I - J'veux pas de toi

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Je m'apprête à partir au lycée étant à la bourre comme tous les matins quand évidemment, je ne trouve plus mes chaussures.

- Jenna ?! T'as pas vu mes bottines noires à talons ?! Hurlais-je à travers toute la maison.

- Elles sont sous l'escalier Lula, tu habuses à ne jamais faire attention à tes affaires. Rétorque-t-elle agacé.

- Merci beaucoup, désolée d'avoir gueulé mais j'suis en retard.

- Comme d'habi..

Je ne la laisse pas terminer sa phrase, je n'ai pas le temps, que je m'empresse de me diriger vers le lycée. Un peu avant la rue bordant mon établissement scolaire, je m'arrête à un banc où je m'installe pour m'allumer ma clope.

Une toute petite lune est tatouée sur mon pouce appartenant à ma main gauche, ce qui fait que j'ai appris à toujours fumer de cette main.

Avec 15 bonnes minutes de retard je me dirige vers l'étage d'histoire ou a lieu mon tout premier cours de l'année. Je me dépêche un peu parce que je ne voudrais pas que Jenna ai un appel du lycée dès mon premier jour.

Jenna c'est ma tutrice, elle m'a prit sous son aile quand j'avais 16 ans, elle était venue au foyer pour s'occuper d'une affaire d'agression dont j'étais la victime. Suite à cette histoire on est devenue inséparable, c'est comme ma grande sœur, et elle n'a que 34 ans alors forcément ça facilite la relation qu'on a. Elle est avocate donc elle gagne bien sa vie, elle n'a pas de problème pour les frais que j'apporte. Même si je ne coûte pas chère du tout, je suis consciente de ma chance d'être tombée sur elle et je ne suis pas du genre à profiter des gens, elle est tout ce que j'ai et c'est la seule personne dans ce putain de monde à qui je tiens.

J'arrive devant ma salle d'histoire quand je m'apprête à frapper mais que j'entends une voix cassée horriblement craquante derrière moi.

- Attends. Dit la voix cassée.

Je me retourne, et tombe nez à nez avec un garçon que je n'avais jamais vu auparavant, il est grand, je dirais 1m80, châtain, yeux gris, habillé style classe mais décontracté en même temps, le bras gauche entièrement tatoué.

Je le regarde et le fixe d'un air interrogateur.

- Qu'est ce que tu m'veux ? Demandais-je agacé par son silence.

- Je suis en Terminal L 3, je débarque dans ce lycée de merde et j'me suis perdu.

- T'es là. Annoncais-je en indiquant ma salle du bout du doigt.

- Ok merci. T'as pas une clope ?

- Tu veux pas non plus que je te donne des thunes ?

- Calmes toi princesse je t'ai juste demandé une clope.

Notre conversation est interrompu lorsque notre professeur d'histoire ouvre la porte et se retrouve face à nous.

- Je peux savoir pourquoi deux de mes élèves bavardent devant ma salle comme s'ils étaient chez eux ? Demanda notre professeur, se tournant vers le nouveau puis vers moi.

- C'est pas d'ma faute monsieur, j'allais entrer en cours quand..

Je fis interrompu par la voix sarcastique et désagréable de mon prof d'histoire.

- Je ne veux rien entendre, je ne vous acceptes plus en cours à cette heure-ci. Allez en étude. Nous ordonne-t-il comme si nous allions lui obéir.

Je décide donc de tourner les talons et de sortir pour fumer, quand je m'installe enfin tranquillement sur mon banc, une voix que je connais déjà trop bien m'interpelle.

- T'étais prête à me balancer avant, ça s'fait pas vraiment. Me lance le nouveau.

- J'en ai strictement rien à foutre de ce que tu penses, à vrai dire. Retorquais-je, sans réellement lui prêter attention.

- Je vois que tes parents t'ont bien éduqués. Tu dois être une sacré pourri gâtée pour te permettre de me parler comme ça à moi.

Mon sang ne fait qu'un tour et mon cœur se serre. Je me lève brutalement et sans réfléchir à ce que je suis en train de faire je vais écraser ma cigarette contre le bras de celui qui m'a offensé.

- AAAAAH MAIS T'ES MALADE ! Hurle-t-il fou de rage.

- C'est pas bien de parler de chose qu'on sait pas. Maintenant tu fermes ta gueule et tu m'fou la paix. Repondis-je en riant d'une façon hypocrite.

Il s'avance vers moi d'un coup, et m'attrape par la taille pour me mettre sur son épaule comme si j'étais un vulgaire sac, mes coups et ma façon de me débattre n'ont absolument aucun effet sur lui, il s'approche de la fontaine qui se trouve dans le parc en face de mon lycée, et me jette dedans tout en éclatant de rire.

- Mais t'es vraiment qu'une grosse merde ! Hurlais-je comme une furie.

- Fermes la un peu, tu supportes pas qu'on te tienne tête, tes potes te supportent comment ? Me lance-t-il sûr de lui.

- Si tu savais seulement qui j'étais, tu saurais que je n'ai besoin de personne et que par conséquent je suis toujours seule.

- Tu vas me faire croire que tu n'as aucun ami ?

- Pourquoi ça semble si difficile à croire ?

- Parce qu'on a tous besoin de quelqu'un, on s'enterre pas tout seul.

Il me fixe attendant une réponse, que je ne lui donne pas.

- Ah, et au passage je m'appelle Adrien, pas "le nouveau". Ajoute-t-il avant de tourner les talons pour s'en aller.

Je le laisse partir sans rien dire, je m'en fou de son nom, ce gars est exécrable et à cause de lui je vais sûrement tomber malade.

En rentrant chez moi Jenna m'a questionné pour mes vêtements trempés mais j'ai inventé un mensonge qu'elle a cru comme à chaque fois que je lui mens. La semaine s'est passé normalement, j'ai évité Adrien au maximum, pour éviter sa tête de con, ses cheveux en bataille, ses yeux si profond, ses lèvres tellement.. Qu'est ce qui me prend ?

En une semaine il a réussi à devenir le mec pour qui toutes les filles se battent, il est mauvais garçon, affreusement sexy, et terriblement canon. Mais elles n'ont aucunes chances, il ne sort avec personne de ce genre la, du moins j'espère. Il faut vraiment que j'arrête de penser comme ça.

Le week end d'après y a la fête de début d'année du lycée, comme tous les ans y en a deux, une au début et une a la fin. Tout le monde y va, ça dure toute la journée et le soir ça termine toujours chez Jackson le mec le plus con et le plus riche du lycée qui a une villa pour maison et une piscine creusée olympique. Il est a quelques centaines de mètres du lycée.

Et comme chaque année, ça termine mal.

LulaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant