Chapitre 38 : La cité blanche (partie 2)

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Suivant Aven et Loan ouvrent la marche, le petit groupe monte toujours plus sur les hauteurs de la ville, palier après palier. Au bout d'un petit chemin sinueux taillé dans la roche blanche, ils débouchent sur une ferme. De là, la vue sur la ville était imprenable. Avant même qu'elle soit arrivée au bord du palier, l'attention fut attirée par des gloussements d'animaux. Elle tourne la tête pour découvrir de splendides oiseaux. Immédiatement, elle s'approche de plus près pour les contempler. Ils sont semblables aux petites mésanges qui chantent dans le parc de Laorelon au printemps, mais ceux-ci mesurent presque deux fois sa taille. Leurs plumes paraissent douces, parées de jolies couleurs claires et nuancées de pastel. L'un des animaux s'avance en sautillant. Instinctivement, Erine recule. L'oiseau s'immobilise, apparemment surpris, puis en roucoulant, il abaisse sa jolie tête.

— Allez-y, gratouillez-lui la tête, il adore ça ! indique une voix masculine.

Erine contemple brièvement l'homme. D'une trentaine d'années, il affiche une barbe mal taillée et des cheveux blonds en bataille. Il porte toute une flopée d'équipements, de sangles et tapis qu'elle ne prend pas la peine de détailler. La jeune femme lève la main en direction de la bête. Immédiatement, il frotte son crâne duveteux sur son bras. Il ne lui en faut pas plus pour tomber en extase devant lui. Sa tête et son ventre sont recouverts d'un duvet clair et moelleux dans lequel ses mains s'enfoncent. Son large corps, lui, est enveloppé de grandes plumes aux couleurs plus ou moins vives.

Des piaillements attirent l'attention d'Erine et elle remarque une colonie d'oiseaux, certains circulant en liberté, d'autres sagement installés dans des enclos. Il y en a de toutes les tailles et sûrement de tous les âges. Plus à l'abri des regards, une femelle nourrit ses petits, pendant que d'autres font dorer leurs plumes au soleil.

— Que sont-ils ? demande Erine à l'homme quand il passe à sa hauteur.

— Se sont des Colortit geantes, lui indique-t-il, c'est une espèce d'oiseaux très rares qui vit dans les collines rocheuses de la cité. Mon travail consiste à préserver leur environnement et assurer la pérennité de l'espèce.

Il sort, d'un saut, de la nourriture qu'il donne à l'oiseau.

— Ce sont des bêtes très douces, fidèles et amusantes, comme vous le constaterez.

Subjuguée, Erine ne cesse de gratouiller le crâne de son nouvel ami. Les yeux clos, l'oiseau tend son cou et roucoule fortement.

— Vous ne vous déferez plus de celui-là, ajouta l'homme en riant, un vrai pot de colle.

Pour se débarrasser de l'animal, l'homme jette au loin de la nourriture sur laquelle il se rue.

— Suivez-moi, leur intime-t-il alors.

Ils traversent toute la ferme. Chaque animal qu'Erine croise leur tire des soupirs d'admiration. Ils sont tous adorables et ont dans le regard quelque chose d'attirant. Dès qu'elle le peut, Erine, tout comme ses amis, passe sa main sur leur petite tête touffue.

Au bout d'un couloir, ils débouchent sur une nouvelle esplanade dont la vue donne sur des collines rocheuses et les plantations de fruits. Les champs de culture s'étendent à perte de vue. L'homme les laisse un instant profiter du paysage. Erine soupire, heureuse de profiter de cette parenthèse paradisiaque. Sa contemplation de l'horizon est interrompue par des roucoulements dans son dos. Elle se retourne pour découvrir trois Colortits équipés de selles. Le sourire espiègle qui se dessine sur les mines de Loan et d'Aven ne lui dit rien qui vaille.

— Quand nous avons su que nous ferions étape ici, nous avons réservé une petite surprise pour vous, une balade dans les airs, s'exclame Aven, ravi de son cadeau.

Le Cristal Pur ~ Tome 1 ~ TERMINÉOù les histoires vivent. Découvrez maintenant