Cher journal,
Aujourd'hui encore ils m'ont terrassé, assassiné de l'intérieur. Comme tu le sais, cela fait des mois et des mois que je pleure chaque soir en rentrant chez moi. Je reste là, assise sur mon lit, encore une fois seule et un torrent de larmes inonde mes joues. Trois ans que ça dure, en commençant tout simplement par des oublis. Parfois elles se moquait, ne s'intéressant en aucun cas à ce que je disais.
Au fur et a mesure, cela a empiré. Lorsque je m'absentais quelques minutes, elles se cachaient et me laissaient seule, au milieu de la cour. Quand je les retrouvais elles rigolaient et partaient sans un mot d'excuse et ça plusieurs fois par semaine, voire par jour. Elles ne se rendaient pas compte du mal qu'elles m'infligeaient, de cette douleur constante qui me tournait autour et qui s'abattait sur moi le soir. Ma meilleure amie se taisait même si elle avait conscience de ce qui m'arrivait, de la situation. Elle a tout simplement peur qu'il lui arrive la même chose... je peux comprendre. Je ne souhaite ça à personne. Même pas à elles.
Mes seuls moments de répit sont au sport ou lorsque je me trouve loin d'elles. Heureusement pour moi, cela ne continue pas sur les réseaux. Je me considère comme chanceuse.
Cette situation me fait si mal que j'ai même commencé à pleurer en cours en revenant des récréations. Mes notes baissaient et continuent encore. Personne ne remarquait rien. J'étais seule, perdue.
Cet après-midi a été de loin la pire que j'ai pu passer : elles m'ont retrouvé et encerclé et m'ont dit mes quatre vérités sans que je ne leur demande rien. C'était telle une lapidation sur la place publique. Elles ont pris le peu de force qu'il me restait et l'ont écrasé face à moi en me regardant droit dans les yeux. Je pleurais en face d'elles sans riposter car je ne pouvais plus. Je ne pouvais plus les regarder dans les yeux. Je ne pouvais plus respirer, j'étais comme paralysée. Elles sont parties lorsque la sonnerie a retenti, me laissant sans vie, sans force. Je suis allée au handball mais cette fois si ce n'était pas un moment de libération. Loin de là. Cet après-midi, elles m'ont définitivement exclu pour toujours. Oui, pour toujours.
Ce soir, je t'écris comme d'habitude en pleurant. Maiscette fois je te dis peut-être adieu.je n'ai plus la force de me battre. Ellesont tout pris et tout détruit. Souhaite moi bonne nuit, mais rappelle-toi d'unechose : un sommeil éternel peut être une libération.
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Cher Journal
Short StoryUne jeune fille, harcelée à son collège écrit à son meilleur ami, son journal. Elle lui raconte ses journées depuis que tout a commencé. Cette page raconte le début de la fin.
