Chapitre 10 : Vent Fatal

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Ce chapitre a été entièrement réécrit lors de la réécriture. Seules quelques phrases par-ci, par-là, ont été concervée du premier jet. Peut-on donc considérer que ce chapitre est un nouveau premier jet ? Il y a surement des choses à reprendre, n'hésitez donc pas à me les signaler  : 


🔥🌪💧🌿

Entre deux rêves, Erine se réveille légèrement sans prendre la peine d'ouvrir les yeux. Toute la chambre est plongée dans le noir et le silence. Appréciant la chaleur de ses couvertures, elle laisse son esprit divaguer pour reprendre le cours de ses songes profonds. C'est sans compter sur Déanna, qu'elle entend grogner sous ses couvertures et se retourner brusquement.

— Les filles, faites moins de bruit, vous m'empêchez de dormir, marmonne-t-elle.

— Personne ne parle, répond Erine en baillant.

Persuadée que son amie rêve, Erine tire sa couverture sur sa tête pour ne plus l'entendre se plaindre de choses inexistantes.

— Et arrêtez de siffler ...

Elle ne termine pas sa phrase et Erine l'entend se lever d'un bond.

— Ana ! crie Déanna. Pose cette sphère tout de suite !

Erine se redresse et allume sa lampe de chevet pour se retrouver face à une scène à laquelle elle aurait préféré ne jamais assister.

Anaiel se tient debout au milieu de la chambre, la sphère du vent dans les mains. Elle n'avance plus, car Déanna lui barre le passage, sinon elle aurait sûrement poursuivi son trajet jusqu'à son lit où elle aurait continué de se faire bercer par la mélodie du vent. Erine sort de son lit avec précipitation en envoyant valser sa couverture. Elle se rue sur Anaiel pour lui retirer la sphère des mains. Comment diable cet objet, pourtant bien caché, a-t-il atterri entre les mains de son amie ?

Dès lors que la perle n'est plus en contact avec elle, Anaiel s'effondre avant même que ses amies n'arrivent à la rattraper. Ses yeux sont clos et sa peau, soudain glacée, pâlit de plus en plus chaque seconde. Miolaine s'abaisse, passe la main sur la joue en feu de la petite blonde, puis fait glisser ses doigts jusqu'à sa carotide.

— Il faut aller chercher du secours, déclare Miolaine, dont l'inquiétude est perceptible.

Erine enfile les premières chaussures qui trainent sans chercher à savoir si ce sont les siennes et s'élance dans le couloir. Les néons bleus, bien que tamisés, lui agressent la rétine. Elle dévale les marches de l'escalier quatre à quatre en prenant soin de ne pas chuter. Ce n'est pas le moment pour être maladroite. Au rez-de-chaussée, des lumières lui parviennent de la salle commune et du réfectoire où quelques insomniaques doivent attendre le matin, mais elle ne prend pas le temps de tourner la tête pour voir de qui il s'agit.

Dehors, c'est au tour de ses tympans d'être agressés par le bruit de ses pas sur les graviers.

Erine court et avale rapidement les quelques mètres qui séparent l'internat de la maison médicale qui se situe à mi-chemin entre celui-ci et le bâtiment des classes. Elle pousse la porte qui n'est jamais verrouillée et pénètre dans l'infirmerie plongée dans un calme qu'elle trouve soudain anxiogène. La jeune femme n'a pas le temps de faire un pas de plus ou d'appeler que l'infirmière déboule dans le hall. C'est la même qui lui a fait les points de suture quelques heures plus tôt. Son uniforme blanc toujours impécable et son chignon parfaitement noué indiquent à Erine qu'elle ne dormait pas.

La femme porte immédiatement un regard inquiet sur la nouvelle venue.

— C'est Ana, Anaiel, elle est tombée... elle avait une sphère, débite Erine, essoufflée avant même que l'infirmière ne lui demande la raison de sa visite.

Le Cristal Pur ~ Tome 1 ~ TERMINÉOù les histoires vivent. Découvrez maintenant