Harper
Le soleil doit être couché depuis à peine quelques heures, lorsqu'elle entend Evanne courir à grandes enjambées jusqu'à elle. Ses pas résonnent dans le long couloir du bunker, le son se répercute et s'amplifie au fur et à mesure qu'elle progresse. Les yeux d'Harper sont rivés sur l'écran fixé au dessus de son lit, les bruits émanant du couloir s'intensifient au même rythme que son regard avançant sur l'image, chaque soubresaut la ramène un peu plus à l'aube de ses souvenirs. Cet écran minuscule est la seule chose physique que l'on ne lui ai pas encore arrachée, le seul pansement pour la douleur que Charly ait réussi à lui offrir.
Comme une sorte d'ouragan, Evanne déboule dans la chambre d'Harper, un sac de viande reconstituée à la main. Ses pupilles se dilatent lentement pour lui permettre d'y voir plus clair. Dans la pénombre, elle tente d'attraper la télécommande posée sur le rebord de son lit, en une pression sur le bouton, toutes les lumières s'allument et apparaît alors devant elle le visage livide de son amie. Son regard est plongé dans celui d'Harper, une fraction de seconde suffit pour lui confirmer que quelque chose cloche.
-Harper, lui dit-elle dans un souffle. Harper, il faut que tu viennes avec moi, il faut qu'on réveille Charly !
-Tu penses sérieusement qu'il dort à cette heure-ci ? lui répondit-elle en rigolant doucement.
-On a pas le temps de rigoler Harper ! On doit se dépêcher, si on ne fait rien maintenant on va...
-On va quoi Evanne ? murmura Harper.
Elle était maintenant elle aussi prise de panique face à la mine déconfite de son amie. Harper la voyait lentement décliner, sa vision se brouillait de larmes et ses genoux flagellaient dangereusement. En un instant, Evanne s'était retrouvée par terre. En sautant aussi vite que possible de son lit, elle parvint à la rejoindre sans encombres. Prenant son maigre visage dans ses mains Harper la fixait intensément.
-Eh, calme toi et explique moi ce qui se passe nom d'un chien ! Sèche tes larmes Evanne, tu sais bien que c'est moi qui pleure ici pas toi. Aller, viens on va chercher Charly.
La voyant incapable de lui expliquer quoi que ce soit,elle caressa doucement sa joue avec son pousse pour repousser ses sanglots. Harper les releva consciencieusement et se dirigea, accompagnée d'Evanne, droit vers le canapé du salon. Toutes les lumières s'allumèrent sur leur passage pour les laisser admirer les murs gris et monotones du bunker dans lequel elles survaient depuis des années maintenant. En prenant soin de la déposer soigneusement, Harper s'écarta de quelques pas pour s'accouder au bar.
-Charly ! appela-t-elle en sachant pertinemment que ses cris seraient perçus.
Elle détourna alors les yeux une seconde vers le couloir, juste à temps pour apercevoir Charly émanant du couloir et traînant des pieds jusqu'au lavabo pour se servir un verre d'eau.
-Le débit d'eau est faible. Evanne tu as vérifié les constantes ? demanda-t-il tout en portant le verre à ses lèvres.
Evanne se redressa et essuya ses joue d'un geste désinvolte de la main.
-C'est de ça dont il est question Harper, Souffla-t-elle.
-Tu peux être plus précise ? s'enquit Charly.
Son regard semblait mort, sans vie, tous les trois prenaient conscience de la gravité de la situation mais personne ne l'assimilerai complètement tant que quelqu'un n'énoncerait pas les faits.
-Charly, Harper, ce sac de viande fait parti de nos dernières rations, Annonça-t-elle durement. Et si le débit est si bas, c'est parce qu'on arrive au bout des ressources qui nous ont maintenues en vie jusqu'ici.
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Earth Without You
Science Fiction-Jour n°2190 : "Je m'appelle Harper Hudson et j'avais treize ans le jour de l'effondrement. Après avoir vu les grandes puissances mondiales se battre dans un affrontement nucléaire sans fin, quatre-vingt seize pourcent de l'humanité a été éradiquée...
