L'Équilibre d'Evangeline

AnnaHolahalan

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« Elle ne savait pas qui allait partir ou rester. Alors elle les a tous repoussés. » Evangeline est une jeu... Еще

Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Nouvelle couverture ! Rantbook ! Personnages !
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Chapitre 20
IMPORTANT
Chapitre 21
Chapitre 22
Chapitre 23
Chapitre 24
Chapitre 25
YOOOOUUUHOUUUH !!! f. A. q
Chapitre 26
Chapitre 27
Chapitre 28
Chapitre 29
Chapitre 31
Chapitre 32
Chapitre 33
Couverture, next
Chapitre 34
Chapitre 35
Chapitre 36
Sweet dreams are made of this
Chapitre 37
Chapitre 38
Chapitre 39 : Partie 1
Chapitre 39 : Partie 2
Chapitre 40
Write It Down
Chapitre 41
Chapitre 42
Couverture + Noël
Chapitre 43
Chapitre 44 : Partie 1
Chapitre 44 : Partie 2
Joyeux Noël !
Chapitre 45
Chapitre 46
Chapitre 47
Chapitre 48
New Year + Interview + Chapitre 49
Correction
Chapitre 49
Chapitre 50
Chapitre 51
Chapitre 52
Modifications
Autre question
Chapitre 53
Chapitre 54
Chapitre 55
Chapitre 56
Chapitre 57
Epilogue
c'est fini.
FAQ des personnages
Réponses à la FAQ des personnages
Playlist d'Eva #1
JTAV #1
JTAV#2
Tolstoy Team
Playlist d'Eva #2
Playlist d'Eva
La phobie scolaire
Bonus
Bande annonce
Bonus 1 : Séance photo
Bonus 2 : Réputation
Je t'apprendrai à voler
Bonus 3 : L'histoire des citations, de quatre murs et d'un plafond
Bonus 4 : Nathan (1)
Bonus 4 : Nathan (2)
Bonus 5 : Après le baiser
Bonus 6 : Des étincelles
Bonus 7 : Dernier au revoir
Bonus 8 : L'Equilibre de Roy
Playlist d'Eva Spotify
1M
Instagram et citations

Chapitre 30

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AnnaHolahalan

« "Je vis pour toi" ce qui est difficile à faire c'est encore plus difficile à dire lorsque tu sais que ce n'est pas vrai. Encore plus difficile à écrire quand tu sais que ce soir il y'avait des gens à ton retour à la maison qui ont essayé de te parler, mais qu'alors tu les as ignorés. Toutes ces questions sont réelles comme : Pour qui aimerais-tu vivre ? Pour qui voudrais-tu mourir ? Et qui tu voudrais tuer ? » Ride, Twenty One Pilots

Evangeline

La route se trouvait être complètement déserte. Nous n'avions remarqué que Sébastien avait pris la mauvaise route qu'après un bon quart d'heure. En effet, Damien devait d'abord déposer chacun chez soi, à commencer par Roy et moi puisque nous habitions le plus loin. Mini-Evan avait donc prit le volant et Damien somnolait à l'arrière avec Claire, Tammy et Sébastien parlaient de tout et de rien. L'ambiance était calme, seules les voix de nos amis emplissaient l'habitacle. Assise sur le siège passager, je regardais par la fenêtre, le menton appuyé sur mon poing, contemplant le paysage. On ne voyait pas grand-chose, les phares de la voiture éclairaient seulement la route mais l'on distinguait quelques arbustes et des buissons sur le bord de la route de temps à autre.

« C'est calme, finit par déclarer Tammy au bout d'un long moment.

- C'est parce qu'on est tous crevés.

- Il est quelle heure ?

- Un truc du genre une ou deux heures du mat'.

- Vous voulez pas que l'on mette de la musique ? »

Damien grogna sans pour autant ouvrir les yeux pour exprimer son mécontentement.

« Ça va nous réveiller ! Eva ! Ne me déçois pas !»

Je soupirai tout en posant mollement les yeux sur mon téléphone. Pourtant, toute ma lassitude s'évapora et un léger sourire s'étendit sur mes lèvres dès que je trouvai la chanson idéale. Je m'empressai de cliquer dessus avant d'ouvrir la fenêtre pour me rafraichir. Celle de Roy, au volant, l'était déjà. Dès que les premières notes commencèrent à se jouer, la tête de Sébastien apparut brusquement entre les deux sièges de devant, les yeux braqués sur moi, bouche grande ouverte, yeux écarquillés.

« Tu aimes les Twenty One Pilots !?

- Bien sûr ! Toi aussi ? »

Pour toute réponse, il se mit à chanter les paroles de Ride.

