Minuit, l'heure du crime

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Plic, ploc, plic, ploc… Ah, qu’est ce que j’aime le bruit de la pluie. Il m’apaise, comme le tic-tac d’une horloge minutieusement réglée. Tiens, le journal parle d’un tueur en série surnommé Tic-Tac, qui tue ses victimes à minuit pile avec des aiguilles d’horloge. Les psychopathes dans son genre devraient tous crever.

Ma vie est réglée comme une horloge. Mon plan était prévu dès mes dix ans. Pourquoi dix ans ? Parce que je ne tolère que les nombres finissant par zéro ou cinq.
Mais reprenons : à mes dix ans, donc, mes parents meurent dans un “accident” de voiture (voiture trafiquée par mes soins). A vingt ans, j’empoche l’héritage, fait fortune dans l’économie et me marie. A trente ans, je dirige la Bourse de Wall Street et provoque une grande crise économique. A trente-cinq ans, je règle cette crise grâce à mon immense fortune, et rejette la responsabilité sur l’actuel président des Nations Unies. A quarante ans, j’accepte son ancien poste qu’on me propose depuis la fin de la crise. A cinquante ans, j’utilise l’arme nucléaire pour soumettre la Terre entière et en devenir son dirigeant. A cinquante-cinq ans, je deviens le plus grand dictateur de l’Histoire, donc j’entreprends de raser des pays entiers, pour construire des parcs d’attractions géants à destination des 2% de privilégiés encore riches. A soixante ans, j’organise un génocide de masse, parce que j’ai toujours rêvé de pouvoir le faire. A soixante-dix ans, je confie mon poste à mon fils aîné, alors âgé de dix ans. A quatre-vingt ans, je fais exécuter mes deux autres enfants, ils coûtent trop cher à nourrir. A quatre-vingt-dix ans, je lance une ogive nucléaire sur la lune pour la détruire. A cent ans, je meurs assassiné par mon propre fils, et déclenche l’apocalypse. Voilà comment j’ai planifié ma vie.

J’ai actuellement vingt-cinq ans, et mon plan se déroule à merveille. Par ce soir de pluie, je regarde la pluie tomber à travers ma fenêtre. Soudain un parapluie noir surgit d’une ruelle adjacente. Ah non, rectification, une femme avec un parapluie noir surgit de la ruelle. Elle s’arrête environ au milieu de la place. Elle est bizarre. Elle commence à danser sous la pluie, en sautant de flaque en flaque. Elle a l’air de bien s’amuser. Je décide de la rejoindre. Une fois en bas de chez moi, je l’interpelle. Elle se retourne, me sourit et me fais signe d’avancer vers elle. Je lui demande son nom, elle me répond qu’il importe peu. Elle est jolie. On danse pendant cinq-cent-quatre-vingt-six secondes, puis elle me dis dans un souffle “Veritia”. je suppose que c’est son nom. Je lui donne le mien, “Nihil”. Elle me dit que ça me correspond bien, et elle rit. Son rire est cristallin, mais il a un côté dérangeant. C’est décidé, elle sera ma femme.

Je lui propose de venir prendre un café chez moi, elle accepte. Je vais dans la cuisine chercher les tasses, et à mon retour elle est occupée à admirer mon horloge préférée, celle avec les aiguilles dorées. Je lui demande si l’horloge lui plait, elle me répond que oui, surtout les aiguilles. Elle me demande si je ne pourrais pas lui montrer. J’hésite, mais finit par accepter, parce qu’il faut gagner sa confiance. J’ouvre le cadran de l’horloge, et lui tend les deux aiguilles. Elle les admire longuement, prise d’une fascination morbide. Elle me regarde, le rouge aux joues, et me dis qu’elles sont magnifiques. Je crois qu’elle a ajouté quelque chose après, je n’ai pas bien entendu. Elle s’approche lentement de moi, hésitante. Elle frissonne un peu, sans doute a-t-elle froid. Elle relève la tête et me regarde amoureusement. Plic, ploc, plic… Le temps semble s’être arrêté. J’ai mal au coeur. Je baisse la tête, pour apercevoir les deux aiguilles dépassant de ma poitrine. Je tombe au sol, le noir envahit peu à peu mon esprit. Dong, dong, dong, dong, dong, dong, dong, dong, dong, dong, dong, dong. Minuit, l’heure du crime, telle fut ma dernière pensée.

Veritia rit, elle est heureuse. Heureuse car elle vient d’avoir un cadeau. Deux jolies aiguilles dorées. Parfaites pour perforer. Le gentil monsieur qui lui avait donné devait avoir son âge, mais elle ne sait pas car elle ne lui a pas demandé. D’ailleurs elle ne peut plus lui demander puisqu’il est mort. Elle voulait tester ses nouvelles amies. Elle reprend son parapluie, et sort de la maison. Elle marche un petit moment, et soudain, elle s’arrête. Plic, ploc, plic, ploc...Elle dépose son parapluie sur le sol, et rit doucement. “I’m singing in the rain, just singing in the rain~”

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NdA : Bonjour/bonsoir à tous !
Cet OS est assez court mais j'espère qu'il vous a plu !

N'hésitez pas à me donner votre avis en commentaires, je lis toujours tout

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