Chapitre 1 - Une Jacinthe pour les Morts

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L'odeur de fer et de pluie s'entremêlait dans la ruelle. L'averse avait cessé peu avant l'arrivée des deux officiers. Ils avaient reçu un appel radio signalant un bruit suspect dans le secteur. Les hommes n'avaient pas perdu de temps : ils savaient qu'ils trouveraient probablement une victime, un règlement de compte de plus.

Ils avancèrent d'un pas prudent vers la destination. Le premier s'exclama en voyant le corps étendu au sol. L'observation se fit en un claquement de doigts : cette personne était morte. Sa peau pâlie par le choc, ses yeux vidés de toute vie, et l'entaille dans son flanc indiquaient clairement qu'il avait été poignardé. Soigneusement posée sur son torse, comme s'il dormait déjà dans sa tombe, une jacinthe blanche reposait sur sa poitrine.

— Encore cette foutue fleur..., soupira l'officier. C'est le quatrième en trois mois. Et chaque fois, c'est la même.

À ses côtés, son partenaire s'accroupit malgré le sol trempé. Il prit la jacinthe entre son pouce et son index gantés, l'observa un instant, puis constata que la pluie ne l'avait pas abîmée. Avaient-ils raté l'assassin de peu ?

— C'est une signature. Je donnerais ma main à couper.

Un silence pesant tomba sur eux. Un frisson leur parcourut le bas du dos. Le premier serra les dents : la réalité était simple. Ils n'étaient pas taillés pour ça.

Son collègue comprit parfaitement son inquiétude. Il annonça au poste d'envoyer le coroner et précisa qu'ils avaient perdu la trace de l'individu. Une voix féminine résonna en écho dans la ruelle. Contact coupé, l'officier proposa d'avertir leur supérieur pour demander du renfort.

Son acolyte resta surpris. Il était rare que leur chef demande de l'aide à l'extérieur du 12e. Il hésita... puis l'image s'imposa : une silhouette féline, des yeux fendus comme des lames de rasoir, un palmarès long comme son manteau noir.

Arthur Samui.

— Tu penses qu'il va perdre son temps ici ?

— Pas si c'est un défi.

Quelques jours plus tard

Le wagon du métro filait à toute vitesse sous la ville. À l'intérieur, le silence était rompu par le froissement des rails. Ils en avaient perdu l'habitude. Le 23e était beaucoup plus luxueux. Le 12e, lui, était modeste et majoritairement pauvre.

Arthur était assis sur un banc. Ses épaules larges, sa posture imposante pour un félin. Il lisait le document avec une concentration de béton. Sa jambe soigneusement croisée sur l'autre, sa queue battant l'air comme un métronome nerveux. Il avait tout d'une figure d'autorité. Son long manteau noir ajoutait un grain de mystère. Sa peau blanche comme la neige, ses oreilles tachetées du même motif que la fourrure de sa queue. Arthur était un descendant des panthères des neiges. Sa longue chevelure blanche accentuait ses traits durs. Ses yeux sombres lui donnaient une aura glaciale. Un homme accompli, endurci, prêt à mener sa mission vers la réussite.

Le légendaire Arthur Samui.

À sa droite se tenait Adams : un colosse calme aux cheveux noirs, des pectoraux évidents sous son t-shirt, et un teint basané qui contrastait avec celui de son supérieur. Debout, il tanguait légèrement au rythme du métro. Il observait Arthur relire le document pour la deuxième fois depuis leur départ.

Arthur murmura, presque inaudible :

— Quatre morts, quatre fleurs... et aucun lien entre les victimes.

Adams agita ses oreilles. Sa race canine lui permettait d'entendre et de sentir tout. Ce dossier n'avait rien de rassurant. Trop maigre. Trop flou. Un mystère complet.

Qui es tu ... Chloé ?Des histoires addictives. Découvrez maintenant