Et puis il y avais cette fille aussi. Elle allait mal, putain qu'est-ce qu'elle allait mal. Et j'aimais croire que je l'aidais. Mais elle me faisait pas confiance. Je savais rien d'elle, de pourquoi ce mal la rongeait tant. Je me sentais tellement impuissante. Pendant plusieurs mois on a parlé, plusieurs mois pendant lesquels je m'endormais en culpabilisant de la laisser, et pendant lesquels je me réveillais avec la peur qu'elle soit partie de ce monde. Malgré cette peur incessante qu'elle me faisait vivre, j'aimais lui parler, la réconforter, passer ces moments "avec elle" bien que des centaines de kilomètres nous séparait. Puis, au milieu de ce chaos qu'était devenue ma vie, se fut moi qui lâcha l'affaire. J'en avais marre. Marre de glaner la moindre information, marre d'avoir constamment peur de la perdre, marre de culpabiliser à chaque instant. Marre aussi qu'elle préfère se confier à quelqu'un d'autre. Marre d'avoir l'impression que chaque effort que je faisais ne servait à rien. Alors je partie. Étrangement, je me souviens pas de cette époque. Je sais qu'une amie au courant de cette situation m'avait beaucoup soutenue. Mais je ne sais plus. Je sais, enfin je crois savoir que j'avais beaucoup pleurer. Le pire, c'était son absence de réaction. Comme si elle s'en fichait.