« I just wanna stay in the sun where I find
I know it's hard sometimes
Pieces of peace in the sun's peace of mind
I know it's hard sometimes

Un large sourire s'étendit sur mes lèvres et je me mis à chanter avec lui :

« Yeah, I think about the end just way too much
But it's fun to fantasize

On my enemies I wouldn't wish who I was
But it's fun to fantasize !

- Vous êtes des tarés ! s'exclama Tammy.

- Oh, oh, I'm falling, so I'm taking my time on my ride
Oh, oh, I'm falling, so I'm taking my time on my ride
Taking my time on my ride »

Je passai ma main par la fenêtre tout en chantant et en souriant. J'adorais cette chanson et rouler sur une route déserte de nuit collait parfaitement avec l'ambiance idéale que je m'étais imaginée pour écouter cette chanson. Sébastien et moi hurlions les paroles à vive voix, riant peut-être sans même nous en rendre compte. Mes mains se déformaient en vaguelette tandis que le refrain se finissait. Le second couplet débuta :

« "I'd die for you, " that's easy to say
We have a list of people that we would take
A bullet for them, a bullet for you
A bullet for everybody in this room
But I don't seem to see many bullets coming through
See many bullets coming through
Metaphorically, I'm the man
But literally, I don't know what I'd do
"I'd live for you, " and that's hard to do
Even harder to say when you know it's not true
Even harder to write when you know that tonight »

Sébastien et moi nous regardions de temps à autre, tout sourire, avant de reprendre les paroles encore plus fort. Le vent s'engouffrait par la fenêtre et venait rafraichir mon visage. La faible lumière des quelques lampadaires et des phares rendait l'atmosphère assez douce pour reposer mes yeux sans avoir à la fermer. Je me sentais bien, sans avoir à sourire. A une époque, lorsque je disais à tout le monde que j'étais bien, c'était une simple réponse indécise. C'est assez satisfaisant pour qu'on te fiche la paix, mais pas assez mal pour que qui que ce soit se rende compte que tu as besoin d'attention. L'indécision. C'était toujours mon état d'esprit continuel l'année dernière, je ne savais pas si je devais tout simplement me taire et tout intérioriser ou si je devais enfin hurler pour qu'on se rende compte que toutes les tentatives de réparation sur moi échouaient.

Cependant ce soir-là je n'avais pas envie d'y penser. Aussi je laissai tous ces horribles souvenirs au fond de mon esprit et me remis à chanter avec le rouquin sans problème.

Roy

Je ne pouvais m'empêcher de lui jeter de brefs regards, pour voir comment elle réagissait, ce qu'elle faisait, la manière dont ses cheveux volaient avec le léger vent produit par la vitesse du véhicule, comment ses lèvres modelaient les mots qui s'envolaient de ses lèvres pour s'éteindre avec la musique plus forte que le son de sa voix. La faible lumière blafarde rendait ses cils plus clairs et ses yeux étincelant. Ses joues se creusaient lorsqu'elle chantait, creusant les traits de son visage. Elle me paraissait encore plus belle. Elle balançait la tête, remuait des épaules, faisait ressortir le léger creux à la naissance de son cou, entre ses deux clavicules. Ses mèches dorées retombaient avec légèreté de chaque côté de son visage. Lorsque le refrain revint elle jeta un bref coup d'œil à Sébastien qui élargit son sourire puis clôt les yeux tout en laissant ses doigts onduler par la fenêtre. Je reposai toute mon attention sur la route, m'appliquant à améliorer ma conduite. Tout était si calme, je n'avais pas envie de déranger les passager en zigzagant sur la route. Sébastien était amusé de ma conduite lorsque nous prenions la voiture ensemble, mais pas à moitié endormi au beau milieu de la nuit alors que nous rentrions chez nous.

« I've been thinking too much... cria Sébastien d'une voix aiguë. »

Evangeline ne répondit pas la première fois mais elle répondit par un bref « Help me » la seconde fois. J'observais comment ses lèvres ripaient l'une sur l'autre lorsqu'elle murmurait ces deux petits mots. Elle finissait par arborer un ton lasse en les répétant. Puis le refrain revint à nouveau et elle se redressa tapant des pieds au rythme de la musique comme les autres à l'arrière avant d'hurler les paroles de la chanson sur le même débit que Sébastien. Le léger sourire présent sur ses lèvres me réchauffait le cœur et je n'avais pas envie de le voir disparaitre. Lorsque les dernières notes arrivèrent, elle murmura le dernier « help me » sur un ton révélateur comme si elle était soudainement consciente de quelque chose, et que ça lui réchauffait le cœur. Je ne pus retenir un sourire et posai les yeux sur la route tout en réfléchissant sur ô combien Evangeline était ensorcelante.

