Tom jeta son stylo avec rage et tourna sa chaise de bureau face à son lit. Voilà plus de deux heures qu'il était sur ses devoirs, et il n'avait eu qu'un devoir maison d'Anglais. Bon sang, mais qui avait bien pu inventer cette langue de barbare ? Il désespérait de voir le bout de son expression écrite tellement il n'avait rien compris au sujet. Pourquoi infligeait-on une telle torture aux adolescents ? C'était à s'arracher les cheveux.
Il souffla, tentant de se détendre, puis se retourna vers son bureau. La simple vue de sa copie lui donnait envie de pleurer et de se jeter depuis sa fenêtre. Il savait qu'il aurait du partir en CAP Coiffure, il le savait ! Mais non, il avait pris une filière générale et il le regrettait amèrement car lui et les langues, ce n'était pas ça du tout.
N'ayant pas envie de s'énerver d'avantage, Tom se releva et se dirigea vers sa fenêtre qu'il ouvrit. Un peu d'air ne lui ferait pas de mal. Bien au contraire. Une fois qu'il serait requinqué, peut-être même qu'il brûlerait son sujet d'anglais, histoire d'être définitivement apaisé pour le reste de la journée.
Il prit le paquet de cigarettes qui se trouvait dans la poche arrière de son baggy et s'en alluma une. Il ne lui manquait plus que son infusion aux fruits rouges et il serait au paradis.Le ciel commençait à devenir orangé, le soleil déclinait doucement, et l'air était légèrement plus frais que lorsque Tom était rentré du lycée. C'était beau à voir... mais pas forcément des plus agréable. Tom frissonnait et claquait presque des dents. Quelle idée aussi de toujours se balader en marcel chez lui.
Il tourna la tête vers la gauche et observa son jardin et celui de son voisin. Il y avait quelques feuilles mortes sur le sol, mais les arbres et les pelouses étaient encore bien vertes. Mais pour son voisin, ça ne comptait pas, ce n'était pas du vrai gazon. Combien de fois il avait vu des livreurs de chez Jardiland sonner chez son voisin, il ne comptait plus à force.
Les bras posés sur les montants de sa fenêtre, il réfléchissait. A tout et rien en même temps. Depuis quelques semaines maintenant, Tom ne voyait plus ou presque ses amis. Ils s'étaient tous trouvé un ou une petite amie. Tom se sentait extrêmement seul, et aussi mal. A dix-sept ans, il n'avait eu qu'un flirt, et ça avait été avec une fille en sixième. Depuis les choses avaient changées, Tom ne s'intéressait plus du tout aux filles et n'avait jamais eu de petits copains -sauf dans ses rêves. D'une certaine manière, c'était triste, mais l'avantage qu'il avait par rapport à tout ses amis était qu'il ne dépensait jamais son forfait mobile en quelques jours à peine, et qu'il n'avait personne pour lui casser les pieds en continue. Il avait la chance d'avoir la tranquillité que ses amis n'avaient plus.
Il tourna la tête légèrement vers la droite, admirant la façade de la maison voisine qui était tout aussi refaite que la pelouse. Son voisin devait être riche ou avoir de sacrées réductions dans les magasins spécialisés en décorations d'extérieurs. (Ou peut-être qu'il travaillait dans l'un de ces magasins.) Tom se faisait régulièrement cette réflexion, à chaque fois qu'il fumait une cigarette à la fenêtre en fait. La maison voisine était le plus gros mystère de son adolescence. Jamais il n'avait vu son voisin (il avait su que c'était un homme en lisant son nom sur sa boîte aux lettres.), n'avait encore moins vu de lumière provenant de chez lui, rarement sa voiture était garée devant la maison et il semblait ne recevoir uniquement la visite du facteur.Ça l'avait toujours intrigué car, si personne ne semblait vivre dans cette maison, comment le jardin et la façade pouvaient être régulièrement entretenus ?
Tom éteignit sa cigarette en l'écrasant contre le petit mur de brique soutenant sa fenêtre et retourna dans sa contemplation. Certes il n'y avait personne dans la maison d'en face, elle s'entretenait sûrement toute seule, mais elle était incroyablement belle. Pas comme la sienne que ses parents n'avaient le courage de décorer de l'extérieur. La peinture sur les murs et la barrière devait être au moins aussi vieille que lui.
