Les gros ventilateurs brassaient en continu l'air conditionné de la petite pièce. Sur les chaises en bois dur, les adolescents et jeunes adultes regardaient lascivement l'écran en face de eux. Pas que le code de la route soit un sujet très intéressant mais ils ne souhaitaient qu'une chose. Sortir de cette pièce qui semblait suer autant que eux. Personne ne releva le rire ironique du blond assis dans le coin de la pièce devant la question « la drogue douce est elle autorisée au volant ? ».
En plein milieu de ce paysage, un jeune homme japonais, faisant trembler nerveusement sa jambe. Ses cheveux noir de jais maintenant trop long collaient à sa nuque à cause de la sueur et il n'arrêter d'agiter son large débardeur blanc essayant inutilement de ce rafraîchir.
Mais la séance termina mettant ainsi fin au supplice et les flap-flaps des claquettes s'atténuèrent le laissant dernier à quitter la salle. La chaleur écrasante fit de nouveau retour manque d'un monde entièrement climatisé. On pouvait sentir la brûlure du goudron juste en marchant dans les rues bondées.
Il s'arrêta à un stand pour s'acheter une quelconque canette et s'assit sur un banc déserté. Il ne dit combien de temps il passa à regardé la mer scintillé, mais quand il repris ces esprits son soda était tiède. Il se leva pour le jeter libérant le banc refroidi par la légère brise. Il continua son chemin.
Les petites famille commençaient à abandonner la plage au sable doux, les marchant de glaces fermaient leur stand et les jeunes se retrouvaient en groupes racontant les futiles potins des lycées. Le ciel noircissait légèrement plus il avançait dans les ruelles pavées, se perdant innocemment dans les allées des belles maisons blanches qui empestaient la petites bourgeoisie.
Il rejoint impatiemment les quartiers mal fréquentés plus chaleureux. Certes malgré les hommes bourrés dès 19 heures et les prostituées aguicheuses, ce n'était pas si dégradant.
Devant lui, un groupe d'adolescents se formaient joyeusement, il ne savait pas si il devaient en être jaloux ou triste. Sa vie passé se résumait à des nouilles trop molles, des bavures d'encres et la solitude dans la foule.
Il passa à côté en rasant les murs crasseux, et bifurqua sous les enseignes trop lumineuses. Il entra dans une vieille épicerie, enfin une vielle et sale épicerie.
La femme derrière son bar faisait sûrement partie des femmes les plus laides qu'il n'avait jamais vu; ses cheveux décolorés abordés une couleur fade et paille. Son visage boursouflé, dû à l'alcool ou la drogue, était recouvert disgracieusement d'un orangé sans compter les paquets noir sur ces gros cils. Mais sa tenue n'en n'était que plus écourtante, parce que honnêtement le débardeur léopard et les sous-vêtement fuchsia qui seraient sa chair grasse, il n'aurait jamais cru voir quelqu'un portait ça sérieusement.
Mais il était passé à un stade où plus rien ne pouvait le surprendre. Il posa une dizaine d'euro sur le buffet sec, et désigna une bouteille de tequila derrière la femme.
Elle dut trouver ça drôle parce que son visage se tordit en un vil rictus avant de désigner une affiche où l'encre avait à moitié bavé. « Vente d'alcool interdit au mineur » il savait que en plus d'être certes mineurs, son visage faisait plus jeune. Alors pas pour le moins découragé il posa un billet de cinq euro en plus et la femme emprisonna son argent de sa main, même sa main était laide.
Bouteille en main, il s'avança à nouveau en direction de la mer mais cette fois vers le quai. L'animation de le nuit blanche gonflait peu à peu. L'odeur des poissons, la lumière se reflétant sur l'eau trouble et les cris incessants des serveurs n'étaient plus qu'une habitude dans le port. Il continua, imperturbable mais quand il passa sur le pont, il vit un garçon assis au bord, les jambes pendant dans le vide et les bras adossés sur la rampe. Intrigué, on s'approcha en tanguant et se mit à côté de lui de la même manière.
Il lui tendis la bouteille déjà bien entamée avant de se tournait. Son cadeau sembla être bien accepté vu comment sa tête était partie en arrière et sa pomme d'Adam était remonté.
