Taehyung - Passion

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Le froid mordait, en ce mois de Décembre. Je pressais le pas, resserrant mon écharpe autour de mon cou, tandis que les premiers flocons de la soirée commençaient à tomber. Mon téléphone se mit à sonner, annonçant l'appel journalier de ma meilleure amie, ce qui fit apparaître un sourire sur mes lèvres quand je décrochais :

-Alors ?

-Alors quoi, me répondit une voix pâteuse ? Tu veux que je te raconte la douleur que c'est, de devoir mettre un réveil à deux heures du matin pour pouvoir entendre ta voix ? Oh, tu parlais peut-être du dîner de mon boulot ?

Je souris à nouveaux, pressant le pas vers la foule attendant à un passage piéton.

-Que veux-tu, la situation serait différente si tu avais bien voulu m'accompagner ici.

-Mais pourquoi ais-je une amie assez frappée pour accepter un échange à Séoul alors qu'elle ne parle même pas un mot de coréen ?

-Maiheu ... je me suis bien améliorée en 6 mois, non ? Bon, bref, et ton dîner ?

-Affreux, geignit Charlotte. Il n'y avait que des vieux barbons, je devais être la seule femme de moins de 25, non, 30 ans, même. Enfin, reprit-elle sur un ton plus joyeux, je t'annonce que j'ai eu une magnifique promotion, ma vieille !

-Fantastique ! Tu m'excuseras, je ne peux pas faire de danse de la joie dans la rue, mais le cœur y est.

-Mais je n'en doute pas, chère T/P ! Tu n'es pas encore rentrée chez toi ?

-Non, tu te souviens, je t'ai dit que j'allais à une exposition, ce soir.

-Ah oui, encore Van Gogh, hein ? Tu ne le lâches pas, même en Corée.

-Que veux-tu, le feu sacré se cultive.

-Mouais ... Tu en manges toute la journée, du Van Gogh, et tu remets le couvert pendant le temps libre. Attention à l'indigestion.

-D'accord, j'achèterais du bicarbonate de soude demain, souris-je. Je dois te laisser, j'arrive devant le musée. A demain, encore bravo pour ta promotion.

-A demain, ma vieille.

-A demain, ma jeune.

Je raccrochais, ragaillardie par la verve de mon amie, et me dirigeai vers l'entrée du musée, où quelques personnes attendaient déjà. Je pris mon entrée et pénétrai dans l'enfilade de pièces de l'exposition, admirant les tableaux prêtés par des musées des quatre coins du monde.

Il était vrai qu'avec mes études d'art, et ma spécialisation dans la peinture de Van Gogh, j'en mangeai tout les jours. Bien que je ne sois encore qu'une jeune étudiante, je commençai à me faire un nom dans le monde de l'expertise de tableau, et c'est ainsi qu'une agence d'un grand commissaire-priseur de Séoul m'avait proposé ce stage d'un an, avec une promesse d'embauche à la clé.

Je déambulai dans les allées, regardant quelques fois, m'arrêtant souvent, admirant ce style unique à qui j'avais vouée ma vie.

Totalement absorbée, je ne m'apercevais pas du nombre décroissant de visiteurs. Ce n'est que quand une heure fut passée que je me rendis compte du passage du dernier visiteur. Les allées vides et les lumières tamisées me mirent la puce à l'oreille, et je me rendis à la sortie, où je découvris avec effroi les battants clos. Je me mis à tourner sur moi-même, désorientée, cherchant une échappatoire, ou quelqu'un pour m'aider, quand mon regard accrocha quelque chose dans la pièce d'exposition contigüe. Il y avait quelqu'un debout, face à un tableau.

Je m'approchai. L'inconnu se retourna. Il portait un masque et une casquette, mais je perçus un mouvement de fossettes indiquant qu'il souriait.

-Tiens ? Moi qui pensais être seul à cette heure-là ?

Imagines BTSWhere stories live. Discover now