I'm thinking about you

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Dans un monde idéal, l'idéal n'existerait pas. Rien ne serait bien, très bien ou parfait. 

Tout serait.

Simplement.

Dans un monde idéal, tout se passerait toujours comme prévu. Jamais personne n'aurait d'attente trop élevée. Et donc personne ne serait jamais déçu, triste.

Dans un monde idéal personne ne dirait jamais un mot de travers, personne ne serait jamais blessé. Personne ne se sentirait mis à l'écart, à côté de la plaque, seul. Il n'y aurait que les rires retentissants provoqués par le bonheur de tous être ensemble. Le bruit de friction des mains qui se serrent les unes les autres, des accolades toujours bien dosées et honnêtes. Des baisers tendrement déposés sur les joues rougies par un sentiment agréable d'appartenir à un groupe, d'appartenir entièrement à une société juste et aimante.

Dans un monde idéal il y a de la place pour tout le monde. L'acceptation ne serait plus vue comme de la bonté mais comme quelque chose de dû, de « normal », qui coule de source car tout le monde irait bien. Ayant pour ultime principe la bienveillance, pour faire écho au bonheur.

Dans un monde idéal il n'y aurait pas de guerre, pas de crise économique, pas de chômage, pas de grève, pas de dictature : rien qui ne soit négatif.

Dans un monde idéal il n'y aurait que le respect, la tendresse, la bienveillance, l'amitié et l'amour.

Dans un monde idéal il n'y aurait pas de mauvais parents, ni de mauvais enfants. Il n'y aurait que des parents aimants, des enfants épanouis. Tout se déroulerait avec douceur. L'empathie et la compréhension seraient les maîtres mots de chaque relation entre chaque individu.

Dans un monde idéal la mort ne serait plus qu'un mirage, une autre porte, une autre dimension. Une ouverture ou une extension. Mais plus quelque chose d'effrayant, plongeant l'Homme dans une tristesse immense.

D'ailleurs, dans un monde idéal, il n'y aurait plus de tristesse, de dépression, de colère, de crimes, de délits. Il n'y aurait plus de justice humaine. Car nous n'en aurions plus besoin. Seul la loi de la Nature régnerait parmi nous.

Mais si un monde pareil existait alors on ne saurait plus reconnaître la valeur de chaque moment joyeux, des frissons provoqués par les jours heureux. Nous ne pourrions plus nous sentir chanceux de vivre un moment particulier.

Si ce monde idéal existait alors nous n'aurions jamais pu lire l'histoire de Louise passant le nouvel an en présence de Vandy car il n'y aurait pas eu de place pour leurs âmes égarées. Jungkook n'aurait jamais pu redonner confiance à Taehyung qui se sentait moins bien que tout le monde. Jamais Daël n'aurait pu franchir le seuil de l'Église pour tenter de se sauver.

Et alors nous serions passés à côté d'histoires d'individus qui, sûrement, existent quelque part dans notre monde.

Des gens qui veulent une place, qui la cherche, qui parfois la trouve, parfois pas.

Laissons-leur une place dans nos cœurs, un instant.

Parce que le monde idéal est loin de l'être. Tout comme une prison dorée reste une prison. Il faut être reconnaissant du monde tel que nous le connaissons parce qu'il regorge de Vandy, de Louise, de Taehyung et de Daël qui n'attendent qu'une place.

Une place qui existe dans notre monde et non dans l'idéal. 

U(Dys)topiaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant