1- Départ en vacances...

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Pas plus mon diplôme - OK, péniblement obtenu - que les multiples tentatives de Charlys, ma meilleure amie, n'ont trouvé un écho favorable aux yeux de ma mère, qui m'a signifié une fin de non-recevoir ferme et définitive. Et sans appel. Je suis folle de rage en imaginant notre petite bande à Miami, festoyant sans moi pendant deux semaines dans la villa que la famille de Charlys a mise à disposition pour fêter notre réussite. Quinze jours de délire et de fun dont je suis exclue à cause de ma mère ! Tout en prenant mes aises sur la banquette arrière en cuir, je plonge une main dans le paquet de chips posé près de moi. Nous sommes en Pennsylvanie et roulons depuis je ne sais combien de temps avec pour seul paysage une suite monotone de prairies... quelques vaches... des carrés de blé...

Un autre SMS de Charlys, j'ai arrêté de compter au quinzième, me confirme ce que je sais déjà : je rate des vacances inoubliables ! Je ferme les paupières en les imaginant tous sur une plage de sable blanc... avec une eau turquoise...

Quand un cri strident filtre à travers mes écouteurs et que la voiture fait une embardée.

Merde ! C'est quoi ça ?!

Je n'ai pas le temps d'ouvrir les yeux que je percute le dossier du siège avant. Je rebondis dessus, comme une balle de ping-pong, et finis ma course brusquement tirée en arrière puis plaquée par la ceinture de sécurité. Un bourdonnement horrible martèle mes tympans.

Un peu plus et...

Je préfère chasser de mon esprit ce qui a failli se produire. Ma mère, le souffle court et les traits crispés, marmonne une question inintelligible.

— Je suis toujours vivante, murmuré-je en me détachant, me voulant rassurante face aux visages livides de mes parents.

Je m'oblige à leur sourire, puis je ramasse ma tablette tombée au sol et constate avec soulagement qu'elle n'a subi aucun dommage.

— J'aurai un bleu énorme, continué-je en frottant mon épaule, l'instant de frayeur passé et avec un regard peu amène vers ma mère, j'ajoute : mais j'ai connu pire. Si j'étais avec Charlys, je n'aurais pas failli me retrouver à l'hosto.

— Ça suffit ! lance-t-elle excédée en me retournant le même regard. On ne va pas encore discuter du bien fondé des raisons de mon refus !

Préférant éviter une énième dispute - pour le moment - je hausse les épaules et reste silencieuse.

— Quel con ! fulmine mon père de son côté. Non, mais quel abruti ! Heureusement, tout le monde va bien...

Il passe une main nerveuse dans ses cheveux et jette un œil sur sa montre avant de poursuivre :

— On pourrait faire une petite halte et en profiter pour déjeuner, non ?

— Oui, c'est une bonne idée..., répond ma mère en tapotant sur son téléphone. Google indique une station essence où l'on peut aussi manger, pas très loin. Ça fera l'affaire. Une petite pause nous ferait beaucoup de bien !

Pas besoin d'être devin pour deviner que sa dernière phrase ne concerne que moi. Pour ne plus l'entendre, je remets mes écouteurs - musique à fond - et boucle ma ceinture.

Dix minutes plus tard, mon père gare la voiture sur un parking peu encombré de l'autoroute.

Super endroit, maman ! je songe en levant les yeux sur le petit bâtiment devant nous.

Sa façade blanche est perforée de larges fenêtres, et de ses murs fissurés jaillissent des touffes d'herbes et quelques fleurs sauvages. Un panneau défraîchi sur la porte de bois sombre indique l'accès à un restaurant. À presque treize heures, on aurait pu s'attendre à avoir du monde, mais la grande salle lumineuse et resplendissante, presque vide, est étrangement silencieuse, pas le moindre bruit de conversation ou de vaisselle qui s'entrechoque.

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⏰ Terakhir diperbarui: Oct 04, 2019 ⏰

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