« Nous ne parlerons de paix quand nous aurons gagné la guerre. »
-Adolf Hitler, 31 décembre 1939.
* * *
-« Allez... Plus vite, plus vite... »
Leurs souffles étaient saccadés, les larmes inondaient leurs joues, traçaient leurs mâchoires bien dessinées. Ils ne mangeaient plus depuis plusieurs jours, ils étaient des animaux qu'on avait oubliés dans leurs enclos. Leur instinct bestial avait donc refait surface, et c'est cette nuit qu'ils s'échappaient. Les hommes allaient être tués d'ici demain, les femmes ainsi que les enfants attendraient leur tour patiemment. C'était ironique, être forcé d'attendre sagement que la mort nous prenne...
Rampant sur le sol, ils sortaient de la petite concentration. Les gardes étaient saouls mort, riaient dans leur cabane au centre. C'était sûrement ce qui les avaient sauvés, s'ils faisaient du bruit et que les allemands sortaient de leur trou à rat, l'alcool les empêcheraient de convenablement les tuer avec un fusil.
Trois, quatre, cinq...
C'était des enfants, des femmes, habillés de vêtements malodorants, les cheveux aussi gras que le poil d'un chat de gouttière, des hommes, aux corps en sueur, à peine habillés. Ils se traînaient de l'autre côté de la clôture, se retenaient d'hurler quand le barbelé écorchait leur peau fragile et rougie par la poussière. C'était brave, tout de même, de tenter de fuir sa destinée.
Croyez vous à cela, d'ailleurs ? Au destin?
« Dépêchez... vite, plus on part rapidement, plus on pourra s'éloigner d'ici... »
Ils avaient laissé les gens les plus faibles dans les cabanes de bois qui contenaient des hommes et des femmes, mais qui étaient construites pour le bétail. Le groupe de survivants ne pouvait tout de même pas se permettre d'amener avec eux des individus qui traînaient de la patte... des gens que la mort viendrait chercher en route; ça sonne inhumain, mais à la place de leur meneur, vous auriez fait la même chose. Ils ne pouvaient pas risquer de laisser une piste de corps meurtris que les allemands n'auraient qu'à suivre pour les retrouver. Tous savaient qu'en partant ainsi, ils risquaient aussi de se faire abattre à vue. Mais que ne ferions-nous pas pour vivre ?
« Tout le monde est sorti? Bien! Maintenant allez, vite. »
Le chef leur pointa la forêt, et sans attendre, les survivants, ou plutôt les individus qui pouvaient encore marcher sans s'effondrer s'engouffrèrent dans la forêt. Yavid ferma la marche, comme tout bon meneur. En entrant dans le boisé qui semblait s'étendre à l'infini sur le territoire de l'Europe , il soupira de bonheur. Un bonheur plutôt étrange, car oui, après un traumatisme comme tous vivaient ces dernières semaines, c'était plutôt difficile d'éprouver autre chose que de la rage, de la haine, ou quelque chose qui puisse égayer un regard éteint... mais il fallait avouer que sentir le feuillage humide glisser sur sa peau meurtrie lui donna des frissons, ça faisait un bien fou. Certains c'étaient même arrêtés quelques secondes, ici et là, pour lécher les gouttes d'eau de pluie sur les feuilles.
* * *
Le jour se levait et le groupe avait marché toute la nuit sans s'arrêter. Tous étaient épuisés, mais ce n'était pas assez, Yavid le savait, ils devaient continuer de prendre ses distances du camp. Les allemands ne pouvaient pas venir avec leurs voitures blindées ici, certes, mais s'ils rappliquaient à pied tout de même, ils seraient armés, dégrisés; ils pourraient leur loger une balle sans problème entre les deux yeux.
-« Yavid, dit alors une voix féminine, Il faut prendre une pause, trouver à manger... ou de l'eau, quelque chose. Nous marchons depuis bien trop longtemps... »
Yavid travaillait pour l'armée, avant d'être étiqueté d'une étoile jaune et renvoyé chez lui. Marcher ainsi n'était pas pour lui quelque chose de sorcier, mais parmi son groupe, il y avait des avocats, des notaires, des marchands... il soupira, les sourcils froncés, avant de regarder cette femme qu'il connaissait d'avant le drame, Katerina, une institutrice aux longs cheveux bruns et aux beaux yeux verts. Même la tragédie ne lui enlevait pas son charme...
