-Et meeeeeerde...
-Quoi?
-J'ai loupé mon latte.
-Ah.
-Pas de remarque de ta part? Tu m'étonnes Noah.
-Je suis concentré là. En fait tu me déranges un tantinet.
-Sorry.
Je sorti de la cuisine pour aller me caller contre lui dans mon canapé défoncé. Tous les meubles de chez moi viennent d'endroits complètement différents. Et ce canapé, autrefois convertible en lit et maintenant complètement délavé, est le plus confortable que mon postérieur n'ai jamais tâté. Et c'est rien de le dire.
Je somnolais tranquillement, mon latté raté refroidissant dans son mug ébréché. Sur le minuscule téléviseur venant d'une autre époque défilais les images de Twilight. Noah et moi sommes amis depuis toujours. En fait, je ne nous considère pas comme des amis. Cette formulation est niaise à souhait, mais il est plutôt comme un frère de cœur. Nos mères se sont connues pendant leurs première grossesse. Une fille, Sarah, et un garçon, Augustin. Sa sœur et mon frère. Ma sœur et sont frère. Nos familles sont très liées. C'est une relation très spéciale, difficile à expliquer quand on ne nous connais pas.
Nous sommes aujourd'hui le 17 décembre. C'est l'hiver, notre saison préférée depuis toujours. Pour le moment nous sommes chez moi, mais nos mères devraient arriver incessamment sous peu. Cette année, nous allons chez la grand-mère de Noah pour les fêtes. J'adore ce petit bout de femme. À 92 ans, elle est imbattable au scrabble, président, petit bac, et Gran Turismo. Agnès est un amour. Un ange, avec un cœur énorme et une paire de botte en caoutchouc. J'ai hâte de la revoir. Noah remue un peu, je crois qu'il ne sent plus sont bras à cause du poids de la tête alors je me pose sur ces genoux. Il me fait des papouilles dans les cheveux et j'adore ça. Je suis bien, dans ce petit appartement bordélique, avec la personne la plus importante de ma vie, cinq ou six plaids et Twilight. Il y a des moments comme ceux-là où mon esprit prends du recul tout seul, et je le dis que c'est ça le bonheur. Que là, maintenant, je suis heureuse. Et pour rien au monde je ne voudrais que ça s'arrête.
Malheureusement, il est déjà 19h si j'en crois l'horloge jaunie de la cuisine. Brigitte, la mère de Noah, et maman ne devrait pas tarder à arriver. Nos bagages sont prêts depuis hier soir, et les valises nous attendent dans l'entrée. La petite poche sur le devant de la mienne n'attend plus que le coffret de DVD et nous pourrons y aller. Des vacances sans Twilight, c'est pas des vacances... Je me redresse à contre cœur, sortant peu à peu de cet instant de tendresse.
Au même moment, nous entendons quelques coups légers sur le montant de la porte. C'était complètement sarcastique, ça ressemble plus des coups de marteau. Et oui, ma mère est la délicatesse incarnée. Elles entrent, sans attendre une quelconque réponse qui ne viendrait pas de toutes façons.
-Oh mon dieu il faut VRAIMENT que tu changes cette porte ma biche... Ça devient intolérable. On ne peut pas rentrer sans se démettre l'épaule! Bon comment vas-tu. Encore dans cette immonde coverture!? Allez bougez vous les jeunes! On est mal garées en plus. Les deux valises là, on les prends?
Et voilà. Marie-Pierre Jolly dans toute sa splendeur. Je ne comprends pas comment Brigitte et elle s'entendent aussi bien. Une vraie pipelette! Croyez-en mon expérience, laissez la parler jusqu'à ce qu'elle vous pose une véritable question, ou bien attaquez sans lui laisser le temps d'en placer une.
Noah s'approche de sa mère et l'embrasse, puis nous nous chaussons, et après un dernier tours au toilettes, nous embarquons dans le van. C'est Marc, le mari de Brigitte, qui conduit. Mon père dors déjà, la tête écrasée contre la vitre, à la deuxième rangée. A côté de lui, ma petite sœur Solène grogne parce qu'on l'as réveillée. Les mamans se mettent tout devant, pour ne pas nous déranger avec leurs discussions, et Noah et moi montons, comme d'habitude, tout derrière, avec Sarah. Une fois installés, mon frère remonte et nous démarrons enfin.
