[Shirohige & cie - L'escale]

1.4K 26 0
                                        

Le Moby Dick s'apprêtait à faire une escale sur une île pour faire le plein de ressources. Ça faisait déjà quelques semaines que vous n'aviez pas posé pied à terre et ce manque se faisait ressentir dans l'équipage. Vous étiez l'équipage le plus fort du monde certes, mais disons que prendre une pause des mers déchaînées et sans pitié du Nouveau-Monde n'était pas de refus. L'île était connue pour être un point de rencontre et de ravitaillement dans le coin. Un carrefour où pirates, chasseurs de primes, révolutionnaires et criminels en tout genre se retrouvaient pour marchander informations, ressources et trésors. Tout le monde allait pouvoir débarquer alors Oyaji avait été très clair: pas d'écart de conduite. Le message s'adressait surtout aux gens comme toi et Ace. Aux gens... turbulents. Enfin, tu n'étais pas turbulente, mais tu t'énervais vite et fort, tu n'avais peur de personne. Si quelqu'un te cherchait, il te trouvait. Mais cette fois-ci, tout le monde savait qu'il fallait se tenir à carreaux. Vous étiez un équipage de plus de 1000 combattants, reconnu, détesté et craint à travers le monde. Les gens que vous pouviez rencontrer étaient loin d'être de médiocres guerriers et avaient tous plus ou moins une grosse réputation. Vous ne vouliez pas créer de scandale.

- "De toute façon, qui viendras nous faire chier? Personne!", s'exclama Ace avec un immense sourire carnassier, "On leur fait trop peur hahaha!"

- "Ace-yoi...", commença Marco, "ce que Oyaji voulait dire, c'est que t'as surtout intérêt à suivre les consignes et à ne pas provoquer n'importe qui pour n'importe quelle raison comme à ton habitude. On est pas sur n'importe quelle île."

- "Ouais Ace, Marco à raison, va falloir que tu calmes tes hormones", lanças-tu à Ace pour le charrier.

- "Oï, toi! T'as aucune leçon à me donner! Qui c'est, la dernière fois, qui s'est battu avec cinq mecs bourrés pour aucune raison?"

- "C'était pas pour aucune raison, ils chantaient, non, hurlaient des conneries à n'en plus finir. Je leur ai demandé d'arrêter, ils ont continué, alors je les ai foutu dehors. J'ai rendu service aux gens dans le bar. Point."

- "Les gars, on arrive dans quelques minutes!", cria quelqu'un.

Tu décidas de ranger certaines choses qui traînaient avant de débarquer. Le pont était encombré et vous seriez plusieurs dizaines à vouloir débarquer avec empressement. Ce serait bête que quelqu'un se torde la cheville dans un cordage. Comme Ace, par exemple. Tes camarades descendaient les uns après les autres et bavardaient. Tu resterais pour t'assurer que tout était en ordre avant de les rejoindre. Vu l'ambiance d'excitation qui régnait parmi les hommes de Barbe Blanche, la soirée serait arrosée. Et quand ils rentreraient, ils seraient trop crevés et ivres pour mettre de l'ordre sur le bateau. Thatch t'interpella.

- "Bah alors, sœurette? Tu viens? Marco t'a encore punie ou quoi? Me dis pas que t'aimes tellement pas boire que tu préfères ranger le bateau à la place?"

- "Haha, très drôle Thatch. Nan, je vais vous rejoindre bientôt, t'inquiètes pas."