« Très bien. Trouvons un ruisseau, arrêtons nous quinze minutes. »
Jours, nuits, jours passèrent, ils s'enfonçaient dans la forêt, et sans savoir, avaient même atteint le centre... ils avaient assez marché, sûrement.
Soudain, on entendit un vrombissement lointain, qui souleva les corbeaux des arbres. Le groupe, qui avait passé d'une trentaine d'effectif à une simple vingtaine, s'arrêta net.
« Ils arrivent.. »
Sûrement des motocyclettes. Yavid pouvait déjà se les imaginer arriver, et ouvrir le feu sur eux. Ils devaient être à moins de dix ou vingt minutes; la forêt était source d'échos. Soudain, le meneur de survivants, ou vraisemblablement de zombies, aperçut une faille, dissimulée par la mousse et les racines.
« Là! »
Il se dirigea vers la source de sa curiosité, tirant les poignets de deux hommes en chemin, qui l'aidèrent à tasser la brousse.
Un tunnel apparut devant eux, il semblait descendre. Peut être était ce un terrier, mais il n'avait aucune odeur, il devait donc être abandonné depuis longtemps.
Ce ne fut pas long avant qu'il ordonne à tout le monde d'y entrer, et enfin, d'y entrer soi même , et de remettre des racines devant l'entrée.
Le tunnel descendait. Descendait. Il faisait noir, très noir, on n'y voyait presque rien.
-« Faites attention. Tenez la main de votre voisin. »
Ordonna alors Katerina d'un ton maternel, elle qui s'était autoproclamée seconde de Yavid.
Après de longues minutes de descente, le spectacle qui s'offrit à eux était presque irréel. Des pierres scintillaient, dans un grand espace plat où tout le monde put se contenir; comme une salle ronde aux murs rocailleux. Le plancher était plat, constellé de pierres violacées, bleues, jaunes, qui brillaient comme des galaxies. Yavid atterrit sur ce sol étrange à son tour, puis retroussa sa babine cicatrisée à la verticale. Tout ça était étrange, ça n'avait rien de normal, et comme de raison, il sentit son pied s'enfoncer dans le sol. Écarquillant les yeux, il regarda les autres. Oui, tous commençaient à paniquer.
« Ne bougez pas ! Restez calme ! »
Grogna Yavid, assez fort. Mais d'un coup, un des plus jeunes fut aspiré par le sol magique. Le garçon se mit à hurler, un hurlement d'agonie. Inutile de comprendre qu'il devait éprouver une grande douleur . Une femme attrapa sa main, en pleurant, c'était sûrement son enfant; elle essaya de le tirer de là, mais le jeune se mit à sombrer davantage, en se débattant, crachant du sang. Seulement sa main dépassait du sol, sa mère hurla d'horreur en la tirant, mais ne fit que l'arracher. Des hoquets retentirent, tout le monde fut inondé de panique, mais s'enfonça... s'enfonça encore...
Yavid, cette boule de muscles, tenta même de se débattre, la douleur était non négligeable... en voyant Katerina disparaître dans le sol, il se dit que tout était perdu, et ferma les yeux. C'était comme si tout le bas de son corps était décapité, déchiré, il sentait son cœur battre dans son crâne...
Puis d'un coup, plus rien.
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Bonjour à tous, j'espère que ce début vous à plu. Je compte écrire un chapitre ou deux par semaine, dépendant de mon temps. Merci à ceux qui commenceront à me lire.
Ne soyez pas gênés de commenter.
D'aimer.
Bonne lecture .
Source Image: fr.timesofisrael.com
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Dimensions
ParanormalUn historien part à la recherche d'un groupe de juifs égaré dans les années 1940, au cœur d'une immense forêt, située près d'un petit village de d'Europe. Lorsqu'il réussit à trouver leur trace, il se retrouve plongé dans un monde qui n'est pas le s...
