30 Octobre 2005 , 11h50 :

25 2 0
                                        

Une pièce blanche dénuée de luminosité, ironique n'est-ce pas ?

Des lignes uniformes se présentent devant moi encore et toujours les mêmes , quelle lassitude. Une conversation extérieure parasite mes oreilles, je reconnais à cette voix rauque et au souffle court dont l'origine n'en était pas moins la graisse de celui-ci, Walter Torris, un vieillard adipeux, corrompu et outrepassant les règles, censé nous surveiller mais qui au lieu de ça préférait parler avec ses conquêtes au téléphone ce que je ne comprendrais jamais d'ailleurs, du coté de ces demoiselles bien sur.

Les pas s'estompent, un bip de fin d'appel se fait entendre et ma porte s'ouvre donc dans un grincement strident. Je ne pus m'empêcher de laisser s'échapper un rictus de désagrément à ce bruit sourd. Et un soupir de dégout face à cet homme qui à lui seul définirai la débauche humaine.

- "Allez c'est l'heure de la sortie"
dit-il en ponctuant sa phrase par un regard d'indifférence.
Comme si j'étais un chien abandonné par la société, mis en cage et à qui on autorise dû à une pitié accablante une sortie de temps à autre.
Je me lève donc sans dire un mot pour récupérer cette "récompense" que l'on m'offre.
Me dirigeant dans le long couloir qui achemine ma chambre pour y trouver au bout ma seule évasion de la semaine, suivis donc de monsieur Torris je détaille de mes yeux et de mes mains les murs de ce chemin de "liberté".

Caressant du bout de mes doigts maintes fois les failles présentes dans ces murs blancs craquelés, nous arrivons enfin à cette douce destination qui n'est d'autre qu'une autre salle. De quelque mètre carré supplémentaire que ma chambre, aucun décor n'y est présent que quelques tables et des chaises autour de celles-ci et munis d'une fenêtre donnant sur l'extérieur, une sortie disait-il.

Cela fait 10 ans que chaque semaine je vais dans cette salle et pourtant je trouve toujours ça autant absurde et ironique, pourquoi avoir appelé ça une "sortie"? Pourquoi pas juste l'avoir nommé "On se fous de votre gueule et on vous emmerde"?

Je m'installe devant la dite fenêtre et regarde le même arbre en boucle depuis des années, on peut au moins dire que je l'ai vu grandir:

- "Vous vieillissez en même temps petit , je trouve ça très touchant vous êtes comme des meilleurs amis" Ricana Torris et les deux autres gardiens l'accompagnant , un rictus moqueur se dessine sur mon visage :

- "Qu'est ce qui te fais rire gamin?" sa voix était devenue moins joyeuse, j'éclate donc de rire ce qui me vaut des regards d'incompréhension et de mépris je reprend donc mon sérieux:

- "Tout aussi comique que moi je vieillis en même temps que cet arbre pendant que vous, vous vieillissez tout autant mais avec la particularité de grossir ensemble je trouve ça très touchant ".

Des rires étouffés se font entendre de la part de quelques infermières présente dans la salle, je me l'avoue à moi même je suis extrêmement fier de cette fausse blague qui reflète une triste réalité.

Un bruit de chaise frappant le sol se fait entendre, plusieurs retiens de souffle et en un battement de cils ma joue deviens froide. Je comprend assez vite que c'est sur le sol glacé ou se retrouve ma joue et moi également au sol sous les rires moqueurs de ces trois foutus gardiens:

- "Quitte à ne pas être tombé en milieu carcéral gamin, tu tombe au sol ça t'apprendras" je reste quelques secondes de plus à terre écœurer par tant de trépassement des règles.

Je me relève sous le regard fuyants de quelques infermières, je m'approche de Torris pour lui faire face étant toujours entrain de ricaner et distrait je profite pour lui assener un coup sur son poignet gauche qui tenais une tasse de café encore brulante et de l 'autre une cigarette entamée. Il se relève en sursaut, je pense que ça l'a brulé, mais je n'eu pas le temps de voir la conséquence de mon acte que les deux autres gardiens m'assène un coup de taser.

Le néant complet, le vide.

J'ai froid, je ne vois rien autour de moi, je ne sens rien, je n'entend rien mes sens sont comme présumés mort. Une lumière me vint enfin je ferme les yeux une demie seconde et à l'ouverture je me retrouve devant un miroir.

Mes sens se mettent alors en éveil un par un, j'entend des chants d'oiseaux, je sens une humidité qui ne se date pas du jour même et en observant plus en détail le miroir présent en face de moi je remarque le décor autour qui s'est éclaircis. J'y remarque tout les composants d'une chambre: un lit, une table de chevet, un bureau mais avec des objets présents que dans un certain cas: des ours en peluches, des jouets, des crayons de couleurs. Une chambre d'enfant.

Je porte mon regard sur mon reflet dans le miroir qui n'apparait pas, j'essaie donc de bouger les bras pour voir si mes mouvements se translatent à la place du résultats attendus je sens un objet dans ma main droite, je pose le regarde dessus: un couteau en plastique gris assez ancien (car la peinture a commencé à s'écailler) est présent serrer dans mon poing.

Soudain un mal de tète horrible me vient et me met à genoux je ne peux m'empêcher de me tenir le crane des deux cotés, et je perd connaissance. Avant de défaillir une voix m'a été descriptible celle d'un enfant: "Non maman en plastique c'est pas assez réaliste, on va perdre le concours..."

Je me réveille en sursaut, l'ambiance est glaciale je suis installé au sol sur un matelas attaché, je reconnais la cellule d'isolement que j'ai pu connaitre grâce à des échos des membres du personnel. Ma tète me fais tellement mal je peine à ouvrir entièrement les yeux, en tournant celle-ci du coté gauche je perçois une horloge numérique qui fait aussi guise de calendrier, affiché: 30 octobre 2005, 18h50.

You've reached the end of published parts.

⏰ Last updated: Mar 15, 2021 ⏰

Add this story to your Library to get notified about new parts!

New WorldStories to obsess over. Discover now