Puisque nous sommes plutôt nombreux, et qu'on bouge le plus souvent à neuf, nous avons investi dans un van. Depuis son achat, il y a deux ans, les places sont attitrées et personne ne s'en ai jamais plaint. Il n'est pas tout neuf,même à la limite de l'épave, mais on l'entretien avec amour et pas une seule fois il ne nous a lâché. Marc lance un CD de Cesaria Evora et se glisse en douceur dans la circulation. Nous avons quatre heures de route, alors je m'installe confortablement. Cette fois-ci, c'est Noah qui s'installe sur moi, comme à chaque trajet en voiture. Je nous enveloppe dans une grande couverture usée et lui caresse le dos doucement. Il ne tarde pas à s'endormir, et je fais de même, enfouissant mon nez dans ses cheveux.
***
Arrivés chez Agnès, nous nous installons dans nos chambres respectives, mais la celle de Sarah est occupée par un inconnu pour le moment. Je lui propose donc de prendre la mienne, je dormirai avec Noah, après tout ce ne sera pas la première fois. Puis nous démarrons une partie de carte, la canasta, et mangeons un bol de bouillon et des pâtes. Tout le monde est claqué, je les ai plumés, et j'en suis fière! Nous partons donc tous au compte goutte rejoindre nos lit. Notre chambre est simple, toute belle, très chaleureuse et c'est la seule avec un balcon. Avant, c'était celle d'Agnès, mais comme elle a mal au genoux et que la chambre est au premier, elle a finalement emménagé dans la chambre du rez-de-chaussée juste en dessous. En été, pour atténuer la chaleur étouffante de la journée, on dors la porte-fenêtre ouverte et le parfum des roses du jardin embaume la pièce. Je ne suis encore jamais venue dans cette maison l'hiver. Mais en m'approchant, de la vitre, je fais un drôle de constat. Je ne vois rien. Pas d'arbres, de massifs, de serre, rien.
-Tu as vu?!
-Euh non, quoi? me demande-t-il un peu endormi.
-Le jardin! Il... il est vide. Je ne comprends pas.
Noah éclate d'un rire franc. J'ai un peu de mal à le suivre parfois... Il se dirige vers la porte et se retourne, le doigt sur l'interrupteur.
-Ferme les yeux.
-Hein?
-Ferme les yeux, fais moi confiance.
-Ok... Je t'avoue que tu m'intrigue.
Il éteint la lumière, et s'approche de moi.
-Tu sais, pas la peine de me demander de fermer les yeux si c'est pou éteindre la lumière. Que ce soit l'un ou l'autre, je ne vois rien! Bon et on fait quoi maintenant !?
Il me fait pivoter pour être, je suppose, face à la vitre. Puis il l'ouvre. J'ouvre les yeux à cause de la vague de froid qui m'enveloppe, m'apprête à l'invectiver, mais aucun son ne sort de ma bouche. Je suis ébahie par ce que je vois. Transie de froid, aussi, mais je ne m'en rends même pas compte tant la surprise est grande. Je tourne la tête vers lui, la bouche grande ouverte, et il me sourit. En face de moi se trouve le jardin, avec ses arbres, ses massifs, et la serre. Le tout recouvert d'une généreuse couche de neige immaculée. Mais ce n'est rien par rapport au ciel. Aujourd'hui il est complètement dégagé, et on peut observer des milliards d'étoiles scintillantes. Je me délecte du spectacle pendant ce qui me paraît être des heures, et reprends mes esprits quand mon colocataire dépose un châle sue les épaules. Le paysage dans son ensemble est fantastique. On s'attendrait presque à voir une licorne sortir d'entre les arbres tellement cela semble irréel!
-Tu sais, il sera toujours là demain ton décors de conte de fée... En attendant il est presque 1h30, faut venir dormir là. Dis-t-il en baillant.
-Oui, t'as raison.
Je fermais la fenêtre, ôtais le châle de mes épaules et me glissait sous les draps. Mécaniquement, en cherchant la meilleure position possible pour dormir, son torse se colla contre mon dos et son bras enserra ma taille.
-Tu me réveille demain hein.
-Humoui naccord. Anonna-t-il de sa voix endormie.
-Bonne nuit...
Pas de réponse. Cet homme est le Flash du sommeil. Il resserra son emprise sur mon ventre et je m'assoupie.
Une nuit de rêves, comme toutes celles passées en sa compagnie.
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Maybe it's not about the ending but about the story
Teen FictionNoah et Eulalie Une histoire... pour le moins particulière.