Le jeune homme en face de lui devait avoir son âge. Son teint était pâle et ses cheveux rasés court sur son crâne mais il était beau, même vraiment beau pensa-il. Mais ces yeux étaient ternes et dans leurs reflets le brun vu que c'étaient la même lueur qui était dans les siens. Le rasé lui rendit la bouteille en s'essuyant la bouche sans la moindre grâce. Il se regardèrent longuement, il eut le temps de remarquer la rougeur peu glorieuse de ces yeux, ses ongles rongés et les petits anneaux argenté accrochés à ses oreilles. L'autre dû le détailler tout aussi fixement, curieux face au nouvel arrivant.
« C'est un beau jour pour mourir. »
Sa voix était comme il l'avait imaginé, rauque mais douce. Le brun pencha sa tête en arrière, dévoilant sa gorge, fragile et calme.
« Ouais. »
Il ne savait si cela avait été une question ou pas mais n'avait pu s'empêcher de confirmé les dires. L'autre ne sembla pas vouloir en savoir plus. Alors il restèrent là, les jambes pendant dans le vide, le regard perdu dans l'horizon vide et leurs mains se frôlant lorsque qu'ils se passaient la bouteille.
Sans ce parler, les émotions qu'ils partageaient entre parfait inconnu, n'avaient mots pour les décrire, et étaient si puissantes qu'elles auraient effrayé les quelques intéressés. Et sans crier garde, le rasé se mit à pleurer, de pleurs silencieux, de pleurs déchirants qui ne faisant que l'avançait sur la planche. Il posa sans pudeur sa tête contre l'épaule du brun qui sentant ces joues s'humidifier lui rendit l'accolade. La bouteille se vidait tragiquement de plus en plus vite.
En face le ciel n'était que d'encre, la lune se cachant honteusement derrière les grands nuages noirs. L'asiatique autant exténué que saoul murmura d'une petite voix:
« Si on c'était rencontré avant on aurait pus être amis.
-Qu'amis? Lui répondît l'autre, amusé malgré les discrets sanglots faisant trembler sa voix.
-Disons copain-câlin.
-Ouais copain-câlin. Ça aurait été pas mal. »
En dépit de la légèreté de la conversation, la peine ne pris que plus grande ampleur quand leurs mains se lièrent dans une étreinte désespérée, comme si même après les pleurs les yeux n'en seraient pas pour le moins sécher, comme si même après les cris la voix ne serrait pas écorché.
La bouteille, désormais drainait de toute tequila imaginée et espérée, chuta durement contre la plage; le creux était bien trop profond pour en entendre le fracassement mais s'était sans aucun doute échouer lamentablement sur le sable orgueilleux. Timidement Le Brun se leva et s'assit contre le vide et devant la barrière, son acolyte se redressa et l'imita sans hésitation.
« Et donc tu t'appelles?
-Alec et toi?
-Akira.
-C'est mignon comme nom.
-Tu me drague là?
-Eh qui sait! »
Leurs doigts s'entremêlèrent alors qu'ils perdaient pied, la chaleur éclatât dans leur bas-ventre alors que l'air frais griffait leurs joues, et leurs lèvres molles et avide se rencontrèrent comme si elles n'en avaient jamais rencontré d'autre. Mais plus rien n'avait de logique. Les sens bloqués parce que obnubilés par la douceur de l'autre, ils n'entendirent les cris d'effroi du haut du pont. Leurs langues pouvaient bien danser et se délecter l'une de l'autre, leurs mains pouvaient bien s'agripper à leurs hanches et nuque; quel en était l'intérêt quand les os brisés et le sang ruisselant vers la mer cherchaient une quelconque illusion de liberté.
Comme musique funèbre, ils n'avaient eut honneur que de chants paillard à moitié déformé par faute de lucidité des fêtards.
Mais quand au beau petit matin, on avait daigné trouver ce macabre spectacle, on ne voyait que des cœurs craintifs dans ces âmes trop fissurés.
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C'est un beau jour pour mourir
Historia CortaSuicide : Acte désespéré de quelqu'un qui ne fait plus confiance ni à la paix, ni à la guerre, ni à l'amour.
