La Boite Pandore
Tout le monde a un secret, un squelette dans le placard, caché dans le coin de sa tête. Pas vous ?! Moi, auteur de cette nouvelle, je le conçois, nous ne sommes pas tous conscient de cette part de sobriété qui résonne en nous. C’est difficile de la révéler au monde entier, de pouvoir l’exprimer sans être juger. C’est pour un simple fait divers américain que l’encre de ma plume va couler. Cette histoire peut cependant paraître banale. Effectivement, Les Etats-Unis sont un pays qui relève beaucoup de criminalité, cela attise le suspense et l’émotion. Une de plus dans le lot, peut encore une fois, être une source d’excitation. Cependant, je tiens à le préciser, ceci n’est pas inspiré de la réalité.
Ce matin-là, il faisait froid. La neige remplissait la carrière de la dame Smallow, celle-ci était seule dans sa tanière. Une période de Noël glaciale dans son cœur meurtri, appuyée par ce sentiment intensifié de la solitude. Madame Smallow était assise face à son feu de cheminée, l’odeur la rendait nostalgique. Cette quarantenaire, avait une peau tachée, un faciès sévère et un corps fragile qui, on le sentait, pouvait tomber d’un moment à l’autre. Enivrée par ce doux son de crépitement, on aurait pu s’attendre à passer des heures à ses côtés devant ce souvenir du feu. Un peu, comme si, même un être vivant, n’aurait pu enlever même pas enlever cet état d’inconscience. C’est alors, que son petit corps fit un mouvement soudain, et se leva mécaniquement. Quelqu’un avait toqué à sa porte, elle l’ouvrit. Un petit garçon se tenait devant elle, puis il lui dit, avec un sourire jusqu’aux oreilles
« J’ai perdu mon bonnet, est ce que je peux aller dans votre propriété pour le récupérer ?
Bien sûr, passe par la porte, elle mène à la clairière.
Merci Madame Smallow, répondit-il d’un air enjoué. »
Aussitôt elle ferma la porte, chercha ses anti-dépresseurs et se prépara un thé. Son visage dure s’était adoucit et elle alluma la radio pour suivre les actualités. Est-ce que qu’elle se sentait mal ? Terriblement. Ses médicaments étaient nouveaux et la transportait dans un monde psychédélique. C’est d’une musique que son cœur bondit, ça faisait des années que celle-ci ne l’avait pas entendu. La pauvre femme se retrouva dans cette fameuse chambre, noircie par le temps. Tel un cauchemar celle-ci, sous l’emprise de stupéfiants légalisés, voyait tout en rose et tout en boucle. Elle n’y avait pas remis les pieds depuis 2 ans, la tapisserie paraissait immense et le sol tanguait, semblable à un navire dans l’océan. Son esprit faisait des folies et quand elle vit son ombre, ses pieds se cognèrent à une planche du parquet mal implantée au sol. Elle fut projetée à quelques centimètres du lit. Là où Madame Smallow avait une vue sur une petite boîte. Elle se précipita pour l’ouvrir, le cœur battant à la chamade. Était-ce possible ? La boîte au trésor de la jeune Lou Smallow, 3 ans, se trouvait devant elle. Ce ne fut que quand sa main l’ouvrit, que la boite au Pandore se dessina comme un squelette dans son cercueil. Oui, des tas de babioles sans importances étaient regroupées dedans mais surtout, ce si joli carnet acheté par son père à ses 12 ans. A cette époque, Lou passait son temps à reproduire toutes sortes d’objets, ou artifices de la nature. Sa mère, la Smallow, ne savait pas que la jeune femme avait continué à rédiger et à griffonner pour les laisser dans ce misérable contenant en dessous de son lit. La mère toute bouleversée, hoqueta et feuilleta ce petit bouquin. Elle eut un frisson quand ses yeux parcoururent une page en particulier. Un dessin d’une fille prisonnière et d’un homme haineux fit son apparition, griffonné, à peine visible, à côté de quelques mots. Des larmes se mirent à couler et ses yeux devinrent rouges, Madame Smallow avait compris la tragédie. Elle avait eut l’impression de suffoquer au fur et à mesure qu’elle regardait les secrets de son enfant. C’est d’un air enragé qu’elle perdit connaissance. Dans ces songes pendant quelques secondes dans son subconscient, qui finalement étaient des heures dans le monde réel.