Evangeline

J'aspirai une nouvelle bouffée de cigarette tout en dévisageant les personnes passant devant moi. Je profitais de me trouver à un endroit où j'étais sûre qu'aucun de mes proches ne risquait d'apparaitre pour me griller une ou deux clopes. Comme à mon habitude, je portais uniquement du noir, révélant sans pudeur les restes de mes soixante-treize cicatrices dorsales. Les yeux soulignés de noir, comme Grace me l'avait si bien appris, je ne me gênais pas pour fixer les passants. On me prenait peut-être pour une punk, une emo ou une espèce de prostituée mineure. J'étais le symbole même du déchet humain, mais je l'assumais. Mon attention fut soudain attirée par un groupe d'adolescents empruntant le même trottoir que nous. La jeune fille aux cheveux châtains tirant vers le roux ramené en chignon écarquilla les yeux en m'apercevant. Entourée de ses quatre amies, toutes plus classes les unes que les autres, sac à main de femme au bras, cheveux sagement coiffés, lissés ou bouclés, vêtements et accessoires à la pointe de la mode, prête à sortir et à plaire aux garçons. Mon maquillage devait faire vulgaire à côté du leur. Les yeux bruns de ma cousine, encadrés du même trait qu'elle m'avait tracé sur les paupières il y a plusieurs semaines de ça. Ce ne fut qu'à cet instant que je réalisai que le mien était bien plus épais. En remarquant que leur amie me fixait, ses complices posèrent les yeux sur moi à leur tour. Je ne quittais pas ma cousine des yeux. Elle avait une manière de me regarder, comme si elle me redécouvrait, mais sans la moindre trace de surprise. On aurait dit qu'elle dévisageait simplement une inconnue dans la rue, sans s'imaginer comment j'avais pu en arriver là. Parce qu'elle le savait pertinemment. Je coupai discrètement la musique bourdonnant dans mes oreilles pour pouvoir entendre le moindre commentaire, ou les reproches que je voyais arriver. J'attendais, patiemment, au bord du précipice. Je savais que ses cris indignés me feraient retomber à même le sol, m'empêcheraient de sombrer dans les flots tumultueux de la folie. Carter, mon propre frère, avait déjà lâché la corde de sécurité, il ne me manquait qu'une légère brise, une légère tape, pour que je tombe et m'immole au fond de l'océan. Le petit groupe passa devant moi, s'attendant peut-être à ce que je me jette sur elles et les morde avant d'hurler des paroles satanistes et de prier le diable en répandant du sang de poule sur leurs jolis minois. Je n'étais pas possédée par un démon. J'en avais des centaines, des milliers, dans ma tête. Et comme le disaient les Bring Me The Horizon dans Cant You Feel My Face, « je ne peux pas noyer mes démons, ils savent comment nager ».

Grace me jeta un bref coup d'œil une fois qu'elles m'eurent dépassé puis regarda devant elle.

« Tu la connais ? demanda l'une de ses acolytes, croyant que j'écoutais de la musique, ne pouvant donc pas entendre ses questions. »

Grace ne se retourna pas et accéléra le pas.

« Non. »

Une boule se bloqua dans ma gorge et je baissai les yeux sur mon téléphone. Je sentais déjà les larmes remplir mes yeux et mes mains trembler. J'ouvris la bouche pour prendre une profonde inspiration et laissai tomber ma cigarette au sol. Je l'écrasai avant de partir à pas rapides vers ma maison, à l'opposé de la direction prise par Grace. De faibles inspirations parvenaient à mes poumons, je ne parvenais pas à reprendre pied. Ma tête tournait. J'avais la certitude qu'elle ne dirait rien, tout comme Carter. Je ne retenais plus mes sanglots, laissant le noir inonder mes joues. Je ne supportais plus de pleurer. Je ne supportais plus d'être une plaie. Je ne supportais plus de vivre sans ceux que j'avais perdu. Son ignorance m'avait donné l'impression d'une grande gifle. Gifle qui m'avait fait glissé dans les eaux obscures et abyssales de la mort.

Hey !

J'espère que vous allez bien et que ce chapitre vous a plu !

N'hésitez pas à me donner vos avis en commentaires !

Que pensez-vous du passé d'Evangeline ? D'après vous, pourquoi n'est-elle plus comme lors des flashbacks ?

D'ailleurs, c'est l'un des derniers ! Il n'en reste plus que deux, trois grand maximum !

Bref, merci pour tous vos votes, vues et commentaires ! Je vous aime FORT !

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