Cher Raphaël :
Dans 10 jours, cela fera 3 mois que je n'ai plus aucune de tes nouvelles. À vrai dire je ne sais pas exactement quoi penser de ton silence pesant. Tu sais que j'ai toujours aimé écrire n'est-ce-pas ? Donc c'est peut-être pour ça que j'ai pris un stylo et que j'ai commencé à écrire sur le carnet que ta copine m'avait offert pour mon anniversaire. Tu sais ce fameux anniversaire que je ne voulais pas faire de base.
Par ce qu'honnêtement je ne connais pas ton point de vue sur la chose mais j'avais aucune envie de le fêter l'année dernière. Pour moi le mot anniversaire a longtemps rimé avec souffrance. Je ne sais plus si je t'ai déjà raconté mon anniversaire de 4ème mais il faut juste retenir que ce n'était pas le meilleur. Si j'y repense je te dirais tout ce qui s'était réellement passé ce jour-là.
Bref tout ça pour dire que le carnet que ta meuf m'avait offert a enfin une utilité. Je ne peux plus te parler par messages, ni non plus par mail, ni par plus rien en faites. Donc je t'imagine, avec moi, j'imagine ce qui se passerait si jamais j'avais le moyen de te reparler. Mais je pense que ça n'arrivera jamais.
Je ne sais pas vraiment ce que je t'ai fait Raph, mais j'espère que ce n'est pas quelque chose qui t'a blessé. Tu as toujours été là pour moi, dans les bons comme dans les mauvais moments, même si tu étais plus présent lors de ces derniers. Tu ne m'avais jamais abandonné avant, même quand j'étais au plus mal tu as toujours été là pour moi.
Je ne comprends pas Rapha, je commençais à aller mieux. Je commençais à revoir le côté positif de la vie. Qu'est ce qui a changé ?
Je t'ai déjà raconté que je me rappelais souvent les rêves que je fais. Des fois, quand ils sont inspirants, je les écris à mon réveil dans mon téléphone afin de peut-être les développer un jour. En ce moment, mes rêves sont souvent les mêmes. Mon cerveau imagine ta réaction lorsque tu me reverras à la rentrée. J'ai peur, très peur. J'ai entendu des rumeurs comme quoi tu voulais me tabasser, ou comme quoi tu me détestes. Inconsciemment ça me fait peur, je sais que tu ne frappes jamais le premier Raphaël, mais j'ai peur de toi depuis plusieurs jours je crois.
J'ai peur de ta réaction, bien plus que j'ai peur des aiguilles, et tu sais que c'est vraiment ma phobie. Je rêve souvent du fait qu'on soit dans la même classe, encore, après tes réactions sont toutes différentes. Tout d'abord, que tu es venu me voir avec un grand sourire comme d'habitude, la même coupe qui défie les lois de la physique et surtout le même sourire. J'oubliais toujours de te demander si tu mettais du gel. Bref, tu te diriges vers moi en souriant et en rigolant avec moi. Tu es joyeux et tu veux savoir tout ce qui s'est passé durant mes vacances. Je te dis alors que je suis allé en campus mais que je suis resté célibataire pour la millième fois, et que j'ai rencontré des gens, tous exceptionnel et attachant. Ensuite, on se parle normalement comme à l'époque. Pour moi c'est le meilleur scénario possible.
Je ne sais pas si tu te souviens de Laure et Julie. Ce sont mes meilleures amies virtuelles, je les ai rencontrés sur Instagram en février et je les adore. En faites, elles m'ont surtout aidé lorsque tu es parti et que je me sentais seul au monde. Leurs présences ont su m'aider un minimum et je ne les remercie jamais assez pour ça. Mais bref, ce qu'il faut retenir c'est qu'elles habitent quand même à 1200km, c'est l'un des problèmes des amitiés à distance. Mais tu sais quoi ? J'ai pu voir Laure et j'ai passé 2 après-midis fantastiques avec elle. Elle est tellement belle, et gentille et tellement d'autres choses, je n'ai pas vraiment les mots pour décrire ce que j'ai ressenti en étant en sa présence. Un détail qui a attiré mon attention par contre, est le fait qu'elle soit bizarre, comme si dans son cœur il n'existait plus de joie de vivre, juste un vide immense sans rien pour combler. J'ai trop de mal à la comprendre mais j'ai quand même passé un bon moment.
J'ai rencontré une fille récemment, elle s'appelle Léna. Je sais c'est un nom un peu commun mais elle est très gentille et drôle. En plus de ça, elle possède une grande beauté et cherche à entreprendre des choses pas piqués des hannetons. C'est plutôt compliqué comme relation, j'ai surtout peur que ça finisse en relation toxique tout ça. Des fois j'ai envie de passer ma vie avec elle tandis qu'à d'autre moment je souhaite partir le plus loin possible d'elle. Je ne comprends pas trop mes sentiments et j'aimerai tellement que tu m'aides là-dessus. Tu as toujours eu des bons conseils pour mes peines de cœur.
Tu aurais surement aimé Léna, physiquement c'est un canon mais en plus elle a un cœur en or. Elle complexe à propos de choses que je n'arrive pas à comprendre. Elle se trouve moche alors qu'elle est vraiment magnifique. Elle dit que ces cicatrices d'acné ça la rend hideuse mais moi je trouve ça tellement mignon. Enfin, elle est bisexuelle, comme Roxanne donc ça me fait peur. Je ne sais pas si tu te souviens de Roxanne mais sache que moi je n'arrive pas à l'oublier, même sans me parler elle arrive à me torturer.
Je me rends compte que j'ai peur de tout, je crois que je suis le roi des froussards. La vérité est la suivante : depuis que j'entends plus parler de toi je ne me suis jamais senti aussi seul. Je pensais que nous étions un duo : Ryan et Raphaël, les deux meilleurs amis, le duo invincible. J'aimais croire qu'ensemble nous irions loin. Tu es la seule personne qui à ma connaissance m'empêcha de faire des conneries ainsi qu'à limiter les dégâts de mes crises de colère.
En écrivant cela je me rends compte que tu étais plus impliqué dans notre amitié que je ne le fus. Peut-être que le fait que je ne m'implique pas suffisamment dans notre amitié est le début de cette fin. Je te promets que s'il s'agit de ça je regrette terriblement.
Je me sens si seul Rapha, nos discussions me manquent tellement. Écrire dans ce simple carnet me donne l'impression que tu es encore à mes côtés.
J'ai encore tellement de choses à te raconter.
J'ai besoin de toi...
Ton ancien (meilleur ?) ami Ryan
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J'ai besoin de toi
Teen FictionRyan écrit dans son carnet des lettres qui n'arriveront jamais, des lettres qui contiennent les mots qu'il voulait dire pour quelqu'un qui ne verra surement plus jamais. Parfois, écrire nous libère tandis que parfois écrire nous détruit.