En effet, La jeune y expliquait sa vie de petite adolescente ordinaire, ses quelques histoires d'amour et les sentiments éprouvés durant cette dure période. Lou était une belle fille, charmante et passionnée par l'art. Tout son être se reflétait à travers le bouquin poussiéreux. Madame Smallow, pris un simple mouchoir et le serra fort contre elle, son cœur battait car elle avait vue. Elle avait compris, la raison du suicide de sa fille. Lou avait été abusée, de son corps elle se sentait salie. De sa tête, celle-ci se sentait désemparée et seule. Tout y était écrit, de son désespoir, jusqu'à ses sombres pensées. Ce n’est pas elle qui s'est suicidée mais son oncle qui l'as tué. De ses mains râpeuses, jusqu'à celles trop baladeuses. De sa bouche affreuse, et de sa queue miteuse. C'est ainsi que Madame Smallow, se perdit dans ces sombres images décrites par sa fille. Plus elle lisait, plus la haine se faisait grande. Oui, le bougre l’avait touché, le propre frère de la dame sens dessus. Madame Smallow, imaginait la scène. Infirmière de nuit, celle-ci laissait souvent sa fille seule avec son oncle. Assez de temps pour lui, de faire sa petite affaire sadique à sa chère et tendre nièce. Oui, elle avait compris que son frère avait faim de chair fraîche et que celui-ci n’avait pas de rancœur ni de remords. Quand la mère comprit aussi que celui-ci, n’était rien d’autre qu’une vulgaire ordure méritant de passer sa vie à réfléchir sur ses actes en prison ou pire sur la chaise foudroyante. Lui, qui avait, au même titre que les pauvres parents, pleurer la mort de la jeunette n’avait pas le droit. Peut-on réellement parler de justice ?
Anne se surprit elle-même, ses mains touchèrent chaque page, chaque meuble, chaque soupçon de cette si sombre pièce. Et dans cet instant de douleur, une idée lui traversa l’esprit. Alors, elle prit ce pistolet appartenant à son mari, dévala les escaliers. Se pencha pour attraper ses clés, tremblante, elle mit en marche le contact et commença à rouler. Les médicaments ne faisaient, à cette heure, plus effet. Mais, sa tête ne marchait plus, en ayant n’avait rien à foutre de ses pensées, de sa peut-être future culpabilité. De ses paumes en sueurs, elle le trouva seul, dans son salon. Il avait cette allure du grand homme viril. Il ne put se retourner assez vite, que la main de Smallow appuya sur la gâchette et l'anéanti d'une balle dans le dos. Elle appela la police, puis se rendit. Madame Smallow avait décidé d'être juste : une vie pour une vie.
Le jugement de la pauvre femme fut fatal et son sort scellé dans le couloir de la mort, où on l’entendait parfois crier. Oui, car ce moyen de communication, était un signe de vie, ou plus encore, un signe d’espoir. Il lui avait fallu un très mauvais avocat, qui ne défendit presque pas sa cliente pour se retrouver enfermée dans cette pièce telle une pestiférée. Elle était la femme qui avait tué son frère, un crime familial avec des conséquences lourdes sur son futur.
Aujourd’hui, elle le savait, elle n’avait plus d’avenir. Alors perdant la tête dans sa cellule, Anne tournait en rond. Un lion en cage en serait une belle métaphore. Effectivement, Smallow était consciente d’une chose : ce n’était pas elle qui aurait dû pourrir dans ce cachot mais bien son aîné, Luc Smallow.
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la boîte pandore de Lou
Historia CortaUne nouvelle pleine d'émotion, un déroulé tragique. Bonne lecture.
