien ce qu'il allait faire, sans attendre il m’attrapa par les joues dès que je me présentai en face de lui, avant de gueuler à tout va comme quoi je le fuyais et que j’étais têtu, il était même prêt à me frapper, mais grâce à l’intervention du surveillant général, il ne pu lever la main sur moi.

Malgré cette scène qui semblait offusquante aux yeux des gens, moi ça ne m’atteignait presque pas, mon père est de nature colérique et exigente sur tous les plans. Certes, j'avais mal mais la douleur était atténuée par l'habitude et en plus j'étais déjà bien triste de ce qui s'était passé sur les escaliers.

Je rentrai alors à la maison avec père, le reste de la journée était plutôt classique pour un élève : manger, faire ses devoirs, dîner, prier et au dodo à 20h30 ; d’accoutumé je fuyais le sommeil, mais cette nuit, le sommeil pris sa revanche en fuyant à son tour. Cette nuit j’aurais aimé m’en fuir de cette réalité parce que la suite des événements est une véritable douce souffrance.


(Le lendemain, 7h15, 15 minutes avant le début des cours)

"Eden, l’amoureux ! Eden l’amoureux !", c'était ça le sujet du jour. En pas moins de 24h, toute la classe était au courant. Les premières personnes qui commencèrent avec ce chant furent: Kim et Saphir ses amies proches. Toute la classe les a suivi après, je voulais m’évanouir... d'ailleurs la 2e concernée n'était pas encore présente. Sa majesté ne se pointait jamais à temps, et cette fois-ci, c'était pas plus mal comme ça, je n'imagine pas qu'elle me voye "rougir" ainsi...

(Le grincement de la porte se fait entendre jusqu'au fond de la classe... ), ce n’est que le maître, je n'ai jamais été aussi heureux de le voir franchir la porte.

(Déroulementdu cours)

Pendant que toute la classe suivait la leçon du maître, moi j’étais perdu dans mes pensées : "Où est-elle ?", "A-t-elle été kidnappée ?", "Oh non elle a sans doute changé d'école !". Sans laisser mon imagination aller jusqu'au bout, quelqu'un frappe à la porte, le prof contrarié du fait qu'on l’ait interrompu, dit d'une voix sèche : "Entrez !".

La porte s'ouvre et...

Mélodie d'un Amour InaccompliStories to obsess over. Discover now