Parfois j'ai l'impression que les rêves sont proches de la réalité. Que chaque rêves que nous faisons à une part de vérité. Que tout à un lien direct avec ce qu'on ressent vraiment. L'air d'automne est toujours ce que je préfère, c'est le juste milieu entre un été très chaud et un hiver glacial. Je presse tout de même le pas et mon frère me rejoint tant bien que mal en courant, essoufflé. C'est toujours de sa faute si je suis en retard, mais comme papa nous le fait remarquer souvent il est important que nous allons ensemble jusqu'au collège quand nos horaires le permettent, notre paternel marque un point d'honneur là dessus. De mon coté, je ne vois pas l'intérêt de me trimbaler mon petit frère, il vient d'entrer au collège c'est vrai mais il est assez grand pour se débrouiller tout seul sans que je ne lui sers de phare. On arrive malgré tout à franchir les portes de l'établissement, mon frère me salut rapidement et pars rejoindre ses amis ainsi que sa classe. Je le regarde s'éloigner et pars vers la mienne. Je m'installe au fond de la classe et observe les élèves en train de rire entres eux. Comment font-ils pour avoir autant d'énergie de bon matin ? Le professeur finit par arriver à mon grand bonheur, je ne pouvais supporter ce brouhaha plus longtemps. Après avoir fait l'appel, l'enseignant commence son cours d'une passion non dissimulé. Son discours est certes intéressant, mais le problème avec ce professeur c'est qu'il s'égare souvent dans ses explications, ce qui fait que la classe se distrait très vite de son cours. Je soupire et pose ma tête sur la table prés à m'endormir. Un des point positif dans son cours c'est que je suis au fond de la salle donc je peux m'endormir en toute discrétion sans risquer qu'il vienne vérifier. Le sommeil commence déjà à m'envelopper, le voile noir s'épaissit et je sombre.
Me voilà sur la route du retour pour rentrer chez moi et je suis ravi d'être seul, Ethan a finit une heure plus tôt, je peux donc profiter du retour sans l'avoir dans les pattes. Ce n'est pas que je n'apprécie pas sa compagnie mais ça a toujours été ainsi. J'aime la solitude. Il en vient même que parfois j'aimerais habiter sans personne à mes cotés. Je m'arrête au passage piéton et aperçois un petit garçon courir au bout de la rue, jouant avec son ballon. Je traverse et continuer d'observer l'enfant qui à l'air ravi de s'amuser. Vu son regard, je suppose que son ballon devait être un cadeau et qu'il s'est précipité pour l'essayer dehors. Décidément je ne comprend pas qu'on puisse s'extasier pour ci peu. La balle roula sur la route et c'est alors qu'un énorme camion arrive, l'enfant sans se préoccuper de se qu'il peut se passer autour, se mit à courir pour récupérer son ballon. Me rendant compte du danger, je fonça vers le petit garçon en criant de toute mes forces pour qu'il puisse m'entendre et éviter de se faire renverser. Malheureusement le camion le percuta de plein fouet. L'enfant gisa au sol, son sang s'étale à toute vitesse autour de lui. Ma main devant ma bouche, je me fige instantanément. Le contenue de mon estomac remonte à toute vitesse. De loin j'aperçois le ballon s'arrêter en plein milieu du trottoir. Le conducteur gare son camion et un monde fou déboula autour de la victime. Les rues sont désertes, j'ai l'impression que je suis le seul à l'avoir vu se faire percuter avec autant de violence.
— C'est pas possible... Murmuré-je à moi même.
Mes yeux se ferment pour oublier cette vision d'horreur, mais c'est alors que je fus secoué violemment. Le retour à la réalité est des plus rudes, mes paupières s'ouvrent doucement et je découvre le professeur penché vers moi, les mains sur les hanches attendant des explications. Je me relève subitement et bat des sils pour me prouver que je suis bien en classe. Ma main sur ma poitrine, je tente de calmer les battements de mon cœur qui ne cessent de s'accélérer. Quel cauchemar... Il était si réel. Jamais un rêve ne m'avait aussi chamboulé que celui que je venais de faire.
— Paul ? Avez-vous des explications à me fournir pour vous endormir dans mon cours ?
Lui qui d'habitude ne s'arrête jamais de parler, pourquoi vient-il vers moi aujourd'hui ? Je bafouille en tentant tant bien que mal à trouver une excuse pour échapper à sa mauvaise humeur. Heureusement il passe vite à autre chose et continue son monologue long et ennuyant. Le rêve me revient en mémoire, je ne comprend pas pourquoi je l'ai fait. A quoi cela rimait de rêver qu'un garçon se face renverser par un camion ? Je secoue la tête pour ne plus y penser. Ressaisie-toi Paul. Me sentant plus du tout fatigué, je tourne ma tête vers la fenêtre pour regarder le paysage qui s'offre à moi. Les arbres sont déjà dépourvus de leur feuilles et bougent légèrement au gré du vent. L'horloge indique seize heure trente, c'est donc la fin des cours. Je me dépêche de ranger mes affaires dans mon sac et m'extirper hors de la classe. Une fois dehors, je rentre chez moi, Ethan finit une heure avant moi le jeudi, je peux donc profiter de la route. Un vent vient caresser ma peau et je frissonne légèrement. Je frotte mes bras et accélère la cadence pour vite rentrer. Arrivé au passage piéton, je me fige net. J'ai une horrible sensation de déjà vue. Un gout amer s'insinue dans ma gorge quand je croise un petit garçon jouer avec sa balle. Le même garçon que dans mon rêve. Le feu passe au vert mais mes jambes refusent tout mouvement. Pourquoi je croise le même garçon ? Va-t-il vraiment se faire écraser ? Non je délire, c'est impossible, cela ne peut être qu'une coïncidence. Et pourtant au fond de moi, je sais que c'est la pure vérité. Je vis mon rêve pour de vrai, il était bien réel...
Je dois faire quelque chose, je suis le seul à savoir que ce garçon va se faire écraser mais rien n'y fait mon corps n'arrête pas de trembler de peur. Pourquoi ? Mon cœur s'accélère alors que mes jambes reculent doucement. Mais non ! Justement je dois avancer pour le sauver. Mon corps refuse de m'obéir et des larmes glissent le long de mes joues. Me voilà en pleine crise d'angoisse alors que dans quelques secondes un petit garçon d'à peine six ans mourra si je ne fais rien. Malgré tout, je suis toujours paralysé par la peur pourtant il faudra bien que je me bouge un moment donné. Mais les secondes défilent à une vitesse folle et malheureusement le temps est écoulé. L'enfant est percuté de la même façon que dans mon rêve, l'automobiliste s'arrête et des passent viennent porter secours à la victime qui se vide de son sang...
Comment tout cela puisse être réel...?
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Rêve éveillé
Mystery / ThrillerSolitaire et indépendant, Paul âgé de 13 ans se met soudainement à faire des rêves prémonitoires. L'adolescent ne prête guère attention à ce nouveau phénomène quand dans son dernier songe il aperçoit un camarade de classe gisant dans une marre de sa...
