Prologue

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12 Décembre 1910

Le froid glacial du mois de décembre avait pris place dans les rues de Londres. Une forte brise soufflait, piquant les joues des passants qui osaient s'aventurer dehors sans écharpe ou manteau, et la neige avait recouvert le pavé, installant une belle ambiance de Noël. Malheureusement, Ce mois-ci n'était pas synonyme de "fête de famille" ou de "détente" pour tout le monde.

Dazai se laissa glisser contre la porte d'entrée de son appartement dans un long soupir. La journée avait été effroyablement longue. Celle-là et toutes les précédentes d'ailleurs. Le bar où il travaillait avait encore une fois dépassé le nombre de clients pouvant être (légalement) présents. Cet endroit avait toujours eu du succès mais c'était à cette période de l'année qu'on pouvait pleinement le constater. Le lieu avait été plus que plein, avec six personnes entassés sur des tables destinées originellement à des couples, si bien que les serveurs avaient travaillé dans une atmosphère pesante. Ils avaient exceptionnellement dû fermer aux alentours de quatre heures du matin, environ trois heures après l'heure habituelle. Et maintenant, Dazai rentrait avec une migraine et une cheville endolorie à force d'avoir trébuché sur des tables dans l'unique but de rentrer avec une paie convenable en poche. La seule envie du brun en ce moment était de déboucher sa meilleure bouteille de son vin rouge favori, un superbe Pinot rouge de Litmus tout en lisant le journal du matin.

Il se leva précipitamment, ayant trouvé une maigre motivation: se soûler au vin. Il jeta un rapide coup d'œil vers le salon. Kunikida, son colocataire, était encore réveillé malgré l'heure tardive. Ou plutôt, déjà réveillé. Le blond avait pris pour habitude d'aller se coucher aux alentours de vingt-trois heures pour se réveiller à sept heures. Lui qui était si pointilleux sur les plannings, il était étrange qu'il soit réveillé une heure plus tôt. Et ce détail n'échappa pas au brun.

- Que fais-tu réveillé à une heure si hâtive Kunikida ?

Le-dit Kunikida sursauta. Il était tellement plongé dans sa montagne de travail colossale et le tri de courriers quelconques qu'il n'avait pas entendu l'arrivée de son colocataire. Et il avait visiblement l'air très agacé d'avoir été sorti de son intense concentration, ce qu'il lui fit comprendre en lui jetant son regard le plus sombre.

- Dazai. Et bien je faisais ce que certaines personnes ici n'ont pas la décence de faire: je règle nos impôts. Puisque de toute façon, peu importe combien de fois je te le demande, tu ne le fais jamais toi-même.

- Tu es bien plus doué à ça que moi voyons, répondit Dazai d'un air suffisant. Tu ne voudrais sans doute pas qu'on se retrouve derrière les barreaux à cause d'une erreur d'inattention de ma part, n'est ce pas ?

Kunikida esquiva la question et se pinça le haut du nez dans le but de ne pas s'énerver davantage, avant de se pencher à nouveau sur son bureau couvert de part et d'autres de feuilles volantes remplies d'écritures faites à la va-vite par une plume. Mais quand on le dérangeait en plein travail, il était impossible pour lui de pouvoir recouvrer sa concentration. Maudit soit Dazai et ses stupides manières ! Il ne pouvait d'ailleurs pas non plus retourner se coucher n'est ce pas ? Cela ne lui apporterait rien à part décaler son planning de la journée, et il avait horreur de changer ses plans. N'ayant donc rien à faire à une heure si hâtive, il décida de faire la seule chose qui pourrait un petit peu l'occuper.

- Ta journée s'est bien passée Osamu ? Ou plutôt, ta soirée.

Dazai se retourna brusquement et regarda le blond comme si il avait vu un fantôme.

- Kunikida... tu n'aurais pas bu en mon absence par hasard ?

- Arrête de raconter des bêtises, tu m'as dérangé dans mon travail alors comporte toi en un bon gentleman et entretiens la conversation.

Au temps des clochersStories to obsess over. Discover now