Partie 1

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Bonne lecture.

Lorsque l'on naît dans une famille que tout le monde connaît, on ne vous voit jamais vraiment.

On vous observe.

On vous juge.

On vous imagine.

On vous pense arrogant, privilégié, intouchable.

Pourtant, ces mêmes personnes, qui ne savent rien de vous, ni d'hier, ni d'aujourd'hui, ni de ce que vous êtes réellement, ignorent tout du poids que vous portez.

Elles ne voient que les images parfaites exposées sur les réseaux, les sourires figés, les apparences soigneusement construites.

Elles ne voient pas la pression.
La pression d'être à la hauteur.
La pression de ne jamais décevoir.

La pression d'exister... sans jamais vraiment être soi.

C'est épuisant.

Épuisant d'avoir des parents dont la vie ne s'arrête jamais.

Des parents que l'on voit partout, tout le temps.

Leurs visages s'affichent dans les journaux du matin.
Leurs voix résonnent à la télévision.

Leurs noms circulent dans les rues d'Abidjan, de quartier en quartier, comme une évidence.

On les admire. On les respecte. On les envie.

Des parents brillants.
Riches.
Irréprochables.

Parfaits... aux yeux du monde.

Mais personne ne se demande ce que cela fait d'être leur fils.

- Jon ! Cria une voix derrière la porte

- ...

- Jonathan ! Insista-t-elle.

- Je suis sous la douche , c'est quoi le problème ?

- Tu es en retard d'une demi-heure !

- J'ai maths de toute façon...et c'est pas la guerre !

Sa voix résonna dans la salle de bain embuée tandis qu'il sortait, l'eau encore ruisselante sur sa peau pâle.

Cela ne fait trois mois que ses parents s'étaient installés dans cette ville.

Trois mois.

Et pourtant, Jonathan avait l'impression d'y étouffer depuis des années.

Comme si chaque jour, s'étirait indéfiniment, alourdissant un peu plus cette sensation de vide qui s'installait en lui.

La solitude le gagnait par vagues.

Silencieuses. Oppressantes.

Par moments...il se demandait jusqu'où cela pourrait le mener.

Alors il s'accrochait.

Aux études,
À la performance,
À l'excellence.

C'était devenu son refuge. Sa seule échappatoire.

Il travaillait sans relâche, écrasait toute concurrence sans remords, avançait sans regarder derrière lui.

Être le meilleure n'était plus un objectif...c'était une nécessité.

Une manière de ne pas sombrer..

Son nouveau lycée n'avait rien à voir avec l'ancien.

Ici, l'exigence était une règle.
Les élèves étaient brillants, déterminés, avides de réussite.

De votre faute.Where stories live. Discover now