On dit que l'âme n'existe pas.
Qu'elle ne serait qu'un objet de croyance, comme celui de croire en Dieu.
Mais le Monde que je connais, est devenu le Monde que je ne reconnais plus.
Du jour au lendemain, ma vie a basculé vers la mort.
Et j'ai appris à ce moment-là, la nature réelle de ce qu'on appelle l'âme.
5 heures plus tôt, Quartier Redeswelling, Bar de Dynarburgh :
Minuit. Le bar est bondé ce soir. Tout le monde est venu pour faire la fête, regarder des spectacles, et profiter des boissons alcoolisées en solde spécialement pour cet événement qui est le Nouvel An. Toutes sortes de gens de différentes classes sociales profitent, bavassent, que ce soit des ouvriers, des nobles, des artisans, rien ne compte. On s'amuse. La musique bat son plein, plus aucune place de disponible, des clients rient à gorge déployée et se bousculent sous l'effet de l'ivresse joyeuse.
Malgré leur boucan et leurs rires perçant les tympans, personne ne les réprimande, les danseuses et autres personnalités plus ou moins reconnaissables montrent leurs performances extraordinaires. Danse, chant, humour, sont des talents parmi d'autres, et les plus appréciés dans ces moments comme ceux-ci.
Pour ma part, ce n'est pas l'envie qui me manque de les rejoindre. Cependant, je ne suis pas là pour ça, mais parce que j'attends quelqu'un. Sans savoir ni comment, ni pourquoi, on m'avait demandé de venir au bar de la ville, une lettre qui m'était proprement adressée, disant simplement qu'on m'aiderait à avoir ce que je cherche.
Un talent, une quête de vérité, mais aussi...
Une nouvelle vie.
Dépoussiérant ma robe croisée fendue blanche et marron, non pas par saleté mais nervosité, je remets mon haut-de-forme correctement, attrapant mon miroir de poche de mon sac-à-main brun en cuir. Ma chevelure ondulée auburn est encore parfaitement coiffée, avec minutie et soin. Ma mèche couvre un de mes yeux albinos, qui ont tendance à virer plus sur le violet.
Je bois une gorgée de ma bière, je lis les dernières nouvelles sur mon journal de presse habituel acheté au barman plus tôt avant de venir, histoire de m'occuper un minimum. Dynarburgh n'est peut-être pas réputé pour ses courbettes et sa bière, néanmoins, les monuments sont majestueux, regrettable si on ne les a jamais visités. Et il faut avoir un certain luxe pour pouvoir y vivre, ne serait-ce que même louer. Luxe, que je me permets d'avoir sans mauvaise conscience ou de peur de manquer d'argent. L'argent ? J'en ai que trop. À ne plus savoir quoi en faire. N'importe quel individu réussit dans la vie, la preuve, si on peut habiter dans cette ville, dans ces quartiers riches, alors il n'est que raison de réussite professionnelle et talentueuse.
En revanche, personne n'a le sens d'une quelconque moralité. La routine est facile à entreprendre, train, boulot, fête, et dormir, le lendemain, tout recommence. Je veux plus que ça. Famille de vrais bourges, de génération en génération, je reprends le même métier, la même aspiration. Arrière-arrière grands-parents, grands-parents, parents, et aujourd'hui... Moi. Une grosse pression sur les épaules m'oppresse, que je ne supporte plus depuis des années. Il est indiscutable que je déshonore ma famille.
Comme je suis une femme, il est très dangereux en 1821 d'être la fille unique et héritière d'une entreprise artisanale familiale, surtout que je n'ai ni d'enfant, ni de mari.
J'ai pris la tête du plus grand Arsenal royal de Dynarburgh, reconnu pour sa fabrication d'armes et de munitions. Il nous arrivait même dans le temps de mon grand-père de construire et réparer des vieux navires ; mais suite à la disparition des courants d'eau, dont les fleuves et les rivières, ils s'avéraient être inutiles en plus de nous faire perdre des matériaux très précieux. L'Arsenal travaille pour son Roi, Dèmes, le souverain de notre ville. Pour être plus exact, nous travaillons tous pour lui, sans exception.
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Demonic Bond - L'ÂME DE DIONYSIA
ParanormalXIXe siècle. Je voulais m'en aller, changer de tout au tout et recommencer une nouvelle vie pour récupérer mes bouts de rêves éparpillés dans un profond souvenir réprimé. Il n'y a personne sur qui je peux compter, à Dynarburgh, nous ne croyons tous...