Ce que Tom aimait le plus quand il regardait la maison voisine, était les petits pots de fleurs déposés à chaque bord de fenêtre. Il trouvait ça vraiment charmant et que son voisin avait vraiment bon goût. -Tom adorait les fleurs plus que de raison. Mis à part les goûts raffinés de son voisin et son absence quasi permanente, la seule chose que Tom savait de lui était qu'il rentrait chez lui le soir, au moins trois fois par semaine et que ses pots de fleurs n'étaient pas du tout là pour la décoration.
Il y avait bientôt un an de cela, alors que Tom cherchait à occuper ses petits cousins en jouant au foot avec eux, le ballon était parti s'échouer magistralement dans l'un des pots de fleurs qui tomba au sol, et en allant ramasser le pot, Tom découvrit un véritable attirail d'espion. Il y avait des jumelles, une paire basique, et l'autre à vision infrarouge. Tom avait bien sûr trouvait cela plutôt étrange, mais lorsqu'il avait relevé la tête et qu'il vit d'où étaient tombées les fleurs, il en avait brusquement déglutit. Les fleurs venaient de la fenêtre qui donnait sur sa chambre. Son voisin l'espionnait.
Depuis un an maintenant, et après s'être fait à cette idée, Tom n'était plus vraiment le même. Certes il n'avait pas (eu) de petits copains, il ne voyait quasiment plus personne à cause de l'importance que la vie sentimentale de ses amis prenait, mais il s'était clairement dévergondé. Il lui arrivait encore de s'étonner de ses agissements, mais il arrêtait vite d'y penser en se faisant la réflexion que s'il s'amusait et qu'il prenait son pied, ce n'était pas mal. Depuis un an maintenant, Tom avait arrêté de mettre son gros pull en laine quand il rentrait des cours, il ne jurait plus que par les marcels, il se fumait une cigarette à la fenêtre de sa chambre en sachant pertinemment de ce à quoi il pouvait ressembler quand il fumait, il ne fermait plus ses rideaux, et s'adonnait à toutes sortes d'activités susceptibles d'exciter son voisin. Et ce dernier, sans vraiment s'en rendre compte, savait beaucoup plus de choses sur Tom que n'importe qui d'autre. Il était le seul à savoir pour son homosexualité, ses plaisirs solitaires dans son lit tard le soir et pour la perte de sa virginité. Avec un gode. Il était le seul à savoir que Tom était une vraie dévergondée.
Tom rit en repensant à ce souvenir. Il ne se souvenait même plus comment il s'était procurer le sex toy. Mais ça avait été son meilleur orgasme jusqu'à maintenant. De pouvoir se satisfaire comme il en avait vraiment envie, et savoir que son voisin l'observait, qu'il devait certainement se masturber devant la scène, avait fait grimper l'excitation encore plus vite et fort que d'habitude, et la jouissance n'en avait été que meilleure. Bien sûr, Tom aurait préféré avoir eu sa première fois avec un autre garçon, mais de savoir qu'il était assez désiré pour être épié comme le faisait son voisin avait suffit à le satisfaire. Ça lui avait plu car, pire que son obsession pour le sexe, Tom aimait plus que tout se sentir observé. Il était systématiquement emplit d'une sensation de plénitude et d'extase.
Il rit encore plus en se disant que, même lorsqu'il était avec son meilleur ami, il cachait ces détails. Pour tous les autres, Tom était ce garçon discret, un peu timide et à l'humour franchement douteux. Mais une fois qu'il était dans sa chambre et que les rideaux étaient ouverts, il était vraiment lui. Tom aimait provoquer, même en étant aussi timide, alors quand il avait su pour son voisin, il lui avait simplement fallut le temps de réaliser qu'il était espionné dans son intimité avant de prendre goût à chauffer son voisin, encore et encore. -D'autant plus que Tom n'était pas censé savoir qu'il était épié tous les soirs.
Tom retourna à son devoir d'anglais, et, en s'asseyant, il prit soin de s'asseoir délicatement, posant son postérieur sur le bord de sa chaise et cambra exagérément le dos en faisant mine de se concentrer sur son exercice.Qu'est-ce que c'était bon de se sentir désirer et de pouvoir en jouer.
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Jouis pour moi
FanfictionTom a un voisin un peu voyeur qu'il adore allumer depuis sa fenêtre.
