C'était l'été, il faisait chaud mais l'atmosphère allait enfin se rafraîchir car le soleil n'allait plus tarder à disparaître sous l'horizon. Assise sur le pas de la porte, à l'entrée du jardin, Charlotte semblait perdue dans ses pensées. Malgré le soleil qui avait brillé toute la journée, sa chaleur n'avait pas suffi à réchauffer le cœur de la jeune femme qui se sentait seule, très seule. Elle ne connaissait que trop bien ce sentiment qui l'habitait depuis de longues années déjà mais, pour des raisons inconnues, il lui semblait bien plus insupportable que d'ordinaire.
Malgré les bruits de la ville, elle entendait les gens s'amuser, profiter du beau temps en faisant la fête autour d'un bon barbecue dont l'odeur qui s'en dégageait arrivait jusqu'à elle et l'enivrait. Elle savait que sa famille et les gens qu'elle connaissait s'amusaient tous, que ce soit à une soirée entre amis, à un mariage, en vacances... Mais elle était seule. Très seule. Au plus profond d'elle-même, elle ressentait cette solitude qui avait fini par prendre possession d'elle et qui la rongeait sans cesse, ne lui laissant aucun répit. Depuis toujours, elle se demandait pourquoi le monde autour d'elle semblait la mettre à l'écart de toute compagnie. Elle se demandait ce qu'elle avait bien pu faire de mal pour mériter cette solitude qui l'accablait mais jamais elle n'avait trouvé de réponse. Et puis, il y avait ce manque permanant, ce vide qu'il lui était impossible de combler. Non pas qu'elle n'eut jamais essayé mais l'unique fois qu'elle y était parvenue, ce fut un échec et, bien des années plus tard, elle se souvenait encore de ce que cet homme lui avait fait subir.
« Mais qu'importe, » pensa Charlotte. « C'est le passé et mieux vaut ne plus y penser... » Mais, malgré tout, elle ne pouvait s'empêcher de remarquer que depuis lors, elle était toujours très seule. Toutes ses amies étaient en couple, certaines d'entre elles semblaient d'ailleurs l'avoir complètement oubliée depuis qu'elles n'étaient plus célibataires. D'autres étaient même mariées, avaient des enfants. Toutes semblaient plus heureuses les unes que les autres. D'une certaine façon, elle les enviait et pourtant, elle ne pouvait s'empêcher d'être contente pour elles. Mais elle était toujours seule... La solitude lui pesait et malgré tous ses efforts pour tenter de s'occuper l'esprit en se disant que les choses finiraient bien par changer, qu'elle aussi aurait enfin droit au bonheur, le vide se faisait pourtant de plus en plus grand...
« J'aimerais tellement qu'on me serre dans les bras et qu'on me dise qu'on m'aime. Je voudrais tant avoir quelqu'un à qui raconter ma journée, quelqu'un avec qui partager mes joies, mes peines..., » pensa Charlotte, les larmes ruisselant le long de ses joues rougies par les pleurs. C'était comme si on lui avait enfoncé un couteau dans le ventre et qu'elle ne pouvait rien faire pour soigner la plaie et apaiser la douleur...
La nuit n'allait plus tarder à tomber. Charlotte regardait le ciel sans nuage, des hirondelles volaient au-dessus d'elle sans prêter attention à sa présence. L'atmosphère était calme, paisible, agréable et, pourtant, la jeune femme se sentait triste...
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La mélancolie de Charlotte
Short StoryHistoire courte, Marie M. Demoulin, 29 juin 2019. Titre inspiré du morceau "Mélancolie" de Saint-Preux, de l'album "La Fête triste", 1994.
