La rentrée

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Aujourd'hui, c'est mon premier jour dans la cours des grands, mon premier cours en amphithéâtre. J'ai du mal à avaler mon petit déjeuné. A quoi ressemble la vie d'étudiante ? Les yeux plantés devant mon bol de céréales je rêvasse à toutes les choses que je vais pouvoir entreprendre depuis que je suis majeure. Que depuis quelques jours d'ailleurs. Encore assoupie, je remue pour la quinzième fois ma cuillère dans le lait. Mon sac est prêt, je suis habillée d'un jean et d'un tee shirt blanc large.

"Luna tu veux bien mettre ton linge au sale quand tu rentreras et n'oublies pas aussi de ranger ta chambre, on ne peut même plus y mettre les pieds ! Tu m'entends ?!" Cria mon père avant de débouler dans la cuisine la cravate à la main. Il me déposa un petit bisou sur le crâne avant de s'assoir pour se tartiner du Nutella sur un morceau de brioche. Il croque dedans à pleine dent pendant que ma mère descend en traînant les pieds, emmitouflée dans son plaid. Elle nous dit bonjour et s'installe confortablement dans une des chaises.

"_ Alors ma puce pas trop stressée?

_ Oui un peu, disons que j'ai la trouille d'arriver et de ne pas faire de rencontre.

_ Ne t'inquiète pas à ton âge j'avais peur aussi mais finalement ça s'est plutôt bien passé !" Répliqua mon père la bouche pleine. " J'ai fais la merveilleuse rencontre de ta mère."

Encore moins rassurée, je me lève et débarrasse mes affaires. Mon père fait de même et dépose un léger bisou sur la joue de ma mère.

"_ Tu veux que je te dépose à la fac ?"

_ Non merci je prends le tram, je dois y retrouver Rachelle.

_ Ok comme tu veux. N'oublie pas de prendre du pain à la Boulangerie en sortant de ton dernier cours s'il te plait!"

Je prends mon sac dans l'entrée puis lâche un au revoir à ma mère encore fatiguée. Notre appartement ne se trouve pas loin de la ligne de tram. Je ne marche donc pas longtemps avant d'apercevoir enfin l'arrêt. Je m'installe sur le banc et sors mes écouteurs. Enfin mon petit moment pour me décontracter avant de plonger dans le grand bain. La musique résonne doucement dans mes oreilles. Je me sens tout de suite mieux.

" Hello poulette !" Me crie une voix bien connue.

"_ Rachelle ! Je ne pensais pas que tu serais à cette station, tu es bien en forme dis-moi ?

_ Oui disons que j'ai réussi à obtenir un travail à temps partiel au restaurant d'à côté. Tu te rends compte, c'est le début de l'indépendance Luna !"

Disons que mon amie est très excitée à l'idée de devenir adulte. Je la félicite avec entrain et nous discutons un peu de nos futurs projets de vacances. Le tram arrive enfin, nous montons sans difficulté. C'est parti ! Je suis en route pour une toute nouvelle vie en compagnie des meilleures personnes pour la commencer.

" _ Tu sais quoi Lulu, il paraît que la Boulangerie où on va tout le temps a de nouveaux propriétaires !"

_ Ah oui, bah tant mieux, de nouvelles têtes c'est pas si mal !

_ J'espère qu'ils ne vont pas enlever les fameux éclairs à la meringue et au citron de Margueritte. "

Margueritte la meilleur employée qui nous proposait toujours des éclairs, les meilleurs du monde. Bref disons que nous avions nos petites habitudes. Notre tram arrive enfin, j'ai l'impression de n'avoir jamais autant ressenti de stresse de toute ma vie. Je pensais que mon anxiété était partie mais apparemment pas du tout. Je sors précipitamment sans faire attention aux jeunes qui sortent dans le même état que moi. Rachelle, à la traine, me suit mais trop émerveillée et effrayée je ne fais plus attention à elle et je finis par la perdre. Je tourne au moins cinq fois autour de moi toujours perdue ne sachant pas dans quelle direction aller. Je finis par la trouver en train de se frayer un chemin parmi la foule de jeunes. Je la rejoins rapidement et cette fois ci je compte bien ne pas la perdre de vue. Nous marchons vers l'amphithéâtre où se déroule mon tout premier cours de la matinée. Je vois déjà la foule qui se dirige dans la même direction que nous. Alors, par mauvaise habitude, je scrute chaque personne. Je les passe au scanner. Je les évalue. J'essaye de savoir quel genre de personne ils sont, dans quelles cases je vais bien pouvoir les ranger. On me lance alors des regards noirs. En général ça ne plait pas trop que je dévisage les gens, mais c'est plus fort que moi. Je crois que ça me rassure en quelque sorte. Rachelle ressert sa prise autour de mon bras. Nous entrons dans le hall. J'observe attentivement le décor même si je suis terrorisée de rentrer par l'une de ces grandes portes. Finalement Rachelle ouvre l'une d'entre elles. Toujours suivis par la foule, nous entrons et scrutons des yeux le grand amphithéâtre dans lequel nous sommes. Éblouie, j'ouvre grand la bouche. Il doit bien contenir deux cent places. Les gens s'installent sortent de quoi à écrire ainsi qu'un ordinateur. Rachelle et moi restons là, à observer cette pièce immense et imposante. Nous nous décidons enfin à nous engager dans le grand escalier. Je passe la première, quand tout à coup mes jambes se dérobent sous moi. Je vais dégringoler les éscalier le tout premier jour et me taper la honte de ma vie. Une main me retient et me remet directement sur pied.

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