Tu les regardais en souriant. À chaque fois c'était la même chose. Dès que l'heure était à la fête et à la boisson, il y en avait toujours un pour te charrier sur le fait que tu ne buvais pas. Disons que vu que t'étais une fille, les clichés ressortaient vite. En fait, tu pouvais boire. Et tu avais même une très bonne descente. Mais ça t'arrivait tellement rarement que tu tenais l'alcool moins longtemps que les autres. Tu avais vu tellement d'hommes avoir des comportements horribles à cause de la boisson et tellement de femmes être victimes de cette combinaison qu'est l'alcool et le genre masculin. Ton équipage était différent, c'est sûr. De toute façon, lors des fêtes, tu étais plus occupée à servir les boissons à ceux que tu appelles tes frères, que de trinquer avec eux. Et c'était mieux comme ça. Tu préférais t'occuper d'eux. Tu regardais autour de toi. Tout le monde était presque parti. Certains étaient restés, chargés de monter la garde du majestueux Moby Dick. Même Oyaji était déjà parti. Tu te dirigeas vers ta cabine pour te changer. Enfin, te changer... Tu portais rarement quelque chose de différent, mais tu voulais te couvrir un peu plus. Tu pris une veste ample noire style armée et la passa sur tes épaules. Tu pris ton arme, unique au monde, et la fixa dans ton dos. Deux épées jumelles capables de se combiner en une seule arme. La plupart du temps, tu les portais rangées, c'est-à-dire lames rentrées, et elles ne formaient qu'un immense bâton. Tu sortis sur le pont principal et te dirigeas vers le bastingage. D'un coup, tu sautas par-dessus bord. Tu adorais faire ça. Le Moby Dick était tellement haut, tu avais l'impression de voler. Tu traversas le quai, les mains dans les poches. En regardant autour de toi, tu remarquas sans surprise les regards ébahis des gens. C'est sur qu'on ne voyait pas le Moby Dick accosté sur une île tous les jours. Tu continuas ton chemin d'un air nonchalant. Les gens ne te prêtaient pas attention. Tes vêtements étaient foncés et amples, tu n'étais pas le genre de fille à attirer les regards de façon intentionnelle. De plus, visuellement, tu n'avais pas l'air intimidante avec ton vulgaire bâton accroché dans le dos. Tu n'étais pas connue non plus. Contrairement à Ace et à la majorité des Shirohige, ta prime dépassait tout juste les 100 millions de berries. Et tu en étais amplement satisfaite. Comme ça, pas d'emmerdes. Tu avais traversé une partie de la ville maintenant et tu repéras le bar où ton équipage devait t'attendre. En fait, c'était probablement le seul endroit assez large pour tous vous accueillir et assez haut pour qu'Oyaji et les autres gigantesques pirates de l'équipage puissent rentrer. Tu passas les portes et fus enveloppée par une atmosphère de chaleur étouffante. Des cris, des chants, des odeurs de sueur, d'alcool, de tabac, des cartes, des armes, des bourses et de l'argent. La routine pour un bar à criminels quoi. La chaleur étant insupportable, tu décidas d'enlever ta veste. Tu avais un haut qui couvrait ton dos, alors ça devrait aller. Pas que tu étais du genre extrêmement pudique, mais disons que tu aimerais éviter de recevoir des commentaires sur l'immense cicatrice qui barrait ton dos. En présence d'Oyaji et de ton équipage au grand complet, tu ne voulais pas attirer l'attention. Tu t'avanças dans l'allée principale et cherchas des têtes familières dans tout ce bordel. D'un coup, tu fus prise d'un frisson désagréable. Tu connaissais cette sensation. On te regardait. Mais pas d'un regard agressif. D'un regard d'envie, d'un regard appuyé et appréciateur. Appréciateur? Non, dégradant. Les hommes te regardaient. Tu remarquais rapidement que tu étais certainement la seule femme dans ce trou. Tu regrettas un moment d'avoir enlevé ta veste. "Oh et puis merde!", tu pensas. Tu n'allais pas te priver de confort à cause d'eux. Tu continuas ton chemin, toujours les mains dans les poches, en ignorant royalement ceux qui te faisaient de l'œil. Plus tu avançais, plus tu étais sûre d'entendre des commentaires à ton égard. Tant pis, tu étais habituée. Tu trouvas enfin Ace et les autres, un peu plus loin. Tu accéléras la cadence et arrivas finalement à leur table. L'équipage s'était un peu dispersé partout dans le fond du bar. L'ambiance n'était pas tendue. Les gens devaient vous tolérer ou... n'avaient vraiment pas peur de vous.

OS One PieceDes histoires addictives. Découvrez maintenant