Chapitre 35 : Je te sauverai

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Quand Erine franchit les grilles de Laorelon, cela lui fait tout drôle. Elle est entourée d'un grand nombre de ses camarades, tous sourire aux lèvres et hurlant leur joie de quitter pour quelques jours ce qu'ils estiment être devenu leur prison. De nombreux parents sont là pour récupérer leurs enfants. Après des semaines de séparation, les scènes de retrouvailles sont assez touchantes. Le répit sera de courte durée : au lieu de s'étendre sur un mois comme d'ordinaire, les vacances ne dureront que quelques jours. Mais, ça n'empêche pas chacun de les accueillir à bras ouverts.

Avant de prendre le train pour rentrer chez elle, Erine se rend une dernière fois au chevet d'Anaiel. Elle n'y est pas allée depuis plusieurs jours, n'ayant plus la force de voir son amie s'éteindre à petit feu. Cependant, elle ne peut pas quitter Orfey sans la voir une dernière fois. Erine ne peut se sortir l'idée de la tête que son amie peut désormais les quitter à tout moment. Si elle mourait durant son absence, elle ne se pardonnerait pas de ne pas l'avoir pris dans ses bras une dernière fois.

Erine pousse la porte de la chambre. Anaiel est dans son lit, couchée sur le côté, tournant le dos à la porte. Davin, assis à côté dans le fauteuil, lit un livre. Il lève les yeux vers Erine lorsque celle-ci passe entre lui et la lumière. Elle lui adresse un léger sourire qu'il lui rend avant d'indiquer sa présence d'une voix très basse à Ana. Il se lève ensuite pour laisser sa place et quitte la pièce dans un mot de plus à l'attention d'Erine.

Dès qu'elle s'installe sur l'assise, Erine sent les larmes imbiber ses pupilles et son nez la piquer. L'extrême paleur et la maigreur de son amie lui donnent envie de fuir. Anaiel tente d'esquisser un sourire, mais même cette action banale lui demande un énorme effort. Cependant, dans ses yeux, Erine lit la sincérité de son geste. La jeune femme prend les mains de son amie dans les siennes tout en continuant de la contempler. Pour une fois, Erine n'a pas de contrainte horaire, elle peut passer la nuit là si elle le désire. Aucun couvre-feu ne la presse. Doucement, elle caresse les cheveux de son amie, voulant lui montrer que même si elle n'est pas venue la voir pendant un moment, elle tient toujours autant à elle. Sa peau est toujours aussi glaciale, la froideur se répand dans tous les membres d'Erine, à tel point qu'elle a le sentiment que son feu intérieur lui-même, semble éteint.

— Aujourd'hui, deux personnes sont mortes, dit Anaiel avec une voix à peine audible, je fais partie des prochains, Erine ...

Erine est obligée de tourner la tête pour que son amie ne la voit pas réprimer un sanglot.

— Je t'interdis de dire ça, Ana ...

— Au moins eux, ils sont libres, libres de quitter cette prison.

Elle réalise alors qu'elles ont chacune eu leur propre prison ces derniers temps. Erine enfermée entre les murs de l'école, Anaiel entre ceux de l'hôpital.

— Je te promets que tu quitteras cet endroit, mais debout et en bonne santé.

Des larmes s'échappent de ses yeux mi-clos et perlent le long de son visage.

— Ne sois pas naïve, dit-elle avec une extrême douceur. Je vais mourir ici, comme les autres. Je n'ai plus la force d'attendre, je suis fatiguée, épuisée même, je ne peux plus rien faire, mon corps, mon esprit, plus rien ne m'obéit. Je ne vis plus, je survis, attendant patiemment d'être libérée.

Erine n'y tient plus et fond en larmes. La paume gelée de son amie se pose sur sa joue.

— Ne pleure pas ...

— Comment veux-tu que je ne pleure pas ? rétorque Erine. Tu n'as pas le droit, Ana, tu n'as pas le droit de mourir. Tu vas vivre, tu as encore de belles choses à vivre, tu vas te relever et tu vas danser.

— Je me meurs, Erine, je me meurs. Vous m'aviez mise en garde contre la sphère de vent, j'ai failli, je le paye maintenant.

Elle agrippe les mains d'Erine toutes ses forces et l'attire contre elle. Toutes leurs larmes se mêlent maintenant qu'elles sont côte à côte.

— J'ai peur, Erine, je suis pétrifiée, mais je dois me faire une raison.

Le cœur d'Erine va exploser de douleur. Elle ne peut plus supporter de l'entendre dire cela. Son amie ne peut pas mourir maintenant, elle doit leur laisser le temps d'accomplir leur mission, leur laisser une chance de la guérir.

Erine s'arrache à son étreinte.

— Nous te sauverons, je te le promets.

Anaiel a déjà refermé ses yeux et ses traits ont retrouvé une certaine sérénité. Un petit sourire enfantin, le sourire qu'elle a toujours su le mieux faire, s'est dessiné sur ses lèvres. Erine l'embrasse sur le front, priant pour que ça ne soit pas la dernière fois. 


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Est-ce la dernier voit qu'Erine voit Anaiel vivante ? 😥 Très bonne question ! 

Ce chapitre est assez court, mais je ne voyais pas l'intérêt de le faire durer 2500 mots juste pour le plaisir. Qu'en pensez vous ? 


See u soon pour la suite

Le Cristal Pur ~ Tome 1 ~ TERMINÉOù les histoires vivent. Découvrez maintenant