Chapitre 43 - Confrontations

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— Je suis désolé de te dire ça, petite soeur, mais tu es d'une compagnie absolument assommante...

Eleanor n'accorda même pas un regard à son frère. Une seule journée s'était écoulée depuis son premier réveil dans la tour, pourtant il lui semblait être ici depuis des années. Manik avait beau se plaindre, elle doutait que son ennui soit supérieur au sien. Assise sur le plancher, toujours retenue par une chaîne fixée au mur, elle ne pouvait qu'attendre.

Attendre que Clark reçoive la lettre que Manik lui avait fait parvenir. Attendre qu'il décide éventuellement de venir jusqu'ici.

Même si sa situation était désespérée, la louve souhaitait sincèrement que Clark ne vienne pas. Elle refusait qu'il se mette en danger et surtout... Il était hors de question qu'il entende la proposition de Manik. Elle était cependant certaine qu'il viendrait. Loin d'elle l'envie de s'accorder trop d'importance, mais elle savait qu'il ne resterait pas sans rien faire.

— Tu pourrais au moins me demander des nouvelles de mes enfants, fit son frère en traversant la pièce pour ouvrir la fenêtre. Tu n'as donc rien à faire de tes neveux et nièces ?

Par chance, la plupart du temps, Manik ne lui adressait pas la parole. Il ne l'approchait que pour détacher sa chaîne du mur et l'accompagner aux toilettes, tel un chien que l'on promènerait en laisse. La jeune fille avait songé à se rebeller lors de ces brefs moments où elle n'était pas retenue à la paroi, or son frère pointait toujours une arme sur elle. Elle n'était seule que dans la salle de bains, où Manik avait pris soin de retirer tout objet dangereux.

Une fois qu'elle était de nouveau prisonnière dans son coin, le futur alpha du Rubis rangeait la clé des menottes au fond de sa poche. Il s'asseyait ensuite à une table et étudiait des documents. Il avait beau faire mine de travailler, Eleanor savait qu'il détestait accomplir les devoirs liés à sa position.

— Ils sont pourtant très mignons, continua-t-il de monologuer. Je ne pensais pas réussir à supporter des enfants, mais au final, ce n'est pas si terrible... Surtout quand on ne les voit que trois ou quatre fois dans l'année.

Il rit comme l'idiot qu'il était, tandis que la louve levait les yeux au ciel. Aussi triste que pouvait paraître cette idée, elle supposait que les enfants de Manik étaient bien mieux sans leur père. Plus tard, lorsqu'ils seraient propres et moins brailleurs, il ne manquerait pas de se charger de leur éducation. Il pourrait ainsi les façonner à son image.

— Si ton Grand Alpha ne veut pas de toi, tu pourras toi aussi avoir de jolis petits louveteaux. Le père de Taresh est veuf depuis trop longtemps maintenant, et il est demandeur d'une jolie épouse toute neuve...

Elle le foudroya d'un regard plus noir qu'un orage.

— Plutôt mourir, cracha-t-elle.

Elle savait que c'était exactement le genre de réaction qu'il voulait obtenir, mais c'était plus fort qu'elle.

— Oh, ne t'inquiète pas, ricana-t-il. Si tu tiens si peu que ça à ta vie, j'y mettrais volontiers un terme.

Il s'adossa au mur près de la fenêtre et croisa les bras. Le voir si tranquille était insupportable, d'autant plus qu'Eleanor était épuisée. Entre ses pensées agitées et le sol dur sur lequel elle reposait, elle n'avait presque pas dormi de la nuit. Ses douleurs n'étaient pas si terribles qu'après un entraînement avec Gretchen, mais elle se sentait quand même horriblement faible.

— D'ailleurs, j'espère que ton Clark a bien compris qu'il devait venir seul, sinon il sait à quoi s'attendre. Si je sens qu'il prépare la moindre entourloupe, tu n'auras bientôt plus à te préoccuper d'un mariage avec un loup boiteux.

Soleil d'Argent [TERMINÉ]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant