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Prologue

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Ma première pensée dans ce monde, c'est qu'il est bien sombre.

Pour être plus précise, j'ai l'impression de flotter dans un abysses sans fond, des ténèbres impénétrable, accueillante comme sacrément effrayante. Je ne ressens rien, qu'une multitude de pensées confuse, de questions sans réponses, d'émotions en pagaille.

Celle qui revient le plus souvent c'est celle-ci :

Qui suis-je ?

C'est étrange dit ainsi, je sais. Mais pour moi, ou plutôt nous, c'est plus terrifiant que autre chose. Ne plus savoir qui on est, son prénom, son passé, son propre caractère. Ne pas avoir d'identité. C'est terrible, horrible même. On ne peux pas comprendre, je pense. Être quelque chose sans nom. Quelqu'un, mais quoi au juste ?

C'était impressionnant à quel point tout semblait immobile, hors du temps, dans une autre dimension mais aussi réel, avec des pensées et des questions qui virvolte, danse dans mon esprit. Ça aussi c'est horrible, d'être coincé avec nous même sans rien d'autre. Même sans rien, je sens qu'il me manque quelque chose d'essentiel. Je ne peux pas mettre le mot sur ce sentiment. Même dans le futur, je ne le pourrai.

Combien de temps suis-je dans cet état ? Des années ? Des mois ? Au moins plusieurs heures de conscience inconsciente. Je pense. Je ne sais pas. Je doute, je ne suis pas sûr. Je crois que j'ai peur en tout temps.

Puis tout change radicalement, comme ça, sans que je ne l'ai demandé.

La douleurs arrive. D'abord par un léger picotements qui me parcours, puis la sensation de lourdeur, d'étouffement. J'hoquete. Que se passe t-il ? Grosse migraine. Je tremble, la souffrance est partout, me poursuit. J'aimerai retournai dans le vide d'avant, sans rien d'autre que les pensée. J'aimerai également découvrir ce qu'il se passe. Ne plus rien ressentir comme douleur.

« Max, Max ! Elle se réveille. Regarde ! Regarde ! Elle bouge ! »

Une voix parle, ou plutôt cri dans les oreilles pour ne rien arranger au mal de tête. Elle est stridente, aiguë et horriblement agaçante. Quelqu'un d'autre lui répond. Je ne sais pas quoi, tout s'embrouille. J'ai un vertige endormis, j'ai l'impression de suffoquer. Affolée, j'ouvre les yeux brutalement et pousse un gémissement de douleurs. La lumière m'aveugle, brusque, sauvage. Maudite lumière.

« Hé, du calme. J'ai fais sortir ma sœur. Tout vas bien ? »

Je cligne des yeux. Un garçon parle, je crois que c'est pour moi cette question. Néanmoins ma gorge est trop nouée pour que je puisse tout de suite répondre. À la place, je me recule et m'appuie contre le mur. Visiblement j'étais allongée sur un lit, qui est aussi dur que de la pierre soit disant passant, accroché au mur. Je souffle, avec toujours ce malaise, cette impression de ne pas pouvoir respirer convenablement.

« Je... Où ?
— Tu es dans l'arène des métamorphes, l'un des pire endroit au monde. » Explique le garçon en me regardant. Il doit facilement avoir dix-sept ans. « Non, je ne te veux pas de mal. Je suis aussi prisonnier ici, t'inquiètes. On c'est tous retrouver dans la même situation. Comment te sent tu ?

— J'ai mal, très mal. Et j'ai l'impression de... D'étouffer.

— Tu dois être une métamorphe oiseau, c'est courant, je tente de l'interrompre pour demander des explications mais il secoue la tête. Garde tes forces. Les cellules viennent d'être ouvertes, je t'expliquerai tout ça devant un bon repas. Tu dois être faible dans ton état. »

Étrangement et ironiquement, je me sent vexé. Sans doute suis-je succeptible. « Je ne me souvient de rien. » Je laisse tomber cette information, inconfortablement appuyé sur le mur. J'observe la cellule. Les murs sont blanc, entièrement blanc. J'aime pas cette couleur, je le ressent. De petite commodes sont disposés dans la chambre. Aucune fenêtre.

« C'est normal, ça ne devrait pas tarder à te revenir. Au pire des cas on te trouvera un surnom.
— Tu as dis qu'on été prisonniers. C'est vrais ?
— Oui. Ici tout est artificiel et personnes ne se souvient d'autre chose que de son prénom. Aucun contact avec l'extérieur.
— Ça parle de quoi, le livre là bas ?
— Hein ? On n'a pas de... Oh, la Mémoire des oubliés ? »

Il se tend comme un ressort. Je comprends alors que je suis également une personne observatrice. Le garçon se dirige vers la commode où trône un petit livre, à la couverture entièrement grise, plutôt épaisse. Sans doute en cuir, je ne sais pas. Il l'approche et me le montre. Alors que je l'attrape, il se frotte la nuque comme embrassé.

« J'avais dis à Leïla de le ranger. Écoute moi, il est très important que tu ne dises rien sur ce livre. Je sais, c'est bizarres mais bon il va falloir faire avec.
— Je me souviens ! Je m'appelle Alice. »

Il s'interrompt avant d'éclater de rire. Je comprend que je viens d'interrompre quelque chose de sérieux et bredouille une excuse avant de glisser sur la première page. Des mots sont écrits, et je peux les déchiffrer. Toucher un livre me rassure. Soit j'aimais lire, soit avoir un objet dans les mains me rassure tout simplement.

La Mémoire des Oubliés. Toi qui lis ces mots, repose ce livre et cache le à moins de vouloir en assumer les conséquences.

Je suis surprise et en même temps curieuse. Le garçon me fait signe de rendre l'ouvrage et je lui obéit à contre coeur. Il explique.

« C'est un trésor. On est enfermé et quelqu'un a réussi à se récupérer cela. Voit le comme notre journal à tous. Si on te surprend avec, tu risque de graves ennuis.
— Mais pourquoi ? Je ne comprends rien !
— Car ce livre est le journal de rebelles, ayant soif de liberté. Ils ont écrit leurs vies ici, des conseils, projets d'évasion. Et sans que tu le veuilles tu viens de te mettre dans un de ces pétrin. »

J'ai un mouvement de recule instinctif mais je ne fait qu'appuyer un peu plus mon dos contre le mur, toujours sur mon lit dur comme de la roche. Trop d'informations à digérer. Un haut le cœur me gagne. Il ne comprend pas la peur que je ressens ?

« Pourquoi tu me dit tout ça ? Je ne veux pas ! Je comprends rien !
— Tu es une métamorphe oiseau, et je peux détecter les gens de confiance. Je vais t'expliquer, lève toi et suis moi. »

Il va vers la commode et range le livre dans un tiroir, le cache sous un t-shirt blanc. Encore cette couleur. Je me lève, tremblante et manquant de tomber. Quand on ouvre la porte, une petite fille, sans doute Leïla m'accueille. Je ne sais pas quoi penser.

« Voici le pire endroit au monde, Alice. L'arène des métamorphes. »

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⏰ Last updated: Mar 23, 2020 ⏰

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