Une demi-lune luisait sur mon pelage blanc de mon long poil lisse et soyeux, elle le teintait d'argent. Je marchais dans les rues, toutes étaient si différentes, les unes les autres. Mon allure était régulière, selon les chemins que j'empruntais. Dans cette nuit étoilée, je cherchais mes repères dans la grande ville qui avait tant changé ces derniers temps. La population régressait et les saisons imprévisibles, la plupart des morts sont en raison des chiens que je craignaient tout au monde. En fin du mois d'Octobre, une fine couverte blanche couvrait le sol, la neige laissait des taches qui le parsemaient. Dans cette sombre et froide nuit je pouvais, tout de même, apprécié voir la vieille compagne de maison. Le brouillard s'abattait sur l'espace urbain, seulement les lumières qui émanait de la chapelle trahissait l'invisibilité du bâtiment. Plongée dans mes pensées, les yeux fixés sur l'édifice, je redoutais le moment où je devrais rentrer à la maison, les êtres humains qui nous gardaient et servaient, Flor et moi, devaient s'inquiéter de notre absence, et pourtant je me demandais toujours pourquoi ils nous avaient laisser sortir si facilement. Mes réflexions sont brisées par l'interpellation de ma vieille amie au bout d'une rue.
« Dépêche toi, Kraliça. C'est sûrement l'heure de manger. » Déclara-t'elle, impatiente d'être servie.
Je la rattrapa aussitôt, mon ventre criait famine. Nous mettons du temps à rejoindre la demeure, à vrai dire, c'était l'une des premières fois qu'on partait sans aucune autorisation. Il m'arrivait d'attendre longuement la vieille femelle, déjà essoufflée à la moitié du chemin. Sur ce dernier, on pouvait apercevoir les groupes de chiens errants, ils étaient de plus en plus nombreux ces temps-ci, après les morts continues. Les canidés sombres étaient d'une carrure maigre et grande, comme pour prononcer le fait qu'il soit affamé, j'avais déjà eu le malheur de les croiser, avec mes maîtres heureusement. Ils compensaient leur faim en fouillant dans les poubelles, je tenais un regard de dégoût envers ces pauvres chiens. Je sentais un regard désagréable, qui persistait, sur mon épaule, j'avais ce pressentiment que quelqu'un m'observait, mais je n'osais pas me retourner pour la défier du regard, je lançais un coup d'œil à Flor, pour accélérer le pas, ce qui n'arrangeait rien. Enfin, je reconnaissais la rue du centre ville, illuminée et chaleureuse. Mon cœur continuait de battre à fond de train, une sueur froide envahissait les coussinets, mon poil s'hérissait, tandis que mes oreilles se tortillaient et ma queue battait comme pour comme pour chasser cette présence. Soudain, la respiration s'arrêta. J'examinais le grand portail de notre toit. Une mauvaise conscience me traversa l'esprit. Notre pas était lent et hésitant. Flor passa l'ouverture, j'étais sur ses talons. J'analysais le jardin pendant que la chienne noire avançait prudemment. Je pouvais entendre ses pas à l'étage, quand elle apparut de la cuisine. Un frison parcourut mon échine, ma queue touffue entre les postérieurs. Je n'eus pas l'instinct de défendre ceux que j'aimais. Je me cachais lâchement derrière le bureau de mon éducateur, près de la petite chienne, à se retenir de couiner de ce qu'il pouvait arriver à l'unique enfant de la maison ou Rose et Pierre. Trois molosses colossaux descendaient avec assurance les escaliers, même si on ne pouvait voir tout le reste du corps, ils avaient l'air si terrifiant que toutes paroles ne pouvaient sortir de ma gueule tant que je baignais dans la peur. Un son grave, distinct à mes oreilles, se fit entendre à travers la pièce.
« Resterait-Il une âme fraîche ici ? »
Deux des trois bêtes sortaient de la maison, bredouille je m'en doutais. Le dernier des chiens restait debout dans la salle à manger. Je me figeais, faisant en sorte que même les battements de mon cœur ne s'entendent plus.
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Les Mystères des Élus
AdventureKraliça, jeune chienne albinos de 1 an et demi, fait face aux difficultés de la vie sauvage qui lui est tombée brusquement sur elle et toute sa ville. Une population qui régresse de plus en plus à cause de déménagements ou morts des habitants conti